Les Lyonnais de Décibelles, heureux de jouer à Rock en Seine le dimanche 25 août 2019.
Découverte

Interview Festival : Décibelles, beaucoup de bruit à Rock en Seine

Les Lyonnais de Décibelles, heureux de jouer à Rock en Seine le dimanche 25 août 2019. © Christophe Crénel

Dimanche 25 août, aux alentours de 16 heures, les festivaliers de Rock en Seine ont pu s'en prendre plein les oreilles avec le concert résolument punk et absolument grunge de Décibelles. Comme son nom l'indique, le trio lyonnais joue fort, très fort. Et a accepté de piocher parmi nos questions spéciales festival quelques heures après. Mais sans crier, cette fois. Enfin, pas trop...

Votre tout premier festival en tant que spectateur, c'était quoi ?

Guillaume (basse) : Eh bah c'était Rock en Seine, en 2010 ! Il y avait Blink-182... Ohlala il y avait Blink-182, ils étaient tout gros ! (rires) Il y avait Queens of the Stone Age... Je ne me souviens plus de grand chose en même temps... Arcade Fire que je n'ai pas vu et que j'aurais dû voir, Foals à l'époque où Foals c'était bien. Non pardon, j'adore Foals ! Et il y avait aussi plein d'autres trucs dont je ne me souviens pas. Donc là il y a une espèce de boucle qui se boucle, c'est génial.

Le truc le plus cool dans un festival ?

Sabrina (guitare-chant) : La bière et les potes ! (rires)

Le festival que vous rêveriez de faire en tant qu'artistes ?

Fanny (batterie-chant) : Le Coachella ! Non je rigole. Franchement, je ne sais pas, on en fait plein de biens, et je n'arrive pas à trouver... On en parlait tout à l'heure et le Cabaret Vert me paraît être une bonne option. Comme ça s'ils lisent l'interview ils saisiront la perche ! (rires)

Sabrina : Ils avaient posé une option pour cette année d'ailleurs.

Le truc le plus fou qui vous soit arrivé sur scène ?

Sabrina : C'est pour moi ça ! (rires)

Guillaume (qui a pioché la question, ndlr) : Je la donne à Sab !

Sabrina : Alors c'est tomber et me faire une entorse à la cheville. Et c'était horrible parce que je suis vraiment tombée comme une m**** sur la bassiste de l'époque, qui était Julia. Il faut savoir que je suis assez maladroite, que je tombe assez souvent et que j'ai des problèmes de chevilles. Et ce qui était horrible, c'est que j'avais cassé une corde en tombant sur ma guitare ! Je suis remontée, on ne s'est pas arrêté, et j'ai regardé Fanny en lui disant : "Je suis tombée ! je suis tombée !" Et Fanny, qui était à la batterie, évitait mon regard, cette garce, parce qu'elle avait trop la honte pour moi ! (rires)

Fanny : Je ne savais pas ce qu'il fallait faire (rires). Je n'avais pas vu la chute, je ne savais pas si elle était tombée, si elle l'avait fait exprès, et comment elle avait pu se relever aussi vite, et comme je n'avais pas vu tout ça, je ne savais plus où me foutre. (rires)

Sabrina : Et après j'ai dû demander de la glace et j'ai fini la tournée en attelle. Mais ce n'est pas la première fois que ça m'arrivait...

Fanny : Mais elle a quand même fini le concert sur ses deux pieds !

Sabrina : C'est la honte quand même...

Comment avez-vous choisi votre setlist ?

Guillaume : Une fois que l'album a été enregistré et qu'on a commencé les concerts, on a fait des répètes pour peaufiner tout ça. D'ailleurs on n'a pas fait beaucoup de changements depuis qu'on a mis ça en place. On trouve que c'est une setlist qui défonce et on en est très content.

Est-ce que vous changez la setlist selon là où vous jouez ?

Guillaume : Oui, parce que des fois on a une heure de concert et des fois 40 minutes. Alors on ne change pas vraiment l'ordre, mais on retire plutôt des morceaux.

Sabrina : Et puis ça dépend de si on a la flemme ou pas...

Le truc le plus relou dans un festival ?

Fanny : La liste est longue (rires). Moi je trouve que le truc un peu relou dans les festivals c'est le coté marathon, de s'enquiller sept ou huit concerts, je trouve qu'on n'en profite pas très bien. Autant en choisir un ou deux dans le festival et les faire à fond. En tant qu'artiste, le truc le plus relou je dirais que c'est quand ce n'est pas bien organisé et qu'il faut courir partout, et quand on est un tout petit groupe et qu'on ne s'occupe pas forcément de nous.

La réponse qu'on nous donne le plus souvent, c'est "les toilettes"...

Fanny : Oh my God j'ai oublié de le dire ! Les toilettes sèches, c'est la chose la pire au monde, surtout quand t'enchaînes les festivals (rires).

Vous avez réagi comment quand vous avez découvert que vous jouiez en même temps que Two Door Cinema Club ?

Fanny : On s'en fichait. En vrai on s'est même dit "tant mieux", parce que le public... Bon, même si nous on n'a pas trop de public ici, c'est plutôt des gens qui nous découvrent...

Sabrina : Il y avait un petit public qui nous connaissait quand même, qui chantait les paroles.

Fanny : Ouais un petit public qui nous connaissait. Mais après on s'était dit que de toute façon ce n'était pas le même public que celui de Two Door Cinema Club, donc que ça n'allait peut-être pas trop nous gêner.

Sabrina de Décibelles sur la scène Firstone de Rock en Seine le 25 août 2019
Sabrina de Décibelles sur la scène Firstone de Rock en Seine le 25 août 2019 © Christophe Crénel

Est-ce que vous voyez un public différent justement, depuis la sortie de votre album Rock Français ?

Guillaume : Ça va de plus en plus. Je ne sais pas si on a récupéré une fanbase, mais c'est vrai que là, au concert de Rock en Seine, il y a eu des bonnes surprises : des gens qui connaissaient les paroles, apparemment il y avait des gens avec une pancarte...

Sabrina : Ouais, avec marqué dessus qu'ils nous aimaient !

Guillaume : Je trouve que les festivaliers jouent grave le jeu et c'est cool.

Fanny : On a une fanbase en Allemagne, assez grosse. Et ça fait plaisir de voir qu'en France, c'est un petit peu en train de prendre. Mais ça prend vraiment grâce aux concerts, j'ai l'impression, et peu grâce à la presse. J'ai l'impression que les gens ont besoin du concert...

Est-ce qu'en décidant de chanter en français vous pensez que ça vous a donné plus de visibilité ?

Sabrina : On espère, c'est aussi pour ça qu'on l'a fait. En réalité je pense aussi que c'est parce qu'on a plus de dates en France, parce qu'on est chez Kongfuzi (agence de booking, ndlr) maintenant. On fait plus de concerts, on s'est fait un peu plus connaître en faisant des supports pour Shellac, et tout ça, ça joue. Et quelqu'un qui s'occupe de nous aussi, mine de rien, pour nous programmer les interviews... Donc plus de personnes parlent de nous, et c'est un tout quoi. Mais c'est les live en vrai qui font quand même vivre le groupe.

C'était comment d'enregistrer avec Steve Albini (Nirvana, Pixies) ?

Sabrina : Mais il est a-do-rable !

Fanny : Il est vraiment trop gentil, c'était trop bien d'enregistrer là-bas.

Guillaume : En vrai Steve Albini il est juste relou quand il répond à des trucs. Et la presse adore ça, parce qu'il fait des punchlines, il s'en fout de tout, mais il est trop sympa ce mec.

Sabrina : En fait il nous aime bien, on s'entend super bien, on sait comment communiquer ensemble et du coup ça a été hyper agréable de travailler avec lui. En fait il ne va pas te driver ni rien. Il te fait vraiment prendre confiance en toi.

Fanny : Il se fait tout petit, c'est tout pour le groupe. Il ne va jamais te dire comment il faut faire ça ou ça, on ne se rend pas compte qu'il est là. Mis à part le son (rires).

Retrouvez Décibelles, et d'autres, dans notre live report de la dernière journée de Rock en Seine 2019 !

Par Sébastien Delecroix et Jessica Rat