La mini-série Waco revient sur l'une des pus grandes tragédies de l'histoire américaine contemporaine
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Waco : tout savoir sur la mini-série

La mini-série Waco revient sur l'une des pus grandes tragédies de l'histoire américaine contemporaine © Weinstein Television LLC

C’est l’une des plus grandes tragédies de l’histoire civile américaine. Qui garde, 26 ans après, de très nombreuses zones d’ombre, que la mini-série de six épisodes tente d’éclairer.

Davidiens contre Goliath

Les Branch Davidians, que l’on traduit en français par Davidiens, forment un groupe religieux créé par des dissidents de l’Église adventiste du septième jour au début des années 1930. Ils s’installent au Texas, dans une grande propriété nommée Mont Carmel, à proximité de la ville de Waco. Ils sont alors plus d’une centaine, dont le leader, Vernon Howell, se fait appeler David Koresh et prétend avoir le don de prophétie. Et être le nouveau messie.

Il prend la tête du groupe en 1986 et décide d’abolir la monogamie au profit de la polygamie : 140 femmes lui sont ainsi destinées. Il en appelle 60 ses “reines” et 80 ses “concubines”. Parmi elle, une fille de 14 ans, Karen Doyle. Il aurait ainsi eu au moins 15 enfants, dont 7 avec l’une de ses femmes. Les enfants vivant au Mont Carmel doivent appeler leurs parents “les chiens”, David Koresh “le père” et les enfants qui ne sont pas de lui “les bâtards”. Non vraiment, c’est un charmant personnage que doit interpréter Taylor Kitsch, l’acteur qui jouait Tim Riggins dans Friday Night Lights.

Mais alors que la communauté des Davidiens menait sa vie, un livreur UPS voit un des colis leur étant destiné s’ouvrir. Il aperçoit des coques de grenades et de la poudre noire. Il prévient la police, qui prévient elle-même l’ATF (Bureau fédéral des alcools, tabs, armes à feu et explosifs). Une enquête se déclenche, avec l’infiltration de l’agent Robert Rodriguez, qui va découvrir la présence de 150 armes semi-automatiques et 200,000 munitions. Et là, c’est le drame...

51 jours plus tard

Les Davidiens proclament que la détention de ces armes est tout ce qu’il y a de plus légal. On est aux États-Unis, après tout. Sauf que l’ATF déclare que certaines armes ont été modifiées de semi-automatiques en automatiques, ce qui les rend illégales. Un mandat de perquisition est établi à l’encontre de David Koresh et certains de ses adeptes. Mais rien ne va se passer comme prévu…

Sans tout vous dévoiler du comment du pourquoi, le premier raid, qui avait pour nom de code “Showtime”, a été avancé d’une journée et a été un fiasco absolu, avec une fusillade, un hélicoptère et des accusations mutuelles sur qui est responsable du carnage. Une situation extrêmement tendue, que la série s’attache à parfaitement retranscrire. Et pour cela, elle peut compter sur le formidable Michael Shannon, considéré à juste titre comme l’un des meilleurs acteurs du moment. On a notamment pu le voir dans La Forme de l’Eau, ou en général Zod dans Man Of Steel et Batman VS. Superman. Dans le rôle de Gary Noesner, négociateur en chef du FBI, ses nerfs vont être mis à mal durant ce qui va être appelé “le siège de Waco”. Pendant 51 jours, les Davidiens vont vivre retranchés, relâchant des groupes d’adeptes de temps en temps, subissant des assauts répétés, avec des chars, de la musique très forte et des lumières intenses pour les empêcher de dormir. Ainsi que de nombreuses phases de négociations. Celles-ci donnèrent lieu à de nombreux problèmes pour les agents, alors non formés à ce type de confrontations. Des universitaires et sociologues déplorèrent la situation, estimant qu’elle allait conforter Koresh et ses disciples dans leurs rôles de martyres. Quand finalement l’assaut final dût donné, les conséquences furent effectivement désastreuses et restent encore aujourd’hui fortement ancrées dans la mémoire des américains. Surtout que 26 ans après, on ne sait toujours pas ce qu’il s’est exactement passé, ni la part de responsabilité de chacun… Suicide collectif ou massacre : Waco propose six épisodes intenses pour se replonger dans un triste moment où la réalité a dépassé la fiction…

Par Sébastien Delecroix