Certains événements de la saison 8 de Game of Thrones, notamment ceux concernant Daenerys, ont particulièrement déçu le public.
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Game of Thrones : tout ce qui ne va pas dans la saison 8

Certains événements de la saison 8 de Game of Thrones, notamment ceux concernant Daenerys, ont particulièrement déçu le public. © HBO

La tâche était difficile, compliquée, insurmontable : parvenir à terminer en beauté la série la plus suivie au monde, en contentant des millions de spectateurs ayant tous leurs propres théories. Il allait forcément y avoir des déçus. Et ils ont été nombreux, tant cette dernière saison a comporté d’incohérences…

Totale ellipse of the heart

L’ellipse, c’est un procédé qui consiste à éluder certains passages pour raccourcir une histoire, de passer d’une situation à une autre sans explication donnée, le plus souvent en laissant un certain temps entre les deux, en ne faisant que suggérer ce qui a pu se dérouler entretemps. Dans Game of Thrones, les scénaristes ont tout de même oublié de prendre les spectateurs pour des Euron Greyjoy (autrement dit, pour des idiots) en indiquant par exemple “1 mois plus tard”. En revanche, cette saison 8 a encore plus abusé des ellipses que Cersei Lannister du vin rouge. Et ça, c’est une sacrée performance. Quelques exemples de moments qui semblent avoir été zappés, parfois au détriment de toute logique, et ont donné l’impression de regarder ces derniers épisodes en accéléré, alors que la série avait historiquement un rythme plutôt lent…

  • La révélation : Jon et Bran vont annoncer à Arya et Sansa que le vrai nom du bâtard de Ned Stark est en fait Aegon Targaryen, qu’il est finalement leur cousin caché et devrait être le vrai roi. On attend la réaction des filles Stark pour une scène poignante et… Non. Ellipse, on enchaîne. Circulez, il n’y a rien à voir.
  • Assassin’s Creed : Port-Réal est assiégée, les portes fermées, la population est regroupée derrière les remparts, mais Arya, Sandor Clegane ou même Jaime Lannister parviennent à rentrer dans la cité sans difficulté aucune. D’ailleurs, comment Arya et Clegane, partis avant l’armée du Nord, ont fait pour arriver après ? Et c’est juste parce qu’il a mis sa capuche noire que personne ne semble remarquer le Limier de deux mètres ?
  • Jon la balance : dans le dernier épisode, Jon tue Daenerys, dont le corps est emporté par Drogon après que le dragon ait brûlé le fameux Trône de Fer. Écran noir, on se retrouve un mois après. Et Jon est en prison. Comme il n’y avait plus aucune preuve, c’est donc qu’il a avoué ce qu’il avait fait. Au risque de se faire trucider sur place. Ce qui pointe d’ailleurs autre chose qui ne va pas : Ver Gris, qui cinq minutes avant tuait tout le monde sur son passage, y compris les prisonniers de guerre, a gardé son calme en apprenant que sa reine avait été tuée ? On a vraiment du mal à y croire…
  • Téléportation : Westeros n’ayant ni chemin de fer ni compagnie aérienne, les voyages prennent du temps, beaucoup de temps. C’est ainsi que dans les premières saisons, chaque déplacement durait plusieurs épisodes. C’était même peut-être des fois un peu trop long. Mais dans les deux dernières saisons, tout s’accélère comme dans un épisode de The Flash. Dans l’épisode 4 par exemple, Daenerys se fait un petit enchaînement Winterfell-Peyredragon-Port-Réal en dix minutes. De quoi se prendre la tête. N’est-ce pas Missandei ?
  • Un kilomètre à pieds, ça use, ça use les souliers : il faut aussi qu’on parle des Marcheurs Blancs. On les découvre dès le premier épisode de la première saison. Ils mettent sept saisons à arriver jusqu’au Mur. Sept saisons. Sachant que ce sont des zombies de glace qui n’ont a priori pas besoin de dormir à l’hôtel, de manger au restaurant ou de prendre des vacances, ils doivent avancer à une moyenne de 4cm/heure pendant les sept premières saisons. Et puis dans la huitième, ils ont dû tomber sur un stock de trottinettes électriques, puisqu’il ne leur faut que deux épisodes pour faire le trajet Le Mur-Winterfell…

On ne nous prendrait pas pour des Euron Greyjoy là un peu quand même ? Surtout quand on assiste également à...

La bataille des incohérences

Elles ont frappé encore plus fort que La Montagne pendant le tant attendu Cleganebowl, et ce durant toute la saison. De situations invraisemblables en personnages qui balaient leur évolution d’un revers de la main (dorée), cette saison 8 de Game Of Thrones a donné un nombre de moments WTF beaucoup trop élevé, parmi lesquels :

  • La compagnie en bois : ils sont arrivés en force et on les pensait indestructibles. Bon, ils ont oublié de prendre des éléphants, ce qui n’a pas fait plaisir à Cersei. Mais la Compagnie Dorée, ça devait être le boss final. La dernière grande bataille. Sauf que non : ils se font défoncer en deux-deux par Drogon, qui a pu les surprendre par derrière, dans une situation grotesque qui nous amène au point suivant...
  • La grande vadrouille : la stratégie militaire a été une catastrophe absolue du début à la fin de la saison. Pourtant ça ne devait pas coûter si cher d’embaucher un consultant quand même ? Dans la Bataille de Winterfell, les Dothrakis lancent une charge de cavalerie dans le noir le plus complet. Alors ok, ça fait de jolies images avec toutes ces flammes qui s’éteignent. Mais quand même, quel gâchis. Daenerys a perdu tous ses Dothrakis en une minute. Ah… Non, attendez, en fait dans l’épisode 6 il y en a plein à nouveau. Bizarre… Et que dire de la décidement brillante Compagnie Dorée ? Une armée se présente aux portes de Port-Réal, mais plutôt que de rester au chaud et à l’abri derrière les remparts, que fait cette bande d’Euron Greyjoy ? Ils vont se poser… devant les remparts, à découvert. Ils portent leurs boucliers en sac à dos aussi ?
  • Je t’aime, moi non plus : dans la catégorie “on n’a pas compris”, le revirement de Jaime Lannister est une sacrée énigme. Alors que le détestable prince charmant des débuts était sur la voie de la rédemption depuis de nombreuses saisons, qu’il quitte Cersei en fin de saison 7 pour aller se battre à Winterfell et décide de ne pas laisser sa relation avec Brienne au stade de platonique, le voilà qui décide de repartir retrouver sa sœur et maîtresse Cersei. On pense que c’est peut-être pour la tuer, mais non, en fait c’est pour un dernier gros câlin… Bon, d’accord.
  • Les Contes de la Crypte : retour sur l’épisode 3 et la Bataille de Winterfell. Les femmes, enfants et personnes qui ne savent pas de battre sont cachés dans… la crypte. Donc, les gars affrontent le Roi de la Nuit, dont la principale caractéristique est de pouvoir réveiller les morts, mais ils pensent être en sécurité dans un endroit rempli de cadavres ? Mais où étaient donc les personnes les plus malines de Game of Thrones, Sansa, Tyrion ou Varys ? Ah bah, dans la crypte…
  • L’amer des dragons : voici un autre revirement presque aussi incompréhensible que celui de Jaime Lannister. Celui de Daenerys Targaryen, qui dans l’épisode 5 passe en deux minutes de libératrice de peuple à génocideuse encore pire que Thanos. Lui visait le 50%, elle carrément le 0. La même Dany, qui enfermait ses dragons chéris après qu’ils aient tué une petite fille dans la saison 4 et voulait libérer les peuples, bascule complètement et se livre à une partie de Pac-Man enflammée dans les rues de Westeros. On a beau nous expliquer que cette folie meurtrière (héritée des Targaryen) était induite depuis le début, on a tout de même du mal à accepter un acte si soudain et radical. Pourquoi ne pas s’être contentée d’attaquer le Donjon Rouge ? Pourquoi s’en être pris à une civilisation innocente ? La fin ne justifie pas toujours les moyens...
  • Euron Greyjoy : le bourrin crétin. Bien loin du leader sanguinaire décrit dans les bouquins. Toute sa participation à la série Game of Thrones aura été une catastrophe. Déjà, le gars ressemble vaguement à Pacey dans Dawson et il fait n’importe quoi, n’importe quand et n’importe comment. Son unique obsession, c’est de “baiser la reine”. Bon, c’est vrai qu’apparemment, il valait mieux être de sa famille pour y parvenir, mais quand même, c’est faible. Et son duel avec Jaime ? Le Fer-Né arrive pile poil sur la plage de deux mètres de long, à la seconde où le Kingslayer débarque, comme de par hasard. Il meurt quand même content, heureux d’être celui qui est parvenu à avoir tué le manchot Lannister. Sauf que non, puisque c’est une brique qui le fera finalement…

Pour les prochaines encyclopédies écrites à Westeros, on pense qu’à côté du mot “idiot”, il y aura un portait d’Euron Greyjoy comme illustration...

Par Sébastien Delecroix