André Villas-Boas et les joueurs de l'OM à la fin du match de Ligue 1 à Angers, le 3 décembre 2019
Football

Ça chauffe dans les coulisses de l'OM

André Villas-Boas et les joueurs de l'OM à la fin du match de Ligue 1 à Angers, le 3 décembre 2019 © JEAN-FRANCOIS MONIER / AFP

Si sur le terrain, tout va très bien, avec une deuxième place au classement de Ligue 1, l'entraîneur André Villas-Boas vient de mettre un sacré coup de pression à ses dirigeants... Semant le doute sur son avenir au club...

Ce vendredi 17 janvier 2020, l'Olympique de Marseille se rend à Caen pour y affronter Granville, équipe de National 2, en Coupe de France. Si les Marseillais vont se savoir attendus sur l'histoire de la recette du match, après ne pas avoir laissé leur part à Trélissac lors du tour précédent, l'entraîneur portugais André Villas-Boas devrait être au centre de toutes les attentions, suite à sa conférence de presse, ce mercredi.

Visiblement, le tacticien était agacé par l'annonce de l'arrivée de Paul Aldridge en tant que conseiller spécial du président du club Jacques-Henri Eyraud. Une nomination surprise, dont l'entraîneur n'était pas au courant, et qui semble lui poser un problème dans la logique sportive. Car si Aldridge est venu d'Angleterre, c'est pour organiser la vente de joueurs de l'OM vers la Premier League, le championnat où il y a le plus d'argent, et où on n'hésite pas à aligner des zéros sur les chèques pour ne pas en avoir sur la pelouse... Ce que les dirigeants marseillais savent bien, après la vente en 2018 de Zambo Anguissa à Fulham, pour un montant inespéré de 30 millions d'euros, bien au-dessus de sa valeur réelle.

On comprend donc la logique économique qui semble être celle de l'OM, mais qui pourrait se faire au détriment de l'intérêt sportif, et du coup agacer André Villas-Boas, comme il a fait bien plus que le sous-entendre :

"C'est une décision prise par Jacques-Henri Eyraud, qu'Andoni (Zubizaretta, le directeur sportif du club, ndlr) m'a expliquée la semaine dernière. C'est au président de justifier ce choix. Je ne pense pas en tout cas que ça facilite les ventes vers les clubs anglais, mais bon... Au président de s'expliquer. J'ai appris cette décision avec surprise, mais je ne veux pas trop la commenter."

AVB VS. JHE

Si normalement, c'est au rugby que l'on botte en touche, AVB, comme on dit, le fait ici tout en mettant un gentil coup de pression à son président. Car il ne veut clairement perdre aucun joueur de son effectif et maintenir les bons résultats, l'OM étant actuellement second de Ligue 1, derrière l'indétrônable PSG. Il le rappelle d'ailleurs en évoquant ses rapports avec le directeur sportif Andoni Zubizaretta, dont le travail pourrait être perturbé par l'arrivée d'Alridge :

"Moi, je me concentre sur mon objectif, qui est d'atteindre la Ligue des champions. Mais je le rappelle : je suis d'abord venu ici pour la grandeur du club, puis pour la relation que j'ai avec Andoni. Mon futur est intimement lié à son futur. Et puis, d'un point de vue sportif et émotionnel, on a apporté en six mois de la stabilité à l’un des clubs les plus instables du monde. Je dois répondre avec franchise. Mais je ne peux pas. Il y a d’autres questions qui sont importantes maintenant, mais je dois faire attention."

Pas besoin de lire entre les lignes pour comprendre qu'AVB n'est pas prêt à accepter tout et n'importe quoi, et pourrait repartir aussi vite qu'il est arrivé. Ses déclarations ont en tout cas mis le feu aux poudres, notamment sur les réseaux sociaux, avec même l'adresse du président Jacques-Henri Eyraud dévoilée. Ambiance. D'après La Provence et L'Équipe, il aurait même porté plainte après avoir reçu une menace de mort très explicite...

Tout était trop calme sur la Canebière cette saison, il fallait bien un bon coup de mistral pour raviver les braises du plus chaud des clubs français...

Sources : So Foot, France Football, La Provence

Sébastien Delecroix
Sébastien Delecroix Rédacteur