Le groupe islandais Hatari lors de la finale des sélections à Laugardalsholl, pour représenter l’Islande à l’Eurovision 2019.
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Eurovision : l’Islande bannie du concours ?

Le groupe islandais Hatari lors de la finale des sélections à Laugardalsholl, pour représenter l’Islande à l’Eurovision 2019. © Mummi Lu

Pour l’Eurovision 2019, les membres d’Hatari ont fait parler d’eux et pas qu’en bien. Le groupe a-t-il banni son pays du concours européen de la chanson ?

Un groupe de techno-pop bondage. Sur le papier, Hatari fait rêver. Certes, ce n’est pas notre genre de musique favori, mais c’est assez original et inattendu pour titiller notre curiosité. À l’image de Lordi en 2006, on voyait déjà ce groupe remporter l’Eurovision cette année. Pour nous prouver une bonne fois pour toutes que ce qui paie, c’est la différence. Mais c’est tout l’inverse qui s’est produit. Non-seulement c’est un chanteur hollandais qui ne sort pas de la norme qui a raflé le trophée, mais en plus, le groupe islandais a fait de la mauvaise presse à son pays auprès du comité d’organisation de l’Eurovision. L’Islande est-elle bannie du concours ? La rédaction vous explique la polémique.

Hatari, les rois de la polémique

Déjà avant le début de l’Eurovision, alors que leur participation venait tout juste d’être dévoilée, les membres du groupe multiplient les provocations. Pro-palestiniens, ils proposent notamment d’affronter Benyamin Netanyahou dans un combat de glima, lutte traditionnelle islandaise. Résultat : le Premier ministre israélien n’accepte pas leur offre et l’État envisage sérieusement d’interdire l’accès du groupe au territoire. Ils finissent tout de même par obtenir leur visa pour continuer leurs provocations directement à Jérusalem.

Le drapeau palestinien de trop ?

Hatari a bien décidé de continuer sur sa lancée ! Une fois arrivée en finale de l’Eurovision, le groupe effectue ce que le comité estime être le dérapage de trop et qui pourrait bien coûter au pays sa place au concours.

En plein décompte des points, un peu avant une heure du matin, les caméras se braquent sur le groupe alors que l’Islande s’apprête à recevoir les points attribués par les télévotes. Ils apparaissent dans la petite fenêtre télévisée qui leur est dédiée, brandissant des écharpes aux couleurs de la Palestine.

Un acte qui leur vaut les huées et sifflets du public israélien, mais qui pourrait également compromettre la participation future de l’Islande à l’Eurovision.

L’Islande bannie de l’Eurovision ?

En direct sur France 2, Stéphane Bern qui commente la retransmission de la soirée le dit lui-même à l’antenne : “pas de politique à l’Eurovision”. Et le règlement de l’Eurovision lui donne raison : il s’agit d’un concours apolitique. En brandissant ces bannières, le groupe aurait alors fait preuve d’une sensibilité politique pro-palestinienne et ils pourraient encourir une sanction.

Pour Eldad Koblenz, le patron de la radiodiffusion publique israélienne interrogé par Reuters, a annoncé que “les Islandais seront apparemment punis par l’Union européenne de radio-télévision, qui n’est vraiment pas tolérante envers ceux qui violent ses règles”. Mais quelle sanction ? Au programme, l’Islande pourrait écoper d’une amende financière dans le meilleur des cas, d’une disqualification, dans le pire des cas.

Mais ils ne sont pas les seuls à avoir revendiqué leurs opinions politique. Lors de la prestation de Madonna, on a pu apercevoir sur le dos de deux de ses danseurs un drapeau israélien pour l’un, un drapeau palestinien pour l’autre. Décidément, l’Eurovision de cette année était plein de remous et de polémiques. L’édition 2020 aux Pays-Bas devrait être plus paisible.

Source : Reuters

Par Clément Capot