The Dark Crystal : Age of Resistance a permis de faire revivre le mythe en série.
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Dark Crystal, la série (vraiment) fantastique de Netflix

The Dark Crystal : Age of Resistance a permis de faire revivre le mythe en série. © Kevin Baker / Netflix

En 2017, le géant du streaming faisait une annonce aussi surprenante que réjouissante : une série dérivée du film Dark Crystal, chef d'œuvre des années 1980 à l'univers bien particulier. Un pari osé, mais au final merveilleusement réalisé, pour l'une des meilleures séries de l'année.

Sorti en 1982, le film Dark Crystal a séduit les enfants et grands enfants de l'époque grâce à son esthétique très particulière. Réalisé par Frank Oz et surtout Jim Henson, également créateur du Muppet Show, il plonge les spectateurs dans un univers fantastique au sein duquel des créatures beaucoup trop mignonnes cohabitent avec d'autres bien plus affreuses. Et toutes sont animées de la même façon, car les personnages sont... des marionnettes !

Qu'est-ce qu'un Skeksès ? (à répéter vite 10 fois de suite)

En ressort une esthétique hors du commun, notamment pour les antagonistes, les affreux Skeksès, sortes d'énormes vautours-reptiles-dictateurs, qui se "nourrissent" du Cristal de Vérité, artefact magique lié à la vie sur Thra, un monde qui n'est plus que désolation à cause de ces êtres malfaisants. Des Gelflings, autres créatures fantastiques mais beaucoup plus sympathiques (élégants comme des elfes et petits comme des hobbits), vont alors se lancer dans une quête héroïque pour sauver leur planète. Ça, c'était pour le film, devenu absolument culte pour plusieurs générations de geeks. La preuve avec l'enthousiasme qui a suivi l'annonce de la création de la série, et le casting (vocal) absolument extraordinaire d'acteurs qui voulaient participer au projet. Mais ça, on en reparle plus tard...

La série The Dark Crystal : Age of Resistance est un prequel au film et vient enrichir son univers. On découvre les Gelflings, répartis en sept clans, chacun ayant ses spécificités, mais aussi les Podlings, encore plus petits que les Gelflings, mais beaucoup plus facétieux et dissipés également. Parmi eux, Hup, qui se rêve paladin et n'a pas peur de défier les pires monstres armés de... sa cuillère en bois. Le bestiaire est riche et enchanteur, avec les boules de poil que sont les Fizzgigs. À côté d'eux, même un caniche a l'air d'un fauve...

Toutes ces créatures évoluent dans un univers fantastique et onérique, mettant la nature particulièrement en avant. Avec le mélange de marionnettes et de 3D, on peut au début avoir l'impression de regarder Les Guignols de l'Info jouer au Seigneur des Anneaux, mais c'est justement cet aspect unique qui donne à The Dark Crystal : Age of Resistance tout son charme. Pourtant sur le papier, il y avait de quoi flipper, la réalisation étant signée Louis Leterrier, cinéaste français ayant signé L'Incroyable Hulk ou Le Choc des Titans. Pas le plus prometteur des CVs, quoi... Mais on sent la passion pour l'œuvre originale qui l'habite, avec un hommage parfait au film, distillant de nombreux et savoureux easter eggs. Les événements épiques de la série précédant ceux de Dark Crystal, il n'est pas indispensable d'avoir vu le long métrage au préalable. Mais c'est un sacré plus pour apprécier encore davantage le travail effectué sur le show de Netflix.

Des premiers rôles au doublage

Le scénario explique comment les Skeksès sont parvenus à diviser les Gelflings et montre leur soif de pouvoir et de cruauté d'une façon parfaitement glauque. Ils sont juste répugnants et les analogies avec d'autres dirigeants plus proches de la réalité ne sont évidemment pas fortuites. S'ils parviennent autant à choquer les spectateurs, ce n'est pas seulement grâce à leurs marionnettes incroyablement riches en détails, mais surtout grâce aux performances des acteurs les incarnant. Parmi eux, signalons la présence de Mark Hamill, éternel Luke Skywalker dans Star Wars, qui double ici le scientifique un peu de la même façon qu'il le faisait pour le Joker dans Batman : la série animée.

Les terrifiants Skeksès sont absolument répugnants
Les terrifiants Skeksès sont absolument répugnants © Kevin Baker / Netflix

Et puis il y a Simon Pegg (Shaun of the Dead, Mission Impossible, Star Trek), qui fait des merveilles dans le rôle du chambellan. Avec un rire, mais un rire, tellement rempli de sournoiserie qu'il filerait des frissons à une vipère. Notons aussi que Sigourney Weaver est la narratrice, que Benedict Wong (le pote de Doctor Strange dans le MCU) fait skekVar, le terrifiant général, et que Andy Samberg (Brooklyn Nine-Nine) remporte la palme du rôle comique pour son apparition vocale dans le rôle de l'hérétique, un Skeksès plus gentil que les autres, et qui va aider nos rebelles durant leur quête.

Car Thra a de nouveaux héros, bien décidés à arrêter les immondes Skeksès et réconcilier les Gelflings. Ils pourront pour cela compter sur de nombreux alliés, mais aussi affrontrer de redoutables adversaires, comme les araignées géantes. Et du coté des gentils aussi, on retrouve du très beau monde, avec une grosse touche Game of Thrones ! Nathalie Emmanuel (Missandei) incarne Deet, Lena Headey (Cersei Lannister) fait Maudra Fara, et Natalie Dormer (Maergery Tyrell) Onica. Helena Bonham Carter (Bellatrix Lestrange dans Harry Potter), Caitriona Balfe (Claire Fraser dans Outlander) et Alicia Vikander (Lara Croft dans Tomb Raider) sont également de la partie.

Vous l'aurez compris, les personnages féminins sont nombreux, et ont du pouvoir, n'en déplaisent à certains, et notamment aux Skeksès. Pas besoin de voir les acteurs pour les reconnaitre donc, comme par exemple pour Taron Egerton. Le héros de Kingsman qui est devenu Elton John pour le film Rocketman a été propulsé dans le rôle principal de Rian, héros malgré lui, mais qui va décider d'agir après avoir assisté à une tragédie...

Épique, féérique, magnifique, onérique et plein de trucs en -ique mais sans connaître de hic, The Dark Crystal : Age of Resistance est une vraie réussite, qui espérons-le, appelle une suite... Car après avoir vu ça, on ne peut que vouloir retourner sur Thra.

Par Sébastien Delecroix