Seg-El (Cameron Cuffe) et Lyta Zod (Georgina Campbell), les protagonistes de la série Krypton, centrée sur les origines de Superman.
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Krypton vs Smallville : le match des séries flashback !

Seg-El (Cameron Cuffe) et Lyta Zod (Georgina Campbell), les protagonistes de la série Krypton, centrée sur les origines de Superman. © Krypton / Warner Bros Entertainment Inc

Vous avez toujours rêvé de voir ce combat mythique se produire : Superman versus Superman. Qui gagne ? Superman bien entendu. Oui, mais lequel ? Au programme de cet affrontement inattendu, on retrouve deux séries sur les origines du super-héros. La première Smallville, show iconique des années 2000. La seconde, Krypton, plus récente et diffusée sur SYFY, qui remonte encore plus loin sur la création de la légende. C’est parti pour le match des séries flashback !

Le match des Superman

Qui a le meilleur Superman ? Du côté de Smallville, on retrouve un Clark Kent jeune, mignon comme tout, interprété par Tom Welling. C’est un lycéen plus ou moins comme les autres, qui doit gérer ses cours, sa vie amoureuse et ses hobbies. À cela près qu’il possède des capacités extraordinaires et que de temps en temps, il protège sa petite ville de menaces qui le dépassent complètement. Donc au final, il n’est pas vraiment un lycéen comme les autres. Là où la série réussit un vrai coup de maître, c’est que Clark Kent est présenté comme monsieur tout le monde. Une facette du personnage jusqu’ici jamais présentée, à laquelle tous les adolescents pouvaient s’identifier.

Du côté de Krypton, on ne retrouve… pas de Superman. L’intrigue de la série se déroule près de 200 ans avant notre ère. Clark Kent n’est qu’un fantôme du futur dont on essaie d’avorter la grande destinée. La star du show, c’est Seg-El, le grand-père du mythique super-héros. Il est confronté à la corruption du régime qui régit la capitale, Kandor, à la destitution de son rang de haut dignitaire de la planète et à tous les super-méchants qui viennent ajouter du piment dans ce ragoût politique. Personne n’aurait pu imaginer qu’une intrigue façon Game of Thrones puisse s’inviter dans ce genre de programme.

Avec 1 Clark Kent à 0 pour Smallville, c’est donc la série des années 2000 qui remporte le match des Superman. Certes, c’est injuste car Krypton part avec un désavantage certain. Mais c’est nous qui avons créé les règles de ces matches et nous n’avons jamais mentionné qu’il y aurait une quelconque justice.

Le match des super-méchants

Après le match des héros, il est temps de faire s’affronter les grands vilains des deux séries ! Et Krypton place la barre haut. Brainiac, Général Zod, Doomsday, on y retrouve des méchants emblématiques de l’univers DC Comics. Et ils ne font pas que signer la fiche de présence. Leur apparence est également très au point. Avec sa peau verdâtre et ses prises dans le crâne, Brainiac est plus terrifiant que jamais tandis que Doomsday prend l’aspect d’une masse informe et réaliste. Le tout grâce aux prouesses techniques de notre époque.

Chez Smallville, Brainiac, Doomsday et le Général Zod ont bien évidemment fait des apparitions, on retrouve aussi Lex Luthor, Bane ou encore Darkseid. Du point de vue de la quantité, on y est. Du point de vue de la qualité, c’est loin d’être au niveau. En 2001, lors du lancement de la série, les effets spéciaux étaient loin d’être ce qu’ils sont aujourd’hui. C’est donc plus fade, moins abouti, moins esthétique. Brainiac échange sa peau verte contre un simple tee-shirt vert, Doomsday ressemble à un personnage de jeux-vidéo, ce n’est pas très glorieux...

En misant sur la qualité plutôt que sur la quantité, Krypton s’impose clairement dans le match des super-méchants.

Le match des super-pouvoirs

Pour battre des super-méchants, il faut généralement tout miser sur les super-pouvoirs. Dans Krypton, la capacité extraordinaire préférée des scénaristes, c’est la super-intelligence. Brainiac est plus intelligent que n’importe quel être vivant de l’univers, Seg-El a un Q.I bien au-dessus de la moyenne, tous les personnages semblent vouloir se comparer à Einstein.

Dans Smallville, c’est une toute autre paire de manches. Super-vitesse, super-vision, super-force, super-vol et c’est sans parler des pouvoirs possédés par la pléiade de personnages qui apparaissent dans les épisodes çà et là. Clairement, on en a pour notre argent. On découvre une quantité astronomique de capacités extraordinaires. C’est exécuté avec des effets spéciaux au rabais, mais on est venu voir des super-héros. Alors on veut des super-pouvoirs.

Dans ce match des super-pouvoirs, c’est Smallville qui l’emporte. Cette fois, ce n’est plus la qualité qui nous importe, mais la quantité ! On en veut plus, toujours plus. Que ça vole, que ça explose, que des rayons sortent par les yeux, quel que soit le moyen, tant qu’à la fin, le résultat est extraordinaire à souhait !

Le match du DC Universe

À quel point ces séries s’intègrent-elles dans l’univers DC Comics ? Ça commence mal pour Smallville. La série est sortie à une époque où un tel univers étendu n’avait pas encore été envisagé par qui que ce soit. La série centrée sur la jeunesse de Superman évolue donc dans sa petite bulle indépendante. Il n’y a de lien avec rien d’autre que Clark Kent. Les créateurs ne se sont pas empêchés pour autant d’intégrer des éléments et personnages propres aux comics originels. Mais Smallville reste un produit solitaire.

Krypton, en revanche, avance avec son temps. Si la première saison ne donnait pas entièrement l’impression d’avancer main dans la main avec le reste de l’univers, il est pourtant prévu une meilleure intégration. De nouvelles têtes emblématiques devraient faire leur apparition : Hawkgirl, Green Lantern, que du beau monde. Ce qui se passe dans la série pourrait aussi avoir une influence sur la suite. Les scénaristes devraient donc mettre un point d’honneur à garder de la cohérence.

Pour le match du DC Universe, c’est donc à Krypton que revient la victoire. Mais encore une fois, c’est une question de génération. Dans les années 2000, on ne concevait pas les films et séries comme aujourd’hui.

Et le grand gagnant est…

L’heure du résultat a sonné. Le grand gagnant de ce match des séries flashback est… coup de théâtre : il semblerait que ce soit un ex aequo ! Meilleur Superman et super-pouvoirs pour Smallville, meilleurs super-méchants et intégration au DC Universe pour Krypton. Difficile de trancher entre les deux, ce qui nous emmène vers un match nul. Mais ça ne veut pas dire pour autant que vous n’avez pas les clés pour choisir la série flashback de votre coeur.

Avec Smallville, c’est clairement la nostalgie qui domine. Le kitsch de la dernière décennie, les effets spéciaux en carton-pâte, Superman adolescent et amoureux au coeur d’artichaut. Tandis qu’avec Krypton, c’est l’inverse. On est dans le visionnaire, dans le spectaculaire. Une série plus mature, qui vit avec son temps et explore un segment de l’histoire dont on ignorait tout jusqu’ici. Et en prime, elle est diffusée sur SYFY en France donc vous pouvez la regarder tout de suite.

Par Clément Capot