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Les Foo Fighters changent de formule pour Medecine at Midnight

Les Foo Fighters ont l'air très content de sortir leur nouvel album, Medecine at Midnight © RCA Records

Le nouvel album des Foo Fighters, le groupe culte emmené par Dave Grohl, est sorti le 5 février dernier, et surprend. En bien comme en mal. Une chose est sûre, Medecine at Midnight ne peut pas laisser indifférent, et a été conçu comme un remède à cette période musicale sans concerts... Alors, que penser de ce 10e album du groupe ? Foo Foo ou pas Foo Foo ?

Parmi les groupes de rock les plus respectés au monde, il y a les Foo Fighters. Et pas seulement parce qu'ils viennent de sortir une paire de Vans à leur effigie, au look délicieusement grunge. Non, les Foo Fighters, c'est la suite logique et sublime de Nirvana, avec le batteur Dave Grohl qui enregistre lui-même tous les instruments du premier album, après la mort de Kurt Cobain, en 1994. La suite, c'est une avalanche de tubes, d'albums, de concerts dans des stades, et même un éternel débat : qui est l'homme le plus cool de la planète, Keanu Reeves, ou Dave Grohl ?

Régulièrement aperçu dans la fosse pendant les concerts, semblant ne pas se prendre la tête, et ne se souciant que de la musique, contrairement à beaucoup d'autres rock stars (toutes ?), le bonhomme a un capital sympathie juste énorme. De même que les Foo Fighters. Le genre de groupe qui à Rock en Seine en 2011, arrive sur scène en avance, en disant qu'en festival, ils ne respectent pas les horaires pour jouer le plus longtemps possible, et s'arrêteront quand on leur aura coupé le son. Le rock à l'état pur. Du coup, les fans ont pu pardonner les errements des derniers albums, bien loin des standards remplis de tubes de la première décennie de la formation (les phénoménaux The Colour and the Shape et There is Nothing Left to Lose). Depuis 2011 et un Wasting Light trop sous-estimé, les Foo Fighters cherchent à se renouveler, et sortent des albums très irréguliers, comme Sonic Avenues, enregistré dans 8 villes différentes (et à écouter en ayant regardé le documentaire pour bien l'apprécier), comportant de bons moments et d'autres plus anecdotiques, ou le très étrange Concrete and Gold. Ce nouvel album Medecine at Midnight voit donc les Foo Fighters continuer à vouloir modifier leur formule. Et si elle reste efficace, elle est parfois déroutante...

À la base, pour fêter les 25 ans du groupe, les Foo Fighters voulaient se lancer dans une grande tournée à l'ancienne aux États-Unis, dans le van de l'époque. À la place, ils sortent donc des Vans, et un nouvel album, de 9 titres en 36 petites minutes, avec un an de retard, parce que le groupe a voulu attendre au maximum de voir s'il pouvait partir avec sur la route. On sait bien que ça ne sera pas encore pour 2021. Alors en attendant de les revoir sur scène, on peut écouter ce Medecine at Midnight, clairement plus pop que tout le reste de la discographie du groupe. On le comprend dès l'intro du premier titre, Making A Fire, avec ses chœurs... gospel, assez déroutants. Heureusement, par les riffs de guitare, le groove implacable de Taylor Hawkins à la batterie et bien entendu la voix de Dave Grohl, on reconnaît la touche Foo Fighters. Comme Green Day l'an passé avec son Father of All..., on sent un groupe qui ne veut pas tourner en rond, et cherche à puiser dans toutes ses influences pour s'amuser. Même si le résultat est parfois déconcertant, comme le single Shame Shame, dont les couplets feraient presque penser à une mauvaise B-side de Muse et tournent en rond. Heureusement que comme souvent avec les Foo Fighters, les refrains épiques sont toujours de sortie, destinés à faire chanter les foules dans les stades.

Les Foo Fighters, quelque part entre Motörhead et David Bowie

Pour No Son of Mine, le morceau le plus rock'n'roll de Medecine at Midnight, le fantôme de Lemmy de Mötorhead semble avoir été convoqué, avec un gros riff qui poutre, rappelant le tube Ace of Spades. Cloudspotter sonne comme la rencontre entre un groupe de stoner et une chorale de gospel, Chasing Birds est une chanson très calme et langoureuse, la chanson éponyme a un coté David Bowie très prononcé, et Love Dies Young étonne en terminant le disque avec un riff dansant inattendu (mais efficace) dans une chanson des Foo Fighters. Le groupe semble donc vouloir se faire plaisir, et c'est tout à son honneur. Heureusement, au milieu du disque, on retrouve le gros tube qui va bien, Waiting on a War, avec l'intro à la guitare acoustique et le refrain énormissime, puis la cavalcade finale. Une excellente chanson, qui semble s'être échappée des années 1990, dans la lignée des Best of You ou Times Like These, qui parvient à elle seule à faire le pont entre les deux périodes du groupe, entre le rock pur et dur de la fin des années 1990 et du début des années 2000, et les nombreuses expérimentations qui ont suivi.

Medecine at Midnight n'est pas donc pas le remède parfait, mais au moins, les Foo Fighters ne se contentent pas de sortir un nouvel album générique. Il faut plusieurs écoutes pour apprendre à apprécier tel ou tel morceau, discerner les nombreux ingrédients (la production est énorme), et parvenir à distinguer les effets secondaires qu'il procure. Une bonne ordonnance de rock comme il faut en prescrire de temps en temps...

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Sébastien Delecroix
Sébastien Delecroix Rédacteur