Trélissac affrontait l'Olympique de Marseille en 32e de finales de la Coupe de France, le dimanche 5 janvier 2020 à Limoges
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Coupe de France : l'OM n'a pas laissé la recette à Trélissac

Trélissac affrontait l'Olympique de Marseille en 32e de finales de la Coupe de France, le dimanche 5 janvier 2020 à Limoges © NICOLAS TUCAT / AFP

C'est une vieille tradition en Coupe de France : quand un club professionnel rencontre un club amateur, il lui laisse sa part des recettes pour l'aider financièrement. Ce que l'Olympique de Marseille n'a pas fait ce dimanche 5 janvier 2020, mais s'en est expliqué...

Dans le règlement, rien ne contraint les clubs professionnels à faire un tel geste. Le règlement de la Coupe de France 2019-20 indiquant dans son annexe 4 (article VI) que l'excédent de recette doit être réparti à parts égales.

Mais dans les faits, les clubs pros renoncent la plupart du temps aux quelques dizaines de milliers d'euros que cela représente, conscients que le club amateur en face en aura bien plus besoin. Encore une fois, c'est une tradition, un peu comme les étrennes à sa gardienne ou son gardien d'immeuble : ce n'est pas inscrit dans le règlement intérieur de la co-propriété, mais on sait que ça fait toujours plaisir et rendra service. Alors que les clubs de Ligue 1 Conforama entraient dans la compétition ce week-end à l'occasion des 32e de finale de la Coupe de France, plusieurs clubs se sont adonnés à la coutume, comme Nantes à Bayonne ou le PSG à Linas-Montlhéry. Mais pas l'Olympique de Marseille, opposé à Trélissac, club de National 2 (équivalent de la 4e division)...

En conférence de presse, Fabrice Faure, le président du club amateur, s'est montré passablement énervé :

"Vous remercierez l'OM qui ne nous a pas laissé sa part de la recette. C'est la troisième fois qu'on joue le club marseillais, et c'est la première fois que cela arrive. Merci pour le football amateur."

Une frustration énorme pour le club, qui n'a pas démérité sur le terrain en faisant match nul face à Dimitri Payet et ses coéquipiers (1-1), avant de s'incliner aux tirs-aux-buts 4-2. Dans l'After Foot sur RMC, il a même sorti les calculatrices pour expliquer de quelle somme le club de Trélissac a ainsi été privé : "La part de l’OM, c’est 141 000 euros. Ils avaient 60.000 euros de frais de déplacement". Dès lors, on pouvait s'attendre à ce que le club phocéen se rembourse mais laisse sa part des bénéfices, soit 141 000 - 60 000 = 81 000, un montant considérable. Mais il n'en fût rien. L'OM s'en est expliqué dans un communiqué officiel, estimant que le stade Beaublanc de Limoges, où se déroulait la rencontre, changeait la donne :

"La politique du club a souvent été de laisser la recette quand l’OM est accueilli dans des stades particulièrement champêtres où la capacité est faible. Pour le match d’aujourd’hui, Trélissac a bénéficié d'un stade de 130 00 places et a pratiqué une politique tarifaire qui - si elle était tout à fait justifiée - affichait des prix entre 20 et 35€ la place. La recette totale s'est élevée à près de 400k€ avant déduction des frais d'organisation. Grâce au fait de recevoir l'OM, le stade était complet et a d'ailleurs essentiellement accueilli des supporters marseillais, très majoritaires. Il nous semblait juste que dans ces conditions particulières les deux clubs se partagent la recette d'autant plus que ce déplacement a coûté à l'OM 65k€."

Qui a dit que les bons comptes faisaient les bons amis ?

Sources : La Provence, Footmercato, RMC Sport

Sébastien Delecroix
Sébastien Delecroix Rédacteur