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Festival de Gérardmer : Jesse Eisenberg peut-il remporter le trophée ?

Jesse Eisenberg et Imogen Poots dans Vivarium. © The Jokers Films

Dernier jour pour les équipes de SFR Actus au Festival international du film fantastique de Gérardmer. L'occasion de jeter notre dévolu sur l'un des films les plus attendus de la sélection : Vivarium, avec Jesse Eisenberg.

La crise du logement semble être une thématique chère à la programmation du Festival de Gérardmer. Elle est légèrement abordée dans 1BR: The Apartement, dans The Room et elle atteint son paroxysme dans Vivarium. On y retrouve systématiquement des couples pris au piège dans des appartements ou maisons dans lesquels ils s'étaient rués au préalable en raison de leur précarité.

Si la projection de Vivarium était extrêmement attendue à Gérardmer, c'est parce qu'on y trouve une star à son casting : Jesse Eisenberg. Ce qui ne nous surprend pas vraiment, l'acteur alternant généralement entre superproductions et films à petit budget. Mais c'est déjà un premier gage de qualité et un très bel atout pour Lorcan Finnegan, réalisateur irlandais qui nous offre ici son deuxième film.

Le casting étonne et le synopsis intrigue, d'où la grande attente des festivaliers ! C'est l'histoire de Gemma et Tom, un jeune couple en quête de leur première maison. Les voilà rendus dans une banlieue ou chaque bâtisse semble être un copier-coller répété à l'infini. S'en suit la visite avec un agent immobilier mystérieux et excentrique. Quand soudain, le couple se retrouve pris au piège dans une maison. Impossible de s'échapper et de quitter cette banlieue lugubre. Ils n'ont donc plus qu'une seule option : s'y installer.

Un Vivarium pour le moins extravagant

Dans Vivarium, Lorcan Finnegan exacerbe au possible les banlieues dortoir et en dresse un véritable portrait au vitriol. Il les dépeint comme une forme d'esclavage consenti. Il va en plus y ajouter un enfant dans l'équation pour renforcer la chose. Gemma et Tom n'ont pas choisi cette vie, ils y ont été contraints. Pourtant, ils l'acceptent et la vivent. Comme nous tous. La critique de notre société est là, elle est frappante et glaçante.

Le film réussit donc à nous introduire dans ce propos horrifique tout en jouant la carte de l'humour, sans pour autant se décrédibiliser. Mais bien souvent, c'est l'absurdité totale de la situation qui nous fait rire, puis nous effraie. On est comme dans un épisode de La Quatrième Dimension, ou plus récemment de Black Mirror. C'est fantastique, sans pour autant devenir une caricature. On dirait que Vivarium a rencontré un film de Wes Anderson et ses décors pastel et pris deux trois gouttes de The Truman Show au passage.

Un véritable coup de cœur pour cette dernière projection au Festival de Gérardmer. Vivarium remportera-t-il un prix ce dimanche 2 février 2020, lors de la cérémonie de clôture ? Difficile à assurer. Mais entre le Grand prix, le Prix du public et celui de la critique, nul doute que le film porté par le talent de Jesse Eisenberg et Imogen Poots devrait réussir à se frayer un chemin.

Clément Capot
https://twitter.com/Clepotp Clément Capot Rédacteur