Les Bleus (en blanc) se sont faits surprendre à Konya le 8 juin, en s'inclinant 2-0 face à la Turquie
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Éliminatoires Euro 2020 : la France en souffrance ?

Les Bleus (en blanc) se sont faits surprendre à Konya le 8 juin, en s'inclinant 2-0 face à la Turquie © Franck Fife / AFP

La défaite des Bleus en Turquie (2-0) samedi 8 juin a quelque peu relancé le suspens dans un groupe H qui s’annonçait pourtant relativement tranquille pour les Champions du Monde. Mais faut-il vraiment s’inquiéter pour autant ?

Ça Bosphore, mais pas assez

Forcément, quand on est le grand favori de son groupe et même de l’Euro 2020 à venir, le moindre accident de parcours est scruté, analysé et commenté par des consultants qui s’en donnent à cœur joie sur les plateaux de télévision, avec d’incroyables débats sur des joueurs pourtant encensés deux jours -ou même deux heures- plus tôt. Ou quand la culture de l’instant trahit l’inquiétude du moment.

Certes, une défaite n’est jamais bonne à prendre. Surtout de cette manière. En Turquie, Pogba, Giroud, Griezmann, Mbappé et compagnie n’ont pas fait une frappe cadrée du match. Pas une. Quant au contenu de la rencontre… Disons que regarder une mouche cherchant à sortir en étant coincée derrière une fenêtre était aussi intéressant. Ou peut-être même plus. Une prestation affligeante qui peut se justifier par ces matchs de fin de saison, où les joueurs français, présents dans de grands clubs avec des saisons à plus de 50 matchs, sont au bout du rouleau et ne pensent plus qu’à une chose : partir en vacances. Le problème, c’est que dans un groupe composé de six équipes, le moindre faux pas peut donner naissance à des scénarios improbables…

Ménage à trois

Car derrière, la Turquie est allée s’incliner en Islande, sur le score de 2-1. Ce qui nous donne après quatre journées une lutte entre trois équipes comptant exactement le même nombre de points : neuf. Le pire des scénarios. Souvent, les groupes sont divisés en trois catégories : deux équipes qui caracolent en tête, deux qui se retrouvent au milieu parce qu’ils cartonnent les plus petits, et ces fameux plus petits, comme l’Andorre dans le groupe concerné, qui sont juste contents d’être là, histoire de faire des selfies et récupérer des maillots de stars. Sauf que là, l’Albanie ne marque des points que contre la Moldavie et Andorre, et la Moldavie face à Andorre. Pendant que France, Turquie et Islande s’affrontent au sommet.

La prochaine journée, le 7 septembre, verra ainsi les trois leaders recevoir les trois nations supposées plus faibles. Le statu quo devrait perdurer, et les affrontements directs être particulièrement cruciaux dans la course à la qualification. C’est donc a priori en octobre que tout se jouera pour l’Équipe de France, avec un déplacement toujours périlleux chez les vikings islandais le 11 octobre, puis la réception de turcs accrocheurs trois jours plus tard, le 14. Deux victoires lors de ces rencontres devraient être synonymes de qualification et de première place. À condition de ne pas perdre bêtement des points contre les autres équipes, qu’il ne faudra pas oublier de respecter au passage. Les hommes de Didier Deschamps étant plus qu’ habitués aux grands rendez-vous, il n’y a pas vraiment de raison de s’inquiéter. À dire vrai, cette défaite en Turquie était peut-être la meilleure chose qui pouvait arriver. Bon, sauf pour les téléspectateurs, c’est vrai. Les internautes par contre, se sont régalés :

Car en se rappelant qu’ils pouvaient perdre des matchs et que chaque équipe qu’ils allaient affronter voulait vaincre les Champions du Monde en titre, les joueurs français ont sans doute pris conscience qu’ils allaient devoir sortir un peu de leur zone de confort, et que rien n’est jamais gagné d’avance. C’est d’ailleurs avec cet esprit de compétition qu’ils ont su triompher. Parce que pour gagner un match de foot, il vaut mieux arriver sur la pelouse en crampons plutôt qu’en pantoufles…

Par Sébastien Delecroix