Le groupe PUP était de passage au Trabendo à Paris le 18 novembre 2019
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PUP, les Stranger Things du rock

Le groupe PUP était de passage au Trabendo à Paris le 18 novembre 2019 © Rise Records

C'est l'histoire d'un groupe de punk canadien, qui remplit des salles parisiennes à chaque tournée avec une énergie incroyable, et a permis à une star de la série Stranger Things de faire ses débuts de comédien et de musicien...

"PUP est probablement le groupe qui a eu le plus d'influence sur les 10 dernières années de ma vie. Eux et les Beattles."

Cette déclaration incroyablement élogieuse sort de la bouche d'un adolescent qui ne porte pas d'appareil dentaire. Celle de Finn Wolfhard, le jeune comédien qui fêtera ses 17 ans le 23 décembre prochain, plus connu pour ses rôles de Mike Wheeler dans Stranger Things, la série qui cartonne sur Netflix, ou de Rickie Tozier enfant dans les films Ça. En 2013, il passe un casting pour le clip des ses compatriotes, qui sortent alors leur tout premier album sur le label indépendant SideOneDummy Records. C'est ainsi qu'il fait ses débuts de comédiens, et se découvre une passion pour la musique indé.

Alors âgé de neuf ans, il joue une version jeune du chanteur-guitariste de PUP, Stefan Babcock. Un peu comme ce qu'il fera pour Ça. Et en découvrant ce genre de groupe, il commence à en écouter plein d'autres du même type. Ce qui le pousse à se mettre à la guitare, et même à fonder son propre groupe, Calpurnia. Ce dernier est composé d'autres acteurs de la suite du clip de Guilt Trip, Sleep in the Heat, qui sortira deux ans plus tard, en 2016, et où on reconnaît déjà beaucoup plus celui qui est entretemps devenu la vedette d'une série qui cartonne dans le monde entier :

"On a un peu l'impression d'être ses tontons. On l'a vu le mois dernier à Calgary, au Canada. Il est venu nous voir avec sa famille, on est tous allés manger au restaurant ensemble. C'est le gamin le plus génial du monde, et juste un ado normal. Je n'en reviens pas de comment il peut être aussi normal, alors que c'est une star sur Netflix, qui a 15 millions de followers.", s'enthousiame à son propos Steve Sladkowski, le guitariste de PUP avec qui nous avons pu parler avant leur concert dans un Trabendo au taquet, le 18 novembre dernier.

Pour un petit groupe de punk rock, sans grand label derrière, les Canadiens s'en tirent mieux que plein d'autres. Après avoir rempli l'Espace B, la Maroquinerie puis la Boule Noire, ils se retrouvent dans un Trabendo qui n'affichera certes pas complet, mais pas loin. Une sacrée performance, qui n'a pas vraiment d'explications...

"On a plein d'amis dans des groupes qui nous demandent comment on fait pour avoir autant de succès en France... Un groupe comme The Menzingers par exemple, nous prend en première partie en Grande-Bretagne ou en Allemagne, pour jouer devant des salles des 1000 personnes, mais en France, ils n'ont même pas 200 personnes qui viennent à leurs concerts, alors que nous, si !"

Alors, PUP seraient-ils les Stranger Things du rock, à vivre dans un monde inversé ? Pas si sûr, car de la même manière qu'ils ont permis à Finn Wolfhard de lancer sa carrière, une grande partie de leur succès vient de leurs clips vidéos, incroyablement bien produits, toujours super originaux et surtout très nombreux. En trois albums et 31 chansons, disponibles sur Napster, PUP a déjà sorti... 14 clips !

"Les vidéos sont importantes, mais pas autant que quand MTV était partout, en France, au Canda, et surtout passait vraiments des clips de musique, et pas des émissions de télé-réalité. Maintenant ce n'est même pas ce qui est le plus regardé sur YouTube. Avant, les artistes dépensaient des millions pour réaliser un clip, ce qui n'arrive plus maintenant. Mais faire des vidéos est aussi plus simple, si on a des bonnes idées ! Pour faire les scénarios des nôtres, on s'assoit ensemble, on boit des coups, et le but est de nous faire rire entre nous."

Et de bonnes idées, PUP n'en manque pas. La preuve avec Kids, extrait du troisième album du groupe, sorti plus tôt cette année, et dans lequel on découvre le futur de chaque membre du groupe :

Pourtant, les clips sont une torture pour Steve : "Mes préférés sont ceux dans lesquels je ne joue pas. Je ne sais pas comment ça se fait, mais tout le monde sait jouer la comédie autour de moi. Tu fais la même chose, 15 fois de suite, et tu restes là sans rien faire, ça m'agace tellement...". Tout le contraire des concerts visiblement, où les quatre Canadiens se donnent à fond, enchaînent les tubes, ne font pas de rappel parce qu'ils ne supportent pas ça, et mettent à disposition du public une caisse de soutien pour une association qui aide les réfugiés, étant eux-mêmes des enfants de réfugiés...

Une attitude bien classe, une énergie de tous les instants, des refrains efficaces : et voilà comment PUP parvient à retourner les salles dans lesquelles le groupe passe, et donne au public l'impression de rentrer dans le monde inversé... Attention au Demogorgon, quand même !

Sources : Now Toronto, Vice

Sébastien Delecroix
Sébastien Delecroix Rédacteur