Michel Hidalgo lors de la victoire de l'Équipe de France en finale de l'Euro 1984, le 27 juin 1984 à Paris
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Michel Hidalgo en 5 dates

Michel Hidalgo lors de la victoire de l'Équipe de France en finale de l'Euro 1984, le 27 juin 1984 à Paris © AFP

Un grand monsieur du football français s'en est allé, avec la disparition de Michel Hidalgo ce jeudi 26 mars 2020. Ancien sélectionneur de l'Équipe de France, c'est lui qui avait mené Platini et les siens au premier triomphe des Bleus, en remportant l'Euro 1984. Avec déjà ce fameux maillot aux bandes horizontales...

13 juin 1956 : Real Madrid - Reims, finale de la Ligue des Champions

Il y a eu une époque où un club français marchait sur l'Europe, porté par le grand Raymond Kopa. Ce club, c'était Reims, qui atteint en 1956 la finale de la Ligue des Champions (alors appelée Coupe des clubs champions européens), face au Real Madrid. Le match a lieu au Parc des Princes, et l'un des ailiers, qui porte le numéro 7, s'appelle Michel Hidalgo.

La recontre est épique, et il ne fallait clairement pas arriver en retard : au bout de 10 minutes de jeu, Reims mène déjà 2-0 ! Mais le prodige Alfredo Di Stefano vient empêcher le club champenois de pousser le bouchon (de champagne) trop loin, en réduisant le score dès la 14e. À la mi-temps, il y a 2-2, le spectacle est total. Et ce n'est pas fini. Car Michel Hidalgo va redonner l'avantage à Reims à la 62e. Marquer en finale de Ligue des Champions, un moment unique dans la carrière d'un footballeur. Mais qui ne suffira pas : le Real inscrit deux autres buts, et s'impose finalement 4-3. Aujourd'hui encore, cette finale reste considérée comme l'une des plus belles de tous les temps.

5 mai 1962 : première et dernière sélection

En 1957, Michel Hidalgo quitte Reims pour rejoindre Monaco, dont il finit par devenir capitaine, et remporte la Coupe de France (1960 et 1963) et surtout le championnat (1961 et 1963). Des performances qui lui vaudront... une seule sélection. Et encore, à la base, il était appelé en équipe de France B, mais est venu pour remplacer un joueur blessé. Il s'agissait d'un match contre l'Italie, perdu 2-1 par la France, durant lequel Hidalgo rentra à la mi-temps. Mais si cela n'aura pas été le grand amour avec l'Équipe de France en tant que joueur, tout changera des années plus tard en tant que sélectionneur...

21 juin 1982 : le but annulé par le cheikh du Koweït

C'est l'une des images qui aura suivi Michel Hidalgo durant toute sa vie. Une situation hallucinante, en pleine Coupe du Monde 1982 en Espagne. La France affronte le Koweït, et Alain Giresse vient d'inscrire un but. Mais les joueurs adverses protestent, et le cheikh du Koweït descend alors des tribunes pour se rendre sur le terrain. Il discute ensuite avec l'arbitre, et lui explique que ses joueurs ont arrêté de jouer parce qu'ils ont cru entendre un coup de sifflet. Le but est annulé. La situation est incroyable, la scène cocasse avec le recul mais consternante à l'instant T. Les caméras captent la colère -légitime- de Michel Hidalgo, sélectionneur de l'Équipe de France qui fulmine sur son banc, et doit être contrôlé par la police espagnole. Une image de légende, et un incident qui n'aura pas beaucoup de conséquences, la France finissant par s'imposer 4-1.

8 juillet 1982 : France - RFA, demi-finale de la Coupe du Monde

C'est forcément l'autre image qui reste de cette Coupe du Monde 1982 pour l'Équipe de France. Celle d'un match incroyable, devenu historique. Celle d'une autre injustice, avec l'agression de Patrick Battiston par le gardien allemand Harald Schumacher. Ce dernier, déjà coupable de plusieurs mauvais gestes dans le match, fait une sortie qui se transforme en agression, et assome le défenseur français. Pas besoin de la VAR pour se rendre compte qu'il s'agit d'une très grossière faute et que le gardien allemand doit être expulsé, mais l'arbitre décide que... non ! Le scandale est total, et la France, réduite à 10 après cette blessure, finira par perdre aux tirs aux buts, après un match nul 3-3 à la fin des prolongations.

Encore une fois, Michel Hidalgo fulmine sur son banc. Mais heureusement, deux ans plus tard...

27 juin 1984 : France - Espagne, finale de l'Euro 1984

Emmenée par son "carré magique" au milieu de terrain (Fernadez - Giresse - Tigana - Platini), l'Équipe de France se hisse jusqu'en finale de l'Euro 1984, qu'elle organise. Michel Hidalgo, sélectionneur, espère bien faire passer la pilule amère du Mondial 1982, et ne rigole pas avec ses adversaires. La France bat tous ses adversaires, Michel Platini devenant même le meilleur buteur de la compétion sur une seule édition, avec neuf buts marqués. À ce jour, il est toujours le meilleur buteur de l'histoire de la compétition, avec un certain Cristiano Ronaldo, qui lui a eu besoin de quatre tournois et 21 matches pour inscrire neuf buts. Platini l'a fait en seulement cinq rencontres... La folie.

C'est d'ailleurs le numéro 10 français qui porte les siens le soir de la finale au Parc des Princes, inscrivant le premier but sur un coup franc qui va devenir mythique. Le gardien espagnol, Luis Arconada, fait une énorme faute de main. Et le pauvre va voir son nom devenir une expression. Quand un gardien fait une boulette, on dit faire "une Arconada". Décidément, partout où Michel Hidalgo passe, des gestes incroyables ont lieu... Mais cette fois tout finit bien, avec une victoire finale des Bleus sur le score de 2-0, et le tout premier titre décroché par l'Équipe de France de Football. Le maillot porté à l'époque, avec la bande rouge et les trois bandes blanches disposées horizontalement, devient culte, et sera reproduit en 1998, pour le même succès que l'on connaît. Alors qu'est-ce qu'on dit ? Merci Michel !

Source : L'Équipe

Sébastien Delecroix
Sébastien Delecroix Rédacteur