Romain Duris et Cathy Vernet, interprète et réalisatrice de Vernon Subutex.
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Vernon Subutex : ce qu’en pense la presse

Romain Duris et Cathy Vernet, interprète et réalisatrice de Vernon Subutex. © Xavier Lahache / Canal+

C’était l’une des séries les plus attendues de l’année : l’adaptation à l’écran des romans phénomènes de Virginie Despentes. Maintenant que Vernon Subutex est sortie de scène, qu’en ont pensé les critiques ?

Romain Duris au top des charts

La première chose qui ressort des articles parus sur la série, c’est que le rôle-titre a été bien choisi. “Romain Duris incarne avec sensibilité et talent ce personnage à la dérive”, d’après la rédaction de Télé 2 semaines, tandis que Première évoque un “Romain Duris habité”.

Celui que l’on connaît davantage pour son rôle de beau brun ténébreux qui les fait toutes craquer dans des comédies romantiques comme L’Auberge Espagnole ou L’Arnacœur semble s’être éclaté à camper un personnage plus torturé, sombre. Et silencieux. Comme dans les livres, Vernon Subutex subit plus les événements qu’autre chose. C’est un homme à la dérive, qui ne reprend pied que quand retentissent les premières notes de musique, ce que la série s’est attachée à reproduire, grâce à l’autre gros point fort mis en avant par les critiques : la bande-son.

Plutôt experts en la matière, Les Inrockuptibles évoquent ainsi “une bande-son rock réjouissante”. Et ça, avec les toutes premières secondes de la série au son des Thugs, groupe culte de la scène alternative française des 90’s, on peut dire que la série Vernon Subutex a réussi à choisir des morceaux retranscrivant parfaitement l’ambiance décrite par Despentes, très pointue en matière de rock et punk, dans les livres à la base de tout.

On retrouve donc des grands noms de l’époque, comme Mudhoney, Sonic Youth, Les Olivensteins, The Undertones ou New Order, mais aussi du Vitalic ou les Sleaford Mods. Si vous aimez les guitares et la distorsion, il y a effectivement de quoi en prendre plein les oreilles.

Le jeu des sept différences

Avec une adaptation, la comparaison avec l’œuvre originale est forcément inévitable. Et Vernon Subutex ne s’en sort pas trop mal d’après la plume (ou plutôt les claviers) des critiques.

Selon L’Express, “le résultat est une réussite presque parfaite grâce à une mise à distance intelligente avec l’œuvre originale”. En ne se concentrant que sur les deux premiers tomes et en adoptant une trame davantage centrée sur l’enquête autour des enregistrements d’Alex Bleach pour instaurer une petite ambiance polar, la série s’éloigne en effet des livres. Pour le meilleur, mais aussi pour le pire selon Première : “Une comédie sociologique aux accents de polar, moins fulgurante que le roman originel”. Un choix dont ne semble pas se réjouir Vanity Fair, déclarant que “la trame policière est loin d’être le point fort de la mini-série, dont on retient surtout le parfum de nostalgie”. Un petit tacle suivi d‘une caresse, qui met en exergue l’un des autres points forts de Vernon Subutex évoqués par la presse.

Avec l’histoire de ce quadragénaire, ancien disquaire totalement perdu dans la société contemporaine, tout transpire la mélancolie, du regard de Romain Duris à une chanson de Daniel Darc diffusée dans un épisode. Le Monde en parle ainsi comme d’”une série touchante en ce qu’elle évoque un besoin universel, celui de ne pas oublier la personne que l’on a été à 25 ans.” Tout comme Télé 7 Jours, qui décrit Vernon Subutex comme “une série qui fait du bien et prend son temps, poétique, nostalgique et un poil utopique”.

Des critiques plutôt positives donc pour la série de Canal +. En tout cas bien plus tendres que l’avis de Virgnie Despentes, qui n’y est pas allée avec le dos de la cuillère à café...

Sources : Télé 2 semaines, Première, Les Inrockuptibles, L’Express, Vanity Fair, Le Monde, Télé 7 Jours

Par Sébastien Delecroix