Lors du Festival Chorus à la Seine Musicale, le duo electro Oktober Lieber a remporté le Prix Chorus
Découverte

Zoom sur le Prix Chorus des Hauts-de-Seine

Lors du Festival Chorus à la Seine Musicale, le duo electro Oktober Lieber a remporté le Prix Chorus © Titouan Massé

Alors que Shaka Ponk, Fatboy Slim ou Tricky sont les têtes d’affiche du Festival Chorus 2019, des artistes ont la chance de s’y produire devant une foule pas comme les autres…

Gros son et cour de récréation

Intégré au festival plutôt qu’en marge de celui-ci, ce tremplin a déjà révélé des artistes comme Christine and the Queens ou Feu! Chatterton!. Plutôt pas mal. En décembre 2018, 10 candidats présélectionnés ont ainsi pu jouer devant un jury de professionnels de la musique actuelle : tourneurs, éditeurs, producteurs…

Cinq artistes ont ainsi été choisis, et ont l’opportunité de se produire sur l’affiche du premier soir. Même si un vendredi, débuter un concert à 18h00 peut tout à fait ressembler à un piège. Mikano, premier à passer, débutera avec 10 minutes de retard. Peut-être pour laisser aux gens le temps d’arriver. Car la salle appelée Club Riffx est bien vide à l’horaire initial. En même temps, quand on ne connaît pas la Seine Musicale, le lieu peut davantage avoir des allures de centre commercial que de salle de concerts… Le personnel, conséquent, a dû être sollicité à de nombreuses reprises pour donner quelques orientations à des spectateurs qui arrivent au compte-gouttes tandis que Mikano a commencé son set, avec son DJ et producteur sur scène pour l’accompagner.

Le son est gros, passe du hip-hop à l’electro et le chanteur énergique pose son flow, jouant devant 30 personnes comme devant 500. Et puis le tournant de la soirée opère : quatre classes de collégiens ont été invités pour assister aux concerts du prix Chorus. Et autant dire que l’ambiance va monter de plusieurs crans. Les jeunes sont là pour s’éclater, dansent, courent, sautent et crient avec fougue. Mikano a enfin dans la fosse la réponse à l’énergie qu’il met sur scène, et il peut partir sous les acclamations de ses jeunes fans, conquis, qui crient son nom à la fin de ce premier set.

La sécurité obligée d’intervenir

On enchaîne avec Joahn Papa Constantino, sur la scène du Club Tutti. Il faut trouver quel couloir emprunter pour pouvoir s’y rendre. L’endroit est vraiment surprenant. Si quand vous pensez “festival”, vous imaginez de grandes scènes en plein air et de la boue jusqu’aux genoux, autant dire que le Festival Chorus, dans son bel écrin tout neuf, est l’exact opposé.

Le chanteur est en solo et balance lui aussi des beats d’inspiration electro, en jouant également du luth. De nombreux riffs d’inspiration moyen-orientale viennent agrémenter ces morceaux, au style parfois proche de ce que peut faire Eddy de Pretto. C’est juste dommage de chanter en français, mais que l’on ne comprenne rien aux paroles… Un problème que ne connaît pas le duo suivant, Dampa, puisque chantant en anglais. On retourne donc au Club Riffx pour découvrir une chanteuse et un DJ, dans une ambiance trip-hop, alternant entre phases planantes et autres plus vénères, avec un chant stylé n’hésitant pas à rapper de temps à autres. La réponse est bonne, les collégiens continuent de s’éclater, et les selfies se multiplient, dans la salle comme en coulisses, les jeunes supporters motivés désireux de se prendre en photo avec leurs idoles de la soirée.

L’ambiance se calme un peu pour Faroe, au Club Tutti. Dans un style plus pop que des camarades, il semble moins intéresser les collégiens, massivement assis le long d’un mur, et qui n’hésitent pas à parler très fort. Ce qui obligera carrément un membre de la sécurité à intervenir pour leur dire de faire un peu moins de bruit. Au moins, Faroe pourra dire que la sécurité a dû intervenir pour calmer le public pendant son set. Sans avoir le contexte, ça peut impressionner…

Et le vainqueur est...

Dernier groupe du prix Chorus à se présenter, le duo féminin Oktober Lieber débarque, sapé comme Jeanne Mas, mais sans le rouge. Donc, tout en noir. Comme leur nom pouvait sembler l’indiquer, elles vont taper dans un registre plus indus, enchaînant des séquences tantôt inspirées de l’electro, tantôt laissant deviner des inspirations davantage post-punk. La magie semble opérer, les collégiens se déchaînant, et les adultes se lâchant également. Est-ce dû à l’horaire, plus propice au dancefloor, à l’alcool ou à la musique ? Sans doute un savant mélange des trois. Toujours est-il que l’adhésion dans la salle est totale, au regard des têtes qui bougent et autres corps qui oscillent au rythme des mélodies vaporeuses et cold wave envoyées par Oktober Lieber… Qui remporte d’ailleurs le prix Chorus 2019, après avoir rencontré, comme les autres artistes, le jury professionnel. Un succès plutôt logique. Tout comme le “coup de cœur des collégiens”, attribué à Mikano. Franchement, on s’en doutait. Retenez donc bien ces noms, il se pourrait que vous en entendiez encore parler durant les prochaines années…

Par Sébastien Delecroix