La réalisatrice française Agnès Varda pose avec sa Palme d'Or d'Honneur lors de la cérémonie de clôture du 68e Festival de Cannes, le 24 mai 2015.
Cinéma

Agnès Varda, retour sur sa Palme d’Honneur du Festival de Cannes

La réalisatrice française Agnès Varda pose avec sa Palme d'Or d'Honneur lors de la cérémonie de clôture du 68e Festival de Cannes, le 24 mai 2015. © ANNE-CHRISTINE POUJOULAT

En 2015, Agnès Varda se voit décerner la Palme d’Honneur du Festival de Cannes. Retour sur ce moment émouvant de sa carrière.

Le 29 mars 2019, la réalisatrice Agnès Varda nous a quittés à l’âge de 90 ans des suites d’un cancer. Photographe, réalisatrice, plasticienne, véritable artiste, elle reçoit en 2015 une Palme d’Honneur au Festival de Cannes. L’occasion de revenir sur ce moment important de sa carrière à l’approche de la 72e édition de l’événement du 14 au 25 mai 2019.

Agnès Varda n’avait jamais été récompensée à Cannes

Aussi surprenant que cela puisse paraître, Agnès Varda n’avait jamais été récompensée au Festival de Cannes avant sa Palme d’Honneur. Malgré sa carrière impressionnante et son talent reconnu par toutes et tous, la réalisatrice n’a été nommée qu’à deux reprises. En 1958, pour la Palme d’Or du meilleur court métrage, pour Ô saisons, ô châteaux, puis, quatre ans plus tard, en 1962, pour Cléo de 5 à 7.

Il s’agit là d’un des plus grands films d’Agnès Varda. Il raconte l’histoire d’une jeune chanteuse, Cléo, qui craint d’être atteinte d’un cancer. L’intrigue du long-métrage commence à 17h et se termine à 19h. Angoissée par ses résultats médicaux qu’elle doit récupérer dans deux heures, elle erre sans but dans Paris à la recherche d’un soutien émotionnel. C’est finalement sa rencontre avec un inconnu qui va tout chambouler.

Cléo de 5 à 7 est ce que l’on peut appeler, sans hésiter, un chef d’oeuvre. L’un des rares films où une femme a pu s’imposer en pleine Nouvelle Vague. Mais cela ne suffit pas pour qu’elle remporte la Palme d’Or. Elle sera finalement décernée au brésilien Anselmo Duarte pour La Parole donnée.

Une Palme d’Honneur pour Agnès Varda

Enfin, en 2015, le Festival de Cannes reconnaît qu’il est resté trop longtemps sans récompenser la réalisatrice. Elle reçoit alors une Palme d’Honneur pour l’ensemble de sa brillante carrière.

Dans son discours plein d’émotion et avec quelques larmes bien entendu, elle mentionne Jacques Demy, son compagnon lui aussi décédé, qui avait remporté la Palme d’Or en 1964 pour les Parapluies de Cherbourg, avec Catherine Deneuve. C’est avec fébrilité qu’elle annonce que cette Palme d’Honneur sera placée juste à côté de celle de sa moitié. Cette récompense, elle la voit comme un prix “de résistance et d’endurance”. Elle qui a commencé sa carrière en 1955 et l’a terminée en 2019, près de 64 ans après. Mais mieux vaut tard que jamais : cette palme d’Honneur n’en marque pas la fin. Bien au contraire, ce n’est que le commencement.

Agnès Varda : la consécration en 2017

Ce n’est pas tout le monde qui gagne une récompense après avoir gagné un prix d’honneur. Mais ce n’est pas ce qui va arrêter Agnès Varda. Car justement, elle n’aime pas faire comme tout le monde. En 2017, elle co-réalise avec JR le documentaire Visages, villages : un voyage à travers la France, dans les campagnes, avec un photomaton. Mais c’est surtout des rencontres, des personnes, qui sont capturées dans ce documentaire.

De retour de ce périple, après avoir porté les visages des habitants sur les murs de leurs villages, ils se rendent au festival de Cannes où leur film est récompensé de l’Oeil d’Or.

Ça y est, la boucle est bouclée. Après deux nominations, une Palme d’Honneur et un Oeil d’Or, Agnès Varda a eu tout ce qu’elle pouvait avoir de la croisette. Son talent a enfin été récompensé, sous toutes les coutures. Elle s’en va en mars 2019, rejoindre Jacques Demy, son amour de toujours, pour qu’ensemble, ils puissent faire des Documenteur, Sans toit ni loi, sur les Demoiselles de Rochefort et leurs Parapluies de Cherbourg.

Par Clément Capot