SFR Actus
Cinéma

3 bonnes raisons de (re)voir Tout simplement noir sur Canal+

Jean-Pascal Zadi, militant pas comme les autres dans "Tout simplement noir". © 2020 Gaumont / C8 Films

Après une sortie en salle remarquée l'été dernier, la comédie co-signée et portée par l'humoriste Jean-Pascal Zadi arrive sur le petit écran. C'est la chaîne cryptée qui vous propose de la (re)découvrir ce mardi 9 mars 2021 en prime time. Un rendez-vous cinéma à ne pas manquer.

On n'aura pas eu beaucoup l'occasion d'aller au cinéma en 2020. Mais parmi les quelques films qui ont réussi (et maintenu) leur sortie en salle durant l'été, entre deux confinements, Tout simplement noir était tout simplement LA comédie à ne pas louper.

À la fois osée et pertinente, incisive et hilarante, elle s'interroge sur une question très sérieuse, la place des noirs dans la société française, avec un humour cocasse, rafraîchissant, très justement caricatural. Voici trois bonnes raisons de (re)voir cette pépite co-signée Jean-Pascal Zadi et John Wax, ce soir sur Canal+.

#1 Un sujet de société décortiqué avec humour

Tout simplement noir plante le décor d'entrée de jeu. JP est en colère. Il le dit face caméra : les noirs ne sont pas suffisamment représentés en France, c'est pourquoi il décide d'organiser une grande marche. Son coup de gueule n'est bien sûr pas sans rappeler les différents mouvements de ces dernières années, ou ne serait-ce que le documentaire de Rokhaya Diallo, Où sont les noirs ?, sorti quelques mois avant cette comédie. Sauf que, comme on va vite le comprendre, la démarche de JP est bancale, maladroite, voire même opportuniste…

On y reviendra, mais soulignons d'abord que cette démarche a (involontairement) le mérite, alors qu'il tente de rallier diverses personnalités influentes de la communauté à sa cause, d'élargir la question de la place des noirs en France pour aborder celle de l'identité noire. Les problèmes de racisme, de bavures policières, de discrimination sont bien sûr évoqués, mais de façon finalement très superficielle par rapport à d'autres interrogations : le rapport aux origines, à l'intégration, aux autres communautés… Des questions importantes, soulevées paradoxalement avec beaucoup de finesse via un humour brut, qui n'hésite pas à embrasser les clichés, dégainer sur des sujets tabous, mais qui invite — et c'est là toute sa subtilité — au rire ensemble.

#2 Jean-Pascal Zadi, au cœur d'un faux documentaire

Si cette comédie osée fonctionne, c'est aussi sans doute parce qu'elle repose sur un protagoniste tellement criant de défauts qu'il sert de garde-fou. Jean-Pascal Zadi, humoriste, joue aux trublions dans la cause militante. Car son personnage est un acteur raté, semblant toutefois mener une vie aisée avec sa femme (blanche) et leur fiston, qui se lance dans un mouvement de contestation sans vraiment en maîtriser les enjeux. Alors qu'on s'aperçoit très vite des limites de son discours, on rit de la naïveté d'abord, de l'opportunisme ensuite, de cet homme finalement en recherche surtout de célébrité.

D'autant que le film est tourné sous forme de "mockumentaire", soit un faux documentaire, format particulièrement propice à la satire puisqu'il invite à briser le quatrième mur. JP en est donc le sujet. C'est lui au départ qui cherche à immortaliser son combat, mais les caméras deviennent vite les témoins de la trivialité de son entreprise. Dès cette scène d'ouverture où, alors qu'il lance son appel très solennel pour une grande marche noire, sa femme l'interrompt pour des questions tout à fait ordinaires de tâches domestiques… Et c'est sans parler des regards perplexes de ce militant maladroit, lancés tout le long du film vers les spectateurs, qui valent de l'or.

#3 Un défilé de stars qui font preuve d'autodérision

Puis il faut dire que ce JP est aussi particulièrement culotté. Au point de pousser à bout tous ses interlocuteurs, donnant lieu à des situations totalement burlesques. Surtout que ses interlocuteurs ne sont pas n'importe qui. Claudia Tagbo, Fabrice Éboué, Éric Judor, JoeyStarr… Il cherchait à rallier des personnalités influentes de la communauté noire en France, il finit par les rencontrer toutes. De quoi offrir à cette comédie un casting cinq étoiles, avec des stars qui jouent leur propre rôle, si l'on peut dire, se prenant au jeu de l'autodérision.

Si Jean-Pascal Zadi assume le rôle du petit rigolo, ses special guests ne sont pas non plus épargnés, pour le plus grand plaisir des spectateurs. Ici Soprano se voit qualifié de "rappeur préféré des collégiens", là Lucien Jean-Baptiste (réalisateur de La Première étoile, Il a déjà tes yeux…) se voit reprocher de faire des "films de bounty". On retrouve un blanc aussi qui en prend pour son grade, Mathieu Kassovitz, génial dans sa peau de cinéaste un peu trop en recherche d'authenticité ("C'est pas un noir ça. Je vous demande l'Afrique, vous me ramenez Montreuil !"). Et mention spéciale à Fary. Alors que les autres font ce que l'on appelle des caméos, de brèves apparitions, l'humoriste prend une place plus importante tout au long du film, se positionnant lui aussi comme un opportuniste qui voit dans ce mouvement bancal l'occasion de se faire pardonner une belle erreur de jugement… On vous le dit : vous n'en reviendrez pas à la fois du nombre fou d'invités surprises, à la fois de jusqu'où ils sont allés pour cette comédie.

Tout simplement noir, c'est tout simplement drôle, et ça passe ce mardi 9 mars 2021, à 21 heures sur Canal+. Une chaîne bien entendu disponible depuis la box SFR.

Source : Allociné

Jessica Rat
https://twitter.com/rat_jessica Jessica Rat Rédactrice