Le groupe Hatari, candidat pour l’Islande à l’Eurovision 2019, sur la scène d’Haskolabio.
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L’Islande peut-elle remporter l’Eurovision cette année ?

Le groupe Hatari, candidat pour l’Islande à l’Eurovision 2019, sur la scène d’Haskolabio. © Mummi Lu

Représentée par son groupe complètement décalé Hatari, faut-il envisager la possibilité que l’Islande remporte l’Eurovision en 2019 pour la première fois ?

Et si l’année prochaine, l’Eurovision prenait place à Reykjavik ? Une idée pas si absurde que ça. Une chose est sûre, ce serait une première historique. En 33 ans, l’Islande n’a jamais réussi à remporter la compétition. Pourtant, l’île nordique n’est pas passée loin de la victoire à plusieurs reprises.

En 1999, elle se place en seconde position, représentée par la chanteuse Selma. Dix ans plus tard, avec Yohanna, le pays se place en première position de sa demi-finale. Partant favori pour la suite, elle échoue lors de la grande finale face à la Norvège. S’en suit une série de mauvais classements et depuis 2015, les artistes islandais n’ont plus réussi à accéder à la phase finale. Mais cette année, tout pourrait changer !

Hatari, la carte de l’audace

Comment conjurer le sort de plusieurs années de malchance ? L’Islande a décidé de tenter une approche toute particulière : jouer la carte de l’inattendu, de l’audace. Lors des dernières éditions, le pays avait présenté des candidats relativement lisses. Des gendres modèles, des jeunes filles au pair, des candidats calmes, mesurés, épurés, un peu pop mais pas trop. Avec Hatari, c’est complètement différent. Hors de la boîte, surprenant, du point de vue de notre partie de l’Europe, ça ne fait pas Islandais. Et pourtant, ça l’est !

Découvrez leur performance lors de la finale nationale pour comprendre avant que l’on vous parle d’eux plus en détail.

Hatari est donc un groupe de techno-pop bondage. Oui, ça ne veut pas dire grand-chose, mais c’est eux qui se définissent plus ou moins de la sorte. Car la principale caractéristique de ce groupe, c’est qu’ils n’ont pas de caractéristique et qu’ils sont complètement indescriptibles. Interrogés par The Independant, Matthias Haraldsson et Klemens Hannigan, membres du groupe, racontent :

“Nous avons été décrits comme un ‘groupe de performance artistique techno bondage’, comme des ‘cyborgs pseudo-fascistes’, de ‘l’IcePop’, la liste des descriptions est sans fin. [...] Dès que les gens essayent de nous placer dans un genre, instinctivement, on réagit à l’inverse, tout ça pour éviter qu’on nous mette une étiquette. On a commencé avec les cheveux longs en hurlant sur du métal. Notre participation à l’Eurovision est juste une autre de nos expériences”.

De cette expérience, en ressort Hatrið mun sigra, la chanson qu’ils présenteront au concours européen. Un brin excentrique, mais qui nous trotte désormais dans la tête et nous donne envie de nous déhancher. Hatari, c’est aussi le sombre Spillingardans, et quoi qu’il en soit, c’est toujours chanté en Islandais.

L’Islande peut vraiment remporter l’Eurovision ?

La première question qui se pose est de savoir si une chanson comme celle proposée peut remporter le concours européen. Figurez-vous que c’est parfaitement possible. En 2006, le finlandais Lordi triomphait sur du hard rock peu conventionnel. Hatari a donc toutes ses chances.

Il s’agit d’un groupe unique, bien différent des autres concurrents et c’est justement son originalité qui pourrait lui permettre de tirer son épingle du lot et de grimper au sommet de la compétition. Pas sûr que cela plaise à notre Bilal Hassani ou aux grands favoris de la compétition, les Russes. Une chose est sûre, depuis qu’ils ont été sélectionnés pour représenter l’Islande, tous les classements sont chamboulés. Et cela ne va pas en s’arrangeant.

L’autre coup du sort qui joue en leur faveur, c’est que le groupe fait déjà polémique. Et les polémiques, ça fait gagner des points en avance à l’Eurovision. Les membres du groupe ont pris plusieurs fois position en faveur de la cause palestinienne, multipliant les provocations.

Une attitude qui agace Israël, où se déroule l’Eurovision, à tel point que l’État envisage de ne pas accorder de visa aux membre du groupe. En somme, de leur interdire l’accès au territoire et de compromettre leur participation au concours.

À l’heure actuelle, on parle déjà plus d’Hatari que de n’importe quel autre candidat. Couplons leur subversivité et leur originalité à leur sens du spectacle et on obtient une recette gagnante pour rafler la première place. Mais pour gagner, encore faut-il participer !

Pour en savoir plus, il faudra patienter jusqu’à la première demi-finale de l'Eurovision le 14 mai 2019, lors de laquelle l’Islande et 16 autres pays tenteront de se qualifier pour la grande finale !

Sources : The Independant

Par Clément Capot