La jeune rappeuse Doja Cat, à la 17e édition annuelle de la fête des pré-Grammy, en janvier 2014.
Découverte

Doja Cat : reine de l’étrange, de la néo-soul et du rap

La jeune rappeuse Doja Cat, à la 17e édition annuelle de la fête des pré-Grammy, en janvier 2014. © RICH POLK / GETTY IMAGES NORTH AMERICA

Après s’être prise pour un chat, puis pour une vache, la carrière de Doja Cat est en pleine expansion. Mais qui donc est cette jeune chanteuse et rappeuse californienne ?

“Bitch I’m a cow”. Si vous avez déjà entendu ces quelques paroles énigmatiques devenues aujourd’hui une sorte de mème musical, alors vous avez probablement déjà eu affaire à Doja Cat, rappeuse américaine âgée seulement de 23 ans. Une artiste hors-norme, complètement dans son monde et dont la carrière explose depuis plusieurs mois.

Tout commence en 2014. Amalaratna Zandile Dlamini prend le pseudo Doja Cat et sort son premier EP, Purrr! (ronronnement des chats en anglais). Avec seulement cinq titres, elle réussit à emballer la critique. Vibe la décrit comme un “prodige psychédélique de 18 ans”, pour The Fader, c’est du “R&B spatial, influencé de l’est”, tout le monde est conquis. Hip-hop, néo-soul avec des influences rap certaines, le style de Doja Cat est indescriptible mais diablement efficace. Sur ce premier EP, on trouve notamment So High qui lui a valu un succès tout particulier.

S’en suit une tournée étincelante, envoûtante, autour de ces cinq titres qui séduisent le public autant que la critique. Mais après, plus rien. Pendant quatre années, la jeune artiste se fait discrète. Quelques featurings, mais rien de bien significatif.

Grand retour de Doja Cat en 2018

Après de longues vacances, 2018 marque le grand retour de Doja Cat. C’est en mars qu’elle décide de sortir son premier album, Amala. Avec des influences rap beaucoup plus assumées, elle se place en digne successeure de Nicki Minaj. Mais surtout elle revient de manière encore plus pop, encore plus colorée et surtout infiniment plus déjantée. On comprend avec Go To Town que Doja Cat est plus qu’une simple artiste et qu’elle a encore plus à nous offrir que son premier EP nous laissait entendre.

C’est plusieurs mois après la sortie de ce premier album que la jeune californienne entérine définitivement sa singularité. En août 2018, elle dévoile son titre Mooo! sur YouTube. À ce jour, la chanson est de loin son plus grand succès. En réponse à son premier EP nommé à partir du ronronnement des chats, son morceau intitulé à partir du cri des vaches est dédié à expliquer que désormais, elle n’est plus un chat, mais une vache. Et c’est justement parce que ça n’a aucun sens que Mooo! est un succès. Elle est alors adoubée par Katy Perry, Chris Brown, ou encore Chance the Rapper.

Interviewée par Les Inrockuptibles en mars 2019, Doja Cat explique :

“Cette chanson est vraiment partie d’une inside joke que j’ai faite pendant un de mes lives Instagram. Je ne faisais que répéter les paroles en riant, mais les gens aimaient vraiment. Et je répétais : ‘Non mais c’est pas possible les gars, je ne vais pas enregistrer ça, je veux faire des choses sérieuses, moi’. Mais elle est restée bloquée dans ma tête, je ne pouvais littéralement pas arrêter de la rapper. Alors ça a donné ‘Mooo !’. J’ai enregistré la chanson, j’ai tourné le clip dans ma chambre avec un drap vert, et il faut croire que le côté complètement décalé de ce truc a marqué l’esprit des gens”.

Revers de médaille pour Doja Cat

Après la sortie de son album en mars et son single décalé explosif en août, plus rien ne peut arrêter Doja Cat. Plus rien, sauf une polémique. En septembre 2018, la jeune rappeuse est au coeur d’une controverse sur les réseaux sociaux. En remontant dans le temps, des internautes découvrent alors des tweets datant de 2015 où elle emploie le terme homophobe “faggot” (p*dale en français) pour décrire le duo d’artiste formé par Tyler, the Creator et Earl Sweatshirt.

Sur Twitter, elle décide de répondre à ces accusations raconte le média américain Billboard, ce qui ne fait qu’envenimer le débat :

“J’ai appelé quelques personnes des p*dales en 2015 lorsque j’étais au lycée, cela signifie que je ne mérite pas de soutien ? Je dis ‘p*dale’ au moins quinze mille fois dans ma vie. Est-ce que dire ‘p*dale’ signifie détester les homosexuels ? Est-ce que je déteste les homosexuels ? Je ne pense pas détester les homosexuels. Gay, c’est ok”.

Après s’être rendue compte de son erreur, elle finit par se confondre en excuses et supprime tous les tweets en question.

Elle se fait discrète et après quelques mois, Doja Cat a fait sa rédemption. Elle est de nouveau sur pied et sort en mars 2019 un version Deluxe de son album Amala. Il comprend trois pistes supplémentaires, dont son titre endiablé “Tia Tamera”. Au final, on ne sait toujours pas si Doja Cat est une vache ou un chat. Une chose est sûre : elle est une artiste unique et pleine de talent !

Par Clément Capot