Griezmann et le FC Barcelone lors du match de Ligue des Champions contre le Borussia Dortmund au Camp Nou, le 27 novembre 2019
Football

C'est le bazar au Barça

Griezmann et le FC Barcelone lors du match de Ligue des Champions contre le Borussia Dortmund au Camp Nou, le 27 novembre 2019 © JOSEP LAGO / AFP

Un entraîneur limogé, des anciens joueurs qui refusent le poste, un inconnu du grand public finalement nommé sur le banc et des rumeurs de transferts dans tous les coins : pour le FC Barcelone, 2020 ne commence pas très bien...

Au concours des PPH (Passera Pas l'Hiver), Valverde était très bien placé. Depuis la terrible remontada subie à Liverpool en demi-finale de la Ligue des Champions en 2019 (défaite 4-0 à Anfield malgré un victoire 3-0 à Barcelone), on savait que l'entraîneur du Barça était encore plus menacé que Harry Potter après le retour de Voldemort.

Mais il tenait. Contre vent, marées, supporters et mêmes joueurs, à en croire certains bruits de vestiaire. Jusqu'au lundi 13 janvier 2020, où son licenciement a été annoncé par le club, après plusieurs jours de rumeurs incroyables autour des Blaugranas. Alors qu'il était encore en poste, il a clairement été annoncé dans la presse que les dirigeants du FC Barcelone (dont Éric Abidal) s'étaient rendus au Qatar pour tenter de convaincre Xavi, le milieu de terrain légendaire du club devenu entraîneur, de revenir au Barça en tant que coach. Mais l'Espagnol a refusé, tout comme Koeman, autre ancien joueur dans les années 1990 et actuel sélectionneur des Pays-Bas, pas disponible avant l'Euro 2020, au mois de juin. On se disait alors que le club attendrait peut-être la fin de la saison que l'un des deux se rende disponible. Mais il faut croire que le Barça était pressé de se débarrasser de Valverde...

Pourtant, Valverde a remporté deux titres de champion d'Espagne en deux saisons, et le FC Barcelone est actuellement en tête de la Liga, à égalité avec son rival de toujours le Real Madrid. Mais la déroute de Liverpool, et surtout sa tactique jugée trop frileuse pour le club qui idolâtre Cruyff et Guardiola, ont eu raison de lui. Il n'était qu'à six mois de la fin de son contrat, mais il est donc invité à prendre ses cliques, ses claques et ses cloques, alors que le Barça n'avait plus licencié d'entraîneur en cours de saison depuis Louis Van Gaal, en... 2003 ! C'est dire si la situation devait être compliquée en interne, et que malgré des résultats pas trop mauvais, sa gestion du vestaire et le jeu proposé ne convenaient absolument pas.

Qui c'est Quique ?

Ce qui se ressent d'autant plus avec la nomination dans la foulée de son successeur : Quique Setién. Pas forcément connu du grand public, l'ancien entraîneur de Las Palmas et du Bétis Séville est un adepte du beau jeu, et un fervent admirateur du "football total" imaginé par Johan Cruyff. Ça tombe bien. Il semblerait d'ailleurs que son nom ait été suggéré par Xavi, et que de nombreux joueurs de l'effectif approuvent ce choix, à commencer par Busquets, qui avait même déjà offert un maillot à son nouvel entraîneur, avec comme message "Avec toute mon estime et mon admiration pour votre façon de voir le football" , après que le Bétis Séville soit venu gagner 4-3 au Camp Nou en 2018 :

Un choix qui semble donc déjà validé par le vestiaire barcelonais, pas réputé pour être le plus facile, et qui va encore devoir affrontrer d'autres petits soucis en interne. On sait qu'au Real comme au Barça, les élections de nouveau président peuvent donner du grand n'importe quoi, et il y en a une qui se profile en 2021, année de la fin du contrat de... Lionel Messi. En remplaçant Valverde à la tête de l'équipe, comme beaucoup de supporters demandaient, Josep Maria Bartomeu vient sans doute de rentrer en campagne, et se sait attendu au tournant. D'abord en Ligue des Champions, et ensuite sur le marché des transferts, ou le Barça a dépensé des fortunes pour des résultats insuffisants ces derniers temps (Coutinho, Dembelé, Griezmann...). Un nouveau feuilleton Neymar à prévoir pour l'été prochain ?

Conclusion : à Barcelone, il ne suffit pas de gagner, il faut aussi bien jouer, mais il ne suffit pas de bien jouer, il faut aussi gagner...

Sources : Le Monde, 20 Minutes, Footmercato, So Foot

Sébastien Delecroix
Sébastien Delecroix Rédacteur