Et si la vie mouvementée de Thomas Shelby était inspirée de faits réels $1
Séries

Les Peaky Blinders ont-ils vraiment existé ?

Et si la vie mouvementée de Thomas Shelby était inspirée de faits réels $1 © Robert Viglasky / Netflix

Les gangsters les plus stylés d'Angleterre reviennent pour une cinquième saison très attendue. Mais derrière la fiction se cache toujours une part de réalité...

Dans la cité ouvrière de Birmingham post-guerre 1914-1918, Peaky Blinders suit les aventures de la famille Shelby, les leaders d'un gang qui a donné son nom à la série. Et qui a vraiment existé.

Dans l'Angleterre victorienne (1837-1901), la misère était omniprésente et a parfaitement été retranscrite dans les œuvres de Charles Dickens, par exemple. Les milieux ouvriers étaient particulièrement touchés, avec de nombreuses maladies, des problèmes de surpopulation et aucune autre perspective que de pointer à l'usine, où les places pouvaient être chères, très chères. C'est dans ce contexte que des gangs violents ont commencé à apparaîre dans les rues de Birminghman, dès les années 1870. Le premier à faire parler de lui avait comme petit nom les Cheapside Sloggers, donc "Les Cogneurs du Cheapside", en VF. Racket, vol, bagarres, le programme des activités proposées est divers et varié, et permet au groupe de se faire un petit réputation. Mais aussi de créer des vocations.

Gangs of England

C'est donc en 1880 qu'apparaît pour la première fois dans le journal local une mention d'un nouveau gang, qui se ferait appeler les Peaky Blinders. Soit quarante ans avant le début de la série. Le nom n'est évidemment pas choisi par hasard, il correspond à l'accessoire le plus en vue de la parfaite tenue du gangster anglais de l'époque : les fameuses casquettes. Car si on traduit le nom du gang en français, ça nous donne un très poétique "Les Aveugleurs à Visière". Une référence à leur technique de combat, parfaitement illustrée dans la série, consistant à dissimuler des lames de rasoir dans les rebords de la visière de leurs casquettes, afin d'aveugler leurs adversaires en les frappant au nez pour les faire pleurer, donc leur brouiller la vue, et en profiter pour les dépouiller. Charmant programme, n'est-il pas ?

En revanche, aucune trace de Peaky Blinders qui se seraient appelés Shelby. Parmi les noms recensés, on tretrouve du Fowler, du Bayles, du McHickie, mais aussi un certain Charles Lambourne, arrêté par la police à l'âge de... 12 ans. Les activités du gang étaient concentrées sur la rue, avec du marché noir, du vol et des agressions, sans les ambitions commerciales et politiques que peut avoir le personnage de Thomas Shelby dans la série. En fait, ils étaient tous aussi brutaux qu'un Arthur Shelby des mauvais jours... En revanche, la série reconstitue parfaitement leurs tenues, avec des bottes coquées (on devine pourquoi), des pantalons amples, écharpes en soie, cabans (les longs manteaux) et pantalons à pattes d'éléphant (alors que le disco n'était pas franchement à la mode). Mais la période de domination des Peaky Blinders n'a pas duré très longtemps, le gang se faisant dépasser dans les années 1910 par les Birmingham Boys. Dans les années 1920, les Peaky Blinders restants furent même contraints de s'exiler à la campagne, après qu'un autre gang, les Sabini, se soit approprié les rues de Birmingham. Sabini, comme le personnage qui aide les Changretta à mener leur vendetta contre les Shelby dans la saison 4, tout à fait. Une nouvelle preuve que bien que prenant beaucoup de libertés, Peaky Blinders s'inspire de faits réels.

Car c'est ça qu'il y a de bien avec l'Histoire avec un grand H : on peut toujours la réécrire pour en faire des Séries avec un grand S. Et on a bien hâte de retrouver les magouilles des Shelby dans la saison 5 de Peaky Blinders, disponible dès le 4 octobre sur Netflix, disponible depuis votre box SFR.

Source : BBC

Par Sébastien Delecroix