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La Casa de Papel : on fait le bilan de la partie 4

Gandia est le grand méchant de la partie 4 de La Casa de Papel sur Netflix © Tamara Arranz Ramos / Netflix

Très attendue, la partie 4 de La Casa de Papel a été mise en ligne sur Netflix le 3 avril dernier, apportant son nouveau lot de rebondissements, de coups de théâtre, de trahisons, mais aussi d'incohérences. Quel bilan peut-on faire de ces nouvelles aventures d'El Profesor et sa bande en combinaisons rouges ?

Attention, spoilers ! On avait laissé El Profesor dans les bois, encore plus en panique que le Petit Chaperon Rouge ou le Petit Poucet, alors qu'il venait de se faire manipuler au téléphone par Alicia Sierra et la police, lui faisant croire à l'exécution de Raquel / Lisbonne.

Le génie à lunettes du crime est alors perdu, déboussolé, et ne parvient plus à raisonner correctement, à prendre les bonnes décisions. Ce qui est un vrai problème, quand on est le cerveau d'une opération aussi compliquée que le braquage de la Banque d'Espagne. Surtout que dans le bâtiment, ses collègues aux masques de Dalí ne sont pas franchement en mode fiesta... Nairobi vient de se faire tirer dessus par un sniper, et Rio et Tokyo ont répliqué en tirant une roquette sur un véhicule blindé de la police. La guerre est déclarée, le chaos est total, et pourtant, le pire est à venir...

Un air de mutinerie règne dans l'équipe, et Tokyo décide de prendre le pouvoir. C'est ainsi que commence le bal des incohérences, qui va mener à une issue tragique. Car Tokyo estime que Palerme n'est pas à la hauteur de la situation, et que c'est elle qui doit être en charge, parce qu'elle sait "garder la tête froide". Pardon ? Tokyo, que Berlin avait viré en partie 1 parce qu'elle faisait n'importe quoi ? Tokyo, à cause de qui tout cela arrive, parce qu'elle n'a pas respecté les règles de confinement (rester sur une île déserte paradisiaque, quelle épreuve...) ? Du coup Palerme est attaché avec les otages, et motive le chef de la sécurité, Gandia, à se libérer pour aller embêter tout le monde. Problème : on apprend via un flashback que Berlin se méfiait de Gandia, parce que c'était un ancien soldat très têtu, et un assassin d'élite. D'ailleurs, les flashbacks ne servent qu'à revoir Berlin, même au travers de séquences bien loufoques également, comme celle de son mariage...

Gandia entre Die Hard et Matrix, les braqueurs de La Casa de Papel dans Star Wars

Donc, un super-combattant qui a besoin que Palerme lui explique comment se libérer de ses menottes, et qui ne parvient pas à tuer une Nairobi sans défense seule sur son lit ? Bon, pourquoi pas. Comme on va le voir ensuite, on n'est pas à cela près. Pour cette partie 4 de La Casa de Papel, les scénaristes semblent vraiment avoir tout misé sur l'action continue et l'émotion plutôt que sur la logique. C'est sans doute pour cela que Nairobi peut se faire opérer poitrine ouverte par Tokyo, et respirer, parler et marcher quelques heures après. Mais avec la libération de Gandia, une nouvelle source de tension apparaît : la menace vient désormais de l'intérieur. En cela, cette partie 4 semble s'être inspirée de la référence du genre en films d'action de prises d'otage : Die Hard. Palerme en parle justement quand il tente de convaincre Gandia (dont il connaît pourtant les facultés), lui disant qu'il pourrait être "comme John McLane dans Piège de Cristal". Dans le dernier épisode, un discret easter egg fait même référence à 58 Minutes Pour Vivre : les braqueurs utilisent des ballles à blanc, indiquées par des rubans adhésifs bleus sur les chargeurs, exactement comme dans le second volet des aventures de Bruce Willis, contre les méchants.

On pourrait également citer Matrix comme influence, quand on voit comment Gandia parvient à éviter les balles alors que six personnes le mitraillent à même pas 10 mètres. 56 784 balles tirées, aucune n'atteint sa cible. Les braqueurs de La Casa de Papel sont visiblement prêts à se reconvertir en Stormtroopers dans Star Wars...

La Casa de Papel atteinte du syndrome Prison Break ?

Il y a donc de l'action dans la Banque d'Espagne, et heureusement. Dehors, El Profesor n'est toujours pas au mieux, mais au moins Marseille s'affirme un peu, et s'impose comme un bras droit très fiable, et qui peut tout faire. Y compris un aller-retour Madrid-Algérie en quelques heures... Il faudra finalement attendre l'épisode 6 pour voir El Profesor reprendre du poil de la bête, et enfin redonner à cette partie 4 tous les ingrédients qui ont fait de La Casa de Papel la série à succès qu'elle est aujourd'hui. L'évasion spectaculaire de Lisbonne, le plan infernal pour à nouveau s'opposer au gouvernement et au pouvoir, en faisant tomber les masques. Mais pas ceux des braqueurs, qui redeviennent les gentils de l'histoire... Dans les deux derniers épisodes, tout s'accélère et devient mieux que le début, très poussif, de cette partie 4, qui se noie quelque peu dans des postures dignes d'un -mauvais- soap.

Le destin de Nairobi semble ainsi scellé dès lors qu'il lui arrive trop de choses positives : elle tombe amoureuse de Bogota, d'un coup, comme ça, et le malaise est total dans un flashback où elle demande à El Profesor de lui faire un enfant. Sans que Raquel / Lisonne ne soit au courant. La bonne ambiance... Mais le pire est sans doute le personnage d'Arturito, qui continue de dire n'importe quoi n'importe quand, et trouve donc le temps de violer une femme en pleine prise d'otages... Ça fait vraiment beaucoup trop d'incohérences pour cette partie 4, qui aurait également gagné à être plus courte. Car le dernier épisode annonce une suite directe, et la crainte est grande désormais que La Casa de Papel soit atteinte du syndrome Prison Break : une première saison géniale, et du grand n'importe quoi derrière...

Espérons que les critiques -nombreuses- sur cette partie 4 permettent aux scénaristes de revenir à des choses plus simples, en se concentrant notamment sur le braquage, et en arrêtant de faire changer d'avis et de comportement leurs personnages toutes les 15 minutes. Et que La Casa de Papel ne s'étire pas trop en longueur. Car si les bonnes choses ont une fin, les bonnes séries doivent également en avoir une...

L'intégrale de La Casa de Papel est disponible sur Netflix, la plateforme de streaming accessible depuis votre box SFR.

Sébastien Delecroix
Sébastien Delecroix Rédacteur