Kitchies, un petit groupe de boute-en-train venu de Nice.
Découverte

Interview Festival : Kitchies sonne "la fin de l’été", dans la bonne humeur

Kitchies, un petit groupe de boute-en-train venu de Nice. © DR

Le deuxième jour de Rock en Seine, on a vu… Corneille. Mais il n’était pas là pour chanter, non, seulement présenter un groupe qui a remporté le concours Music Talents de Firestone. C’est donc Kitchies, quatuor de Niçois, qui a ensuite émergé, aux alentours de 17 heures, sur la scène sponsorisée par la marque de pneumatiques. Quelques heures après leur set, cho-cho-ka-ka-o (ou plutôt "pa-pa-yé-co-co"), ils répondaient aux questions de notre interview, édition spéciale festival. Des questions que Jonathan (le chanteur), Arnaud (le guitariste), Yannick (le batteur) et Florent (le bassiste) ont piochées au hasard, tour à tour !

Le public de Rock en Seine, il est comment ?

Jonathan : Eh bah le public de Rock en Seine, il nous a refait notre journée en fait. Comme je l’ai dit sur scène, on était la veille dans un festival où on a été un peu frustrés de ne pas avoir joué le temps qu’on voulait à cause d’un retard… Donc on est partis la nuit, on n’a pas dormi beaucoup puisqu’on est partis de Nice à minuit. On a roulé, on est arrivés à 10 heures du mat’ ici et on est refaits parce que c’est un super festival. Et quand on est arrivés devant la scène Firestone et qu’on a vu qu’il y avait déjà du monde, que le monde est resté, que certaines personnes sont venues, que ça a dansé… On n'a plus de voix, c’est qu’on a aussi donné, je pense qu’il y a eu un juste retour des choses. C’est un top public, et pourtant on est Niçois et c’est des Parisiens… Mais, top public ! (rires) Ils ont su nous accueillir, carrément.

Votre tout premier festival en tant que spectateur, c’était quoi ?

Arnaud : Bah je crois que je n’ai jamais fait de festival en fait, en spectateur…

Jonathan : Ohlala ! Même niçois, même local ? Genre le Crazy Week ?

Arnaud : Ah ouais j’ai fait le Crazy Week, mais ce n’est pas un "vrai" festival. J’étais allé voir Skip The Use et… Kitchies ! Parce qu’à l’époque je n’étais pas dedans. Vu que je suis le frère du bassiste, j’ai eu des petits privilèges… (Il s’adresse aux autres membres du groupe:) Ça a été, on va dire, les premières grosses scènes que j’ai vues, de vous, avant de vous rejoindre !

3 conseils pour profiter au max d’un festival ?

Yannick : Il peut y avoir plein de choses… Déjà choisir une prog’ qu’on aime, y aller avec pas mal d’amis, et pouvoir mettre de l’argent sur son cashless, je pense que c’est pas mal aussi ! (rires)

Jonathan : Avoir un cashless rempli !

Yannick : Un cashless rempli peut donner de la suite dans les idées donc ça peut être cool. Et voilà, je pense que c’est bon, ça fait trois !

Jonathan, Yannick, Florent et Arnaud, les quatre Niçois du groupe Kitchies.
Jonathan, Yannick, Florent et Arnaud, les quatre Niçois du groupe Kitchies. © Jessica Rat / SFR Actus

Votre pire souvenir… de festival ?

Florent : J’ai bugué en lisant la question mais cette réponse est facile pour tout le monde… Ce sera le festival des Nuits du Sud, qui était notre tout premier festival en fait, le tout premier festival où on a joué. C’était donc à Vence. On venait de rentrer d’Angleterre – où on a vécu 6 mois – et en fait on s’était inscrits depuis là-bas à des tremplins en France. On avait été sélectionnés pour les Nuits du Sud à Vence, on est arrivés à la finale au festival devant 2 000 personnes, et au premier morceau le guitariste a cassé une corde. Ce sont des choses qui arrivent. Mais on avait un guitare tech derrière qui prenait les cordes et les remplaçait, et en fait il a réaccordé la guitare mais pas dans les bonnes tonalités… Donc quand le guitariste s’est remis à jouer on était totalement désaccordés entre nous. C’était notre premier festival, donc on n’avait pas forcément l’expérience pour réagir dans les délais. On devait jouer cinq morceaux, on en a passé trois et demi à s’accorder, et un à pouvoir vraiment jouer. Donc c’était la catastrophe. On a failli arrêté la musique à ce moment-là (rires) ! On s’est dit : "C’est ça la musique ? C’est très dur !" Mais ça nous a forgés du coup.

Jonathan : C’est en forgeant…

Florent : …qu’on devient forgeron ! Merci.

Le truc le plus relou dans un festival, c’est…

Jonathan : Les médias ! (rires) Oh dis donc ! Non, ceci est une boutade. Le truc le plus relou dans un festival… (Il réfléchit) Tout était parfait aujourd’hui… Ah ! Quand, le premier jour, t’es un peu tributaire de l’ouverture du festoch – ça nous est arrivé plusieurs fois. Quand t’es le groupe qui ouvre la programmation du jour, t’es le groupe qui trinque. Quand t’as la surprise, que t’as tout installé, que t’es prêt à jouer et qu’on te dit : "Oh m****, problème !" Et que voilà, tu te retrouves à ne pas jouer ou à jouer décalé, t’es plus dedans quoi. Mine de rien, le moment avant de monter sur scène est aussi important pour nous. Donc je dirais que c’est ça, quand t’as une orga qui n’est pas ficelée et que du coup bah… tu trinques. Ou alors avec les groupes aussi qui prennent du temps sur leurs balances parce que c’est des gros noms, et toi t’arrives derrière, t’es pas un gros nom, il te reste cinq minutes et tu fais avec.

La chanson de votre répertoire qui fait le plus bouger le public ?

Arnaud : Il y en a beaucoup je dirais. Summer Ends, c’est peut-être la plus connue vu qu’on a le clip et qu’on a beaucoup communiqué sur ce single. Du coup clairement je pense que c’est celle qui plaît le plus, parce que c’est celle qui est la plus entendue. Après, il y en a d’autres qui sont aussi bien et qui font autant bouger le public, voire plus des fois, surtout quand on ne nous connaît pas. Dans ce cas je dirais Papaye et Coco, et Montego Bay. Voilà, ce sont nos trois titres qui nous correspondent vraiment dans le style, dans la façon de jouer, la façon de se donner sur la scène aussi.

Le truc le plus cool dans un festival, c’est…

Yannick : Les médias, évidemment ! Comme on s’y retrouve ! (rires) Bah le truc le plus cool dans un festival, pour moi, c’est de pouvoir jouer sur des scènes énormes, avec un système son dont tu rêves quand t’es gamin. Parce que tu vas voir des concerts, des festivals, et tu te dis : "Un jour j’aimerais monter sur une scène avec autant de kilowatts et pouvoir m’amuser avec mes potes !" Voilà, le but c’est de rechercher la plus grosse scène avec le meilleur son pour pouvoir vraiment s’éclater, avoir le plus de monde possible. Je pense que ça reste, pour moi, la meilleure chose.

Quels groupes avez-vous vus ou auriez-vous aimé voir à Rock en Seine ?

Florent : Eh bien, on n’est allés voir aucun groupe aujourd’hui, et donc on aurait aimé voir… Moi j’aurais aimé voir Louis Cole, je suis fan, mais il jouait en même temps que nous en fait. Donc ça c’était sûr que c’était raté. Et après, Jungle. On aimerait voir Jungle… et ça commence maintenant ! Sinon c’est demain pour nous la plus grosse programmation, parce qu’il y aura Foals, Royal Blood, Two Door Cinema Club… Ce sont les groupes qui nous correspondent un peu plus. Mais ouais, il y avait une bonne petite prog’ cette année quand même.

Citez-nous 3 festivals à faire au moins une fois dans la vie…

Jonathan : Le Sziget, fait, et je le referai l’année prochaine. Je dirais ensuite le Hellfest, parce que c’est la référence dans son style de musique et c’est vraiment énorme. Et alors pour le dernier, le Great Escape, un festival itinérant à Brighton mais comme on y a vécu c’est purement subjectif… Donc Sziget et Hellfest, top festivals. Et Rock en Seine bien sûr !

C’était comment sur scène ?

Arnaud : C’était en bois, il y avait une petite stage pour la batterie… Nan, c’était ouf hein. C’était la bagarre un peu (rires). Clairement il y avait une bonne ambiance, il y a même eu un pogo ! Un gros pogo alors que ce n’est pas du tout notre style, mais c’est grave cool ! Franchement c’était ouf, merci Firestone.

Comment avez-vous choisi votre setlist ?

Arnaud : Ah tu l’as piochée celle-là ! Je l’ai eue tout à l’heure mais je l’ai rangée vite… (rires)

Yannick : C’est une question commune hein ! On la choisit ensemble, voilà, on essaie de faire en sorte que ce soit le plus cohérent possible. Et faire en sorte de garder les gens le plus éveillés possible pendant le live parce que, vu qu’on est un groupe pas connu, qui essaie de se développer et de se présenter à chaque scène qu’on fait, il faut qu’on soit le plus efficaces possible. Donc on essaie de calculer et de faire en sorte que les morceaux soient le mieux représentés en live. Et évidemment essayer de faire des moments forts, essayer de rester toujours le plus haut possible. Voilà.

La chanson idéale pour découvrir votre groupe ?

Jonathan : Ohlala, quel hasard !

Florent : Le hasard fait bien les choses, ohlala je ne sais pas quoi dire ! (Oui, bon, on le soupçonne d’avoir un peu triché…) Bah je dirais Summer Ends, c’est facile. C’est notre single, tout le monde le connaît (rires) ! C’est le morceau qui nous représente le plus, là où on a toutes les parties qu’on aime dans la musique. Le côté énergie, dansant, il y a toutes les voix… Donc c’est ce qui nous représente le plus dans chaque domaine de notre style. Et c’est le morceau le plus accessible, pop, commercial, c’est un single, c’est un tube !

Retrouvez Kitchies (parmi d'autres !) dans notre live report de la deuxième journée de Rock en Seine 2019 !

Par Sébastien Delecroix et Jessica Rat