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Interview Biffy Clyro : "Comme les Beach Boys, en plus massif"

Pour la sortie du nouvel album de Biffy Clyro, nous avons pu parler avec James, à droite sur la photo. © Warner Music

Le groupe de rock écossais Biffy Clyro est de retour avec un nouvel album, A Celebration of Endings, dans lequel le trio continue d'enchaîner les tubes. Nous avons pu en parler, depuis l'Écosse mais seulement par téléphone, évidemment, avec James, le bassiste passionné du groupe.

2020 est une année un peu compliquée pour tout le monde : comment vas-tu ?

Je vais bien, même si c'est vrai que la situation est un peu étrange. Cela fait des mois que nous sommes confinés, et que je n'ai pas pu voir mes frères du groupe. À la base, A Celebration of Endings devait sortir au mois de mai, mais à cause de tout ce qui se passe, la sortie a été repoussée au mois d'août. C'est vraiment bizarre à vivre, parce que j'aimerais que ces chansons soient déjà entendues par tout le monde, et être sur la route pour faire de la musique avec Biffy Clyro, mais il faut encore attendre. Mais les gens ont été si gentils, si patients, si compréhensifs, quand on a annoncé que l'album sortirait avec du retard. Ça m'a vraiment fait chaud au cœur !

C'est marrant, tu as parlé de "tes frères" du groupe... Ben (le batteur) l'est vraiment, et tu considères donc également Simon (guitariste-chanteur) comme tel ?

Oui, totalement. On joue ensemble depuis qu'on a 7 ans, et on a passé beaucoup plus de notre vie ensemble dans le groupe que séparément. Je trouve ça important que l'on soit si proches, ça nous permet de pouvoir continuer à faire ce que l'on souhaite, en sachant que quoiqu'il puisse arriver, on restera soudé. C'est aussi ce lien qui nous unit qui nous permet de pouvoir avoir notre indépendance, aussi bien en termes de musique que de décisions.

Pourquoi avoir choisi d'appeler cet album "A Celebration of Endings" ?

On a l'impression que les choses sont sur le point de se terminer, qu'un nouveau cycle va bientôt commencer. Et ce ne sont sûrement pas les derniers mois qui vont nous faire penser le contraire (rires). Dans la société actuelle, il y a beaucoup de choses qui se sont perdues, comme la compassion. Et on aimerait que ce mauvais état d'esprit se termine enfin. Pourtant, on a enregistré l'album avant la crise du Coronavirus (rires). On voulait aussi que les thèmes abordés dans l'album soient assez universels, et puissent évoquer toutes les sortes de fin, comme les ruptures, ces moments où on met fin à une relation qui était toxique, et que l'on se sent tellement soulagé que l'on a envie de fêter cette fin. La fin n'est pas forcément une mauvaise chose, il y a des fins que l'on peut célébrer.

On retrouve sur ce nouvel album ce qui fait la force de Biffy Clyro, à savoir des refrains épiques : est-ce que c'est la première chose que vous recherchez au moment de composer ?

Oui, c'est clairement quelque chose qui fait partie de l'ADN du groupe. Depuis le début, la mélodie a toujours été ce qu'il y avait de plus important pour nous. Même avec des riffs bien heavy dans les chansons, on cherche toujours à ce qu'il y ait une mélodie entraînante. Quand on compose, c'est toujours quelque chose que l'on a en tête : ajouter des chœurs sur les refrains pour qu'ils soient le plus puissant possible, mais c'est vrai que ça devient encore plus naturel avec le temps. Comme les Beach Boys, mais en plus massif ! (rires)

Il y a une histoire sympa derrière l'enregistrement des cordes pour la chanson "The Champ"...

Oh que oui : nous nous sommes retrouvés à Abbey Road, dans le studio mythique qui a vu passer les Beatles. Autant dire que pour un groupe de rock comme nous, pouvoir aller dans un tel endroit, et enregistrer là-bas, ça fait vraiment quelque chose. The Champ est une chanson qui commence au piano, qui a vraiment quelque chose de très cinématographique, alors pour rendre ça encore plus épique, on a voulu mettre des cordes, et c'était incroyable de pouvoir le faire là-bas.

Depuis le début, vous avez été comparés à des groupes américains. Est-ce que tu penses que vivre en Écosse a une influence sur votre musique ?

Oui, être Écossais est quelque chose qui joue énormément pour les artistes du pays, car il y a un gros héritage culturel. Ça se ressent particulièrement dans la musique. Notre chanteur et guitariste Simon a grandi en jouant du violon, et appris les airs traditionnels écossais. On retrouve dans les paroles des chansons folkloriques un esprit d'indépendance qui nous correspond bien également. Mais d'un autre côté, on a grandi en écoutant des groupes américains, comme Soundgarden, Rage Against the Machine et Nirvana. Alors niveau musique, nos influences sont plutôt là-bas, mais pour les paroles ou même notre mode de vie, grandir en Écosse a définitivement eu une influence, oui.

Quelle est ta chanson préférée sur cet album, et pourquoi ?

Il y en a beaucoup que j'adore, mais je crois que je vais dire Cop Syrup, la dernière. C'est une chanson vraiment dingue, qui dure 6 minutes, et qui est vraiment un voyage du début à la fin. Elle fait passer par de nombreux états, avec des paroles où Simon hurle "f*** everybody", avant un final plus calme, que je trouve grandiose, et qui a quelque chose de très cinématographique. C'est vraiment un titre parfait pour finir un album, et j'en suis très fier. C'est une chanson très ambitieuse, que l'on n'aurait sans doute pas pu faire avant...

C'est comment d'être dans un groupe avec son frère ? Ça facilite la vie, ou on a encore plus peur de créer des tensions ?

Ah, je vois ce que tu veux dire. Mais le truc, c'est que je n'ai eu qu'un seul groupe, alors je ne vais pas pouvoir avoir de point de comparaison. Pour nous, ça se passe très bien. Être dans un groupe ensemble nous permet de passer beaucoup de temps sur la route, et on se connaît parfaitement bien. On s'aimait avant d'être dans un groupe, et on a très vite eu la même envie de faire de la musique ensemble. Ce que beaucoup de frères font quand ils vivent ensemble, avant de prendre des directions séparées, nous on continue toujours à le faire, et rien ne pourrait me faire plus plaisir.

Vous n'êtes pas les Gallagher quoi...

(Rires) Non, nous ne sommes pas les Gallagher. En fait, ça me rend triste toutes leurs histoires. Quand on entend tout ce qu'ils racontent l'un sur l'autre, on a envie d'en rire, mais dans le fond, c'est vraiment triste de se détester autant entre frères...

Biffy Clyro fête ses 25 ans cette année : est-ce que tu aurais pu imaginer cela, en 1995 ?

Oooooh le coup de vieux (rires). En fait, oui. Si en 1995 on nous avait demandé : "Est-ce que vous vous imaginez toujours en train de jouer de la musique, et avoir un groupe de rock dans 25 ans ?", on aurait sûrement répondu : "Évidemment" ! C'était notre rêve à tous les trois, et on a toujours tout fait pour pouvoir faire de la musique ensemble.

Après le report de l'album, qui sort finalement le 14 août, c'est la tournée prévue cet automne qui est repoussée...

Oui, c'est vraiment dommage. Du coup pour marquer le coup et faire quelque chose de spécial pour la sortie de l'album, nous allons donner un concert à Glasgow le 15 août, dans l'une des plus belles salles de la ville, et ce sera retransmis en direct sur Internet. On travaille beaucoup là-dessus, la production est énorme, il y aura même un orchestre symphonique pour nous accompagner a priori. On jouera tout le nouvel album, et bien sûr des chansons que les gens veulent toujours entendre aussi...

Pour finir, selon toi, quel est le meilleur endroit, la meileure situation, pour écouter et apprécier "A Celebration of Endings" ?

C'est une question difficile... Il y a encore quelques temps j'aurais dit à la maison, dans une fête, avec des amis autour de soi et le volume à fond. Là j'ai envie de dire : en solo, avec un casque. Il y a beaucoup d'éléments dans cet album que l'on va davantage apprécier en écoutant attentivement, au casque. Mais une fois cette première écoute faite, on peut le mettre sur les enceintes avec le volume à fond, et inviter ses amis !

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Sébastien Delecroix
Sébastien Delecroix Rédacteur