Gigaton, le onzième album du groupe Pearl Jam
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Pearl Jam fait son grand retour avec Gigaton

Gigaton, le onzième album du groupe Pearl Jam © Universal Music Group

En 2020, Pearl Jam a 30 ans. Et pour que la fête soit complète, le groupe de grunge culte de Seattle sort son nouvel album, Gigaton, après sept ans d'absence dans les bacs. Un onzième disque qui vient prouver une nouvelle fois que la confiture de perles, ce n'est pas pour les cochons...

Depuis 1990, Pearl Jam est l'une des têtes d'affiche du paysage rock américain, et donc mondial. Originaire de Seattle, la formation a explosé en même temps que le mouvement grunge, né dans la région, et porté par quatre groupes appelés à devenir légendaires : Alice In Chains, Soundgarden, Pearl Jam donc, et un petit groupe du nom de Nirvana...

Avec plus de 60 millions d'albums vendus à travers le monde et un statut de groupe rock'n'roll incontournable, Pearl Jam est parvenu à s'inscrire dans la durée en ne limitant pas sa musique au seul grunge des années 1990. Entre riffs bien heavy rappelant les années 1970 et Led Zeppelin et énergie post-punk à la Fugazi, le groupe brille par la richesse de ses compositions, mais aussi grâce à la voix si caractéristique de son chanteur, Eddie Vedder. Un timbre profond et chaleureux, qui fait toute la signature vocale du groupe, et le rend reconnaissable dès les premières secondes. Ce que l'on retrouve avec grand plaisir sur Gigaton, où il fait des merveilles sur les couplets de Seven O'Clock, l'un des tubes de l'album, avec une ligne de chant que Bruce Springsteen aurait adoré ajouter à son répertoire...

Le Gigaton étant une unité de mesure d'énergie explosive, on ne s'étonne qu'à moitié de la déflagration sonique constitutée par le tout premier morceau, Who Ever Said, qui avec Superblood Wolfmoon et l'étonnant single Dance of the Clairvoyants forme un tryptique d'ouverture aussi flamboyant que Le Jardin des Délices de Jérôme Bosch. Les guitares de Mike McGready et Stone Gossard sont acérées, et se répondent dans un déluge qui vient rappeler que "sans maîtrise, la puissance n'est rien", tandis que la section rythmique se fait particulièrement massive. Pearl Jam semble être de retour à son meilleur niveau (Quick Escape, Never Destination), après un Lighting Bolt un peu moins efficace sorti en 2013.

Gros son rock, jolies ballades et un peu de new wave

Si le rock est omniprésent, avec l'énorme Quick Escape par exemple, Pearl Jam part dans plusieurs directions, s'autorisant de nombreuses expérimentations. Après tout, on n'a qu'une fois 30 ans. À moins de s'appeler Elton John... Si la ballade acoustique Come Then Goes, où Vedder fait encore des merveilles, sera parfaite à écouter autour d'un feu de camp une fois que le confinement sera terminé, Buckle Up apparaît elle comme la plus faible du disque, et aurait pu être retirée sans que cela ne dérange grand monde. Surtout que Gigaton dure 57 minutes, et est suffisamment riche sur les 11 autres titres.

Sur Dance of the Clairvoyants, Pearl Jam a voulu se faire plaisir avec une petite partie de chaise musicale. McCready passe de la guitare à la batterie, Ament de de la basse à la guitare, et Gossard du clavier à la basse. Forcément, ça change, et le titre propose une touche très new wave, pas désagréable, mais qui a un peu fait saigner les oreilles des fans du groupe quand il a été dévoilé. Qu'ils se rassurent : intégré dans l'album, le morceau passe finalement très bien. Encore plus si on est fan de Depeche Mode ou Duran Duran.

Toujours aussi imposant dans le contenu musical, Pearl Jam n'oublie pas d'être incisif dans le propos, et ce dès la pochette, montrant la fonte d'un glacier en Norvège. L'urgence écologique est au centre des paroles d'un Eddie Vedder toujours aussi inspiré, surtout sur le final grandiose qu'est River Cross, où sa voix fait encore des miracles, accompagnée par un orgue discret mais pondérant, donnant à la chanson des allures de magnifique prière. Un futur grand moment en concert ?

C'est ce qu'on espère pouvoir constater au Lollapalooza le 19 juillet prochain, où le groupe doit se produire en tête d'affiche. Mais bon, par les temps qui courent, rien n'est moins sûr... En attendant, ce Gigaton tombe parfaitement bien pour nous occuper les oreilles et fêter les 30 ans du groupe de Seattle. Car une nouvelle fois avec Pearl Jam, la tartine de rock est tombée du bon côté de la confiture...

Sébastien Delecroix
Sébastien Delecroix Rédacteur