Le capitaine de l’équipe de France, Hugo Lloris et son épouse Marine, le 18 juillet 2018 au balcon de l’hôtel de ville de Nice, leur ville d’origine, après la victoire des Bleus à la Coupe du monde.
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Pourquoi les footballeurs se marient-ils si jeunes ?

Le capitaine de l’équipe de France, Hugo Lloris et son épouse Marine, le 18 juillet 2018 au balcon de l’hôtel de ville de Nice, leur ville d’origine, après la victoire des Bleus à la Coupe du monde. © Valérie Hache / AFP

Ils n’ont pas encore 30 ans et ils sont déjà mariés avec un ou plusieurs enfants. Les footballeurs sont nombreux à se marier jeunes. Un facteur de stabilité que l’on vous explique.

C’est une caractéristique assez marquante chez les footballeurs professionnels, ils ont des enfants très tôt ! Ils se mettent en couple lorsqu’ils sont jeunes et ont un ou des enfants dans la foulée. Il faut dire que leur premier amour est souvent le bon, à l’image du Français Blaise Matuidi, qui a rencontré son épouse à l’âge de 16 ans.

"Je sentais que c’était l’amour de ma vie, mais je me disais que c’était trop tôt, qu’il fallait que je connaisse d’autres choses avant, que je passe mon bac… Du coup, il a été hyper tactique. Il ne m’a plus calculée du tout. Plus jamais rappelée. Deux mois après, mon bac en poche, c’est moi qui suis revenue vers lui et on ne s’est plus quittés", déclarait en 2016 Isabelle Matuidi au magazine Elle. Ensemble, ils ont trois enfants.

Antoine Griezmann a aussi également rencontré sa femme, Erika Chopera, assez jeune. Il avait 20 ans et s’est marié à l’âge de 26 ans.

Un cocon familial

Interrogé par Le Huffington Post, Julian Jappert, le directeur du Think Thank Sport et Citoyenneté explique que ce mode de vie n’est pas anodin pour des sportifs, qui quittent souvent le cocon familial dès l’adolescence. "Très jeunes, ils évoluent dans un milieu compétitif difficile à supporter loin de leur famille. Puis, s'ils percent, ils vont se mettre à gagner beaucoup d'argent. Ils ont besoin d'être rassurés, de retrouver un cadre" explique-t-il.

En effet, dès l’âge de 13-14 ans, les joueurs s’éloignent géographiquement du domicile familial pour intégrer un centre de formation et réaliser leur rêve : devenir footballeur professionnel. Alors adolescents ils se retrouvent parfois avec des salaires mirobolants et peuvent facilement perdre leurs repères. Une stabilité qu’ils retrouvent en créant leur propre famille.
"Une fois qu’ils signent un contrat professionnel, vers 18-20 ans, ils se retrouvent avec un revenu de cadre supérieur frisant, pour les meilleurs, les 10.000 euros. Cette garantie de rémunération rend la phase d’installation matérielle plus précoce" affirme le sociologue du sport Stéphane Beaud à Madame Figaro. "Ensuite, l'entourage, les entraîneurs et les conseillers l'affirment : le mariage équilibre la vie personnelle des joueurs, leur donne une certaine constance alors que leur carrière nécessite qu’ils soient très mobiles", poursuit-il.

Pour les clubs et les entraîneurs, c’est aussi un gage de stabilité. "L’angoisse des entraîneurs est d’avoir un footballeur célibataire qui ne finit pas ses nuits à la maison devant une série télé mais sort en boîte et dépense son énergie. Le joueur ‘fêtard’ est très vite connu, les clubs se renseignent bien avant. C’est là que la vie de famille peut devenir un critère, sauf pour les top players qui, eux, ont tous les droits", raconte Stéphane Beaud.

La femme du joueur joue aussi un rôle important, elle concilie plusieurs tâches : une part de psychologie pour le rassurer et de conseils. "Elle est un gage de stabilité. Lorsque les joueurs traversent des moments de doute, et c’est fréquent, ils sont nombreux à avoir déjà dit 'heureusement que ma femme était là'" détaille le sociologue.

La transformation d’un homme

Outre le mariage, la paternité est un socle important dans la vie d’un homme, qui plus est sportif. Elle leur offre une base d’apaisement, de maturité et "cela va plutôt à rebours des autres hommes pour qui la paternité est généralement, à cet âge, une source d'angoisse", note le neurologue et psychiatre Boris Cyrulnik dans Le Huffington Post.
Ce fut ainsi le cas pour l’ex-international Samir Nasri qui ne veut plus que l’image du bad boy du football français lui colle à la peau. Devenu papa en 2018 il a confié sur la chaîne sportive L’Équipe : "Aujourd'hui, j'ai un enfant et j'ai envie que, d'ici à un ou deux ans, lorsqu'il commencera vraiment à comprendre, il puisse aussi entendre des choses positives sur son père." Il faut dire que pour n’importe quel homme, l’arrivée d’un enfant change sa vie...

Sources : Elle, Huffington Post, Madame Figaro, Gala, L'Équipe

Par Emma Faury