"Alors, où est cette épée $1"
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Comment Prince Of Persia est devenu un jeu culte

"Alors, où est cette épée $1" © Broderbund

Le jeu Prince Of Persia fête cette année ses 30 ans. Sorti en 1989, il est devenu populaire pour plusieurs raisons : son ambiance, sa difficulté et son concept. Utilisons “les sables du temps” pour un retour sur le phénomène.

Les Contes des 1001 Nuits Blanches

Parce que si vous y avez déjà joué, vous savez de quoi on parle : ce jeu est compliqué. Très compliqué. Surtout quand, à l’époque, il fallait y jouer avec les touches de son clavier d’ordinateur. On ne va pas se mentir, en terme de réactivité, on était loin des performances actuelles et ce petit temps de latence d’une seconde entre le moment où vous pressiez la touche et le saut de votre personnage pouvait être fatal… Prenons un petit instant pour honorer la mémoire de tous les claviers, écrans, bureau et autres objets fracassés durant l’un des nombreux rage quits que Prince Of Persia a pu engendrer.

L’idée de base est simple : en Perse, le grand Vizir Jaffar (tiens tiens) profite de l’absence du Sultan pour faire régner la terreur sur le pays. Mais pour devenir légitime, il doit épouser la princesse. Il lui laisse donc un délai de 60 minutes pour accepter de se marier avec lui, sinon, bah en grand romantique qu’il est, Jaffar la fera exécuter. Simple. Basique. Le joueur incarne donc l’amoureux de la princesse, le fameux Prince Of Persia. Il a été jeté au cachot, mais parvient à s’échapper grâce à une dalle qui cède sous ses pieds. Il n’a que 60 minutes devant lui pour sauver sa bien aimée. Et à cette époque, il n’y a ni checkpoint, ni sauvegarde automatique. Quand on mourrait, c’était le Game Over, et la promesse de recommencer le jeu depuis le début.

Tomb Raider + Super Mario + 24 Heures Chrono

On se retrouve donc dans les couloirs labyrinthiques d’un palais moyen-oriental, truffé de pièges en tous genres et arpentés par des gardes munis de sabres. C’est une grande nouveauté à l’époque : les combats se font à l’épée, et non pas à l’aide de projectiles qu’on lance. Il n’y a pas non plus de score. Le but est de terminer l’aventure. Prince Of Persia a donc un côté jeu de plateforme, type Mario, avec tous ces niveaux à traverser en réalisant les bons sauts au bon moment, mais surtout une dimension “action-aventure”. Il s’agit du jeu précurseur de futures franchises comme Tomb Raider ou Uncharted, avec des sauts, des combats, et des énigmes à résoudre. La première chose à faire pour espérer continuer à progresser était de trouver l’épée. Sans elle, impossible de vaincre les gardes en duel. De nombreux mèmes sur internet prouvent qu’il y en a qui ont essayé, mais qu’ils ont eu des problèmes....

Parce qu’en plus, il faut être rapide et efficace : Prince Of Persia est une vraie course contre la montre ! Ou plutôt contre le sablier, qui s’écoule rapidement auprès de la princesse. L’idée du jeu en temps réel est géniale et donne au joueur l’impression d’être un Jack Bauer en babouches. La perfection.

Écran total pour le Prince

À sa sortie, Prince Of Persia a fait un carton. Ce qui est d’autant plus inattendu qu’il a été réalisé par un jeune programmeur, Jordan Mechner, qui l’a développé durant… son temps libre. Étudiant, il passait le temps en créant des jeux, comme d’autres vont courir, se faire un cinéma, ou… jouer aux jeux-vidéo. Il filme les mouvements de son frère David, pour donner au jeu un réalisme optimal. Au total, ils passera plus de quatre ans à mettre au point Prince Of Persia. Initialement paru sur Apple II, le gros succès du jeu lui vaut d’être décliné en 1990 sur toutes les plateformes de l’époque : Atari, Amiga, Amstrad. Il sort même en version remasterisé en 1992 sur Macintosh, Game Boy, Game Gear, NES ou master System. Une version Super Nintendo est aussi au programme, avec sept niveaux ajoutés, et un sablier qui passe à deux heures pour finir l’aventure. Dans les années 2000, Prince Of Persia revient sous forme de franchise, avec plusieurs suites sur différents supports, du PC à la console en passant par le mobile. Le jeu a même le privilège d’être adapté au cinéma. Bon, comme souvent dans ce genre d’exercices, la qualité est discutable malgré un casting de choc regroupant Jake Gyllenhaal et Gemma Arterton, et la production de Pirates des Caraïbes aux manettes.

Grâce à son charme indéniable et tout le concept novateur qu’il portait, Prince Of Persia reste donc, 30 ans après sa sortie, un jeu culte, mais également une référence de la pop culture. Et une intarissable source de souvenirs...

Sébastien Delecroix
Par Sébastien Delecroix Rédacteur