SFR Actus
Les joueurs de Liverpool soulèvent le trophée de champions de Premier League, le 22 juillet 2020 à Anfield Road, Liverpool
Football

Premier League : le bilan de la saison 2019-20

Les joueurs de Liverpool soulèvent le trophée de champions de Premier League, le 22 juillet 2020 à Anfield Road, Liverpool © LAURENCE GRIFFITHS / POOL / AFP

Une nouvelle saison spectaculaire vient de s'achever en Premier League, avec un titre que Liverpool attendait depuis 30 ans, des équipes surprenantes comme Leicester, Sheffield United ou Wolverhampton, d'autres décevantes comme Arsenal et Tottenham, les passes laser de De Bruyne, les muscles de Traoré, l'apparition de la VAR... On fait le bilan, calmement, en se remémorant chaque instant.

Liverpool, 30 ans après

C'est forcément l'événement le plus remarquable de la saison : l'obtention du titre en Premier League de Liverpool, qui attendait cela depuis... 1990 ! Une anomalie pour un tel club, qui semble enfin avoir conjuré le mauvais sort, après tant de déboires, comme la fameuse glissade de Steven Gerrard en 2013-14... Avec une saison monstrueuse (99 points, 32 victoires, record de Manchester City en 2017-18 égalé), cette équipe, qui avait déjà obtenu 97 points la saison passée (et accessoirement remporté la Ligue des Champions), vient s'assoir à la table des monstres sacrés de la Premier League, aux côtés du Manchester United de Sir Alex Ferguson, de l'Arsenal d'Arsène Wenger, du Chelsea de José Mourinho ou du Manchester City de Pep Guardiola.

La fin du Big Six, le début du Grand Huit ?

En Angleterre, le championnat est habituellement dominé de la tête et des épaules par ce que l'on appelle le Big Six : Manchester United, Manchester City, Chelsea, Liverpool, Arsenal et Tottenham. En gros, ces équipes sont supposées s'affonter pour les quatre places en Ligue des Champions, ou décrocher au minimum une place en Ligue Europa, et ne laisser que des miettes de scone au reste. Sauf que les autres clubs semblent en avoir marre, à commencer par Leicester, sur le podium pendant toute la saison, mais qui s'est effondré sur la fin et termine cinquième, et Wolverhampton, septième. Arsenal ne finit ainsi que huitième, et devra gagner la FA Cup contre Chelsea pour espérer être européen la saison prochaine. Avec leurs très bons effectifs, les Foxes et les Wolves peuvent en tout cas prétendre à s'installer durablement dans ce club qui semble moins fermé qu'autrefois. Alors, peut-on parler maintenant de Grand Huit, ou les choses vont-elles revenir à la normale dès la prochaine saison ?

Des Frenchies aux fortunes diverses

Il y a beaucoup de joueurs français en Premier League. Forcément, certains ont brillé, d'autres moins... Commençons par la Renaissance de la saison, celle d'Olivier Giroud. Plus souvent en tribunes que sur le terrain en début de saison, il est revenu en force et en forme après le confinement avec Chelsea, enchaînant les matchs et les buts. De quoi faire sourire Didier Deschamps de toutes ses dents. Son partenaire Kurt Zouma a lui alterné entre le bon et le moins bon, mais a eu beaucoup de temps de jeu, et notre N'Golo Kanté national a eu du mal, livrant sa plus mauvaise saison en Angleterre. Toujours à Londres, Lacazette sort d'une saison correcte à Arsenal (10 buts et 6 passes décisives en 30 rencontres), tandis que Guendouzi a été prié de quitter le club. En cause, son comportement détestable (fautes tactiques, contestations, simulations, chambrage...), qui a atteint des sommets contre Brighton, où après avoir charrié les joueurs adverses sur leurs salaires, il s'en est pris physiquement à un autre Français, Neal Maupay.

Maupay, justement, a été l'une des révélations de la saison, inscrivant 10 buts avec Brighton. Longtemps blessé, Pogba aura de son côté pu s'éclater sur la fin de saison aux côtés de Bruno Fernandes avec Manchester United, pendant que Martial a livré sa toute meilleure saison en Angleterre : 17 buts et 7 passes décisives. Du côté de Manchester City, Benjamin Mendy a une nouvelle fois été blessé la plupart du temps, tandis qu'à Tottenham, Ndombelé, recrue la plus chère de l'histoire du club, semble déjà être dans une impasse. Perdu face à l'intensité de la Premier League, il a enchaîné blessures et contre-performances, avant d'ête sorti du groupe par Mourinho. Du coup, le Français ne veut plus jouer tant que le coach portugais dirige les Spurs. Bonne ambiance. Doucouré et Capoue ont également passé une mauvaise saison à Watford, mais parce que leur club a été relégué. Logiquement, les deux milieux de terrain devraient vite trouver preneurs ailleurs en Premier League. Soulignons enfin la très bonne année de Lucas Digne, auteur de 7 passes décisives avec Everton, et convoité par Chelsea et... Manchester City. Il va être content, Benjamin Mendy...

La VAR pas avare en erreurs

C'était la grande nouveauté de la saison, qui devait permettre d'assister les arbitres et qu'il y ait moins d'erreurs. À la base, la VAR ne doit être utilisée que pour corriger une erreur "manifeste" de l'arbitre. Elle a pourtant été sollicitée pour annuler des buts sur des hors-jeu de quelques centimètres, et semble s'être éteinte à de nombreux moments. Comme pour le penalty accordé à Manchester United (qui en a obtenu 14 cette saison, record absolu), après une simulation de Bruno Fernandes. Le Portugais fait une roulette, écrase le tibia d'un joueur d'Aston Villa, s'écroule comme si on venait de lui tirer dessus, et obtient la faute... Autre moment incompréhensible, quand la montre de l'arbitre du match Aston Villa - Sheffield United n'a pas vibré, mais que les images montraient bien le gardien d'Aston Villa largement derrière sa ligne de but, le ballon dans les mains. Et Aston Villa s'est maintenu... à un petit point près. Du coup, Bournemouth, relégué, veut porter plainte. Et si la VAR créait plus de problèmes qu'elle n'en solutionnait ?

Les nouveaux Golden Boys

Chaque saison apporte son lot de nouvelles révélations. Le cru 2019-20 est plutôt très bon. Du côté de Manchester City, l'incroyable Phil Foden (20 ans) a profité du Restart pour avoir -enfin- du temps de jeu, et éclabousser la Premier League de son talent. David Silva vient de partir, mais son remplaçant est déjà là. Du côté des voisins de Manchester United, la révélation s'appelle Mason Greenwood, 18 ans et 10 buts au compteur. Interdit de recrutement, Chelsea a été obligé de faire jouer ses jeunes talents, avec bonheur. Les Blues de Frank Lampard ont fini cinquièmes, avec l'avénement de Reece James, arrière droit de 20 ans, Mason Mount, milieu de terrain de 21 ans, et Tammy Abraham, 22 ans et auteur de 15 buts. Dans des clubs moins médiatiques, certains joueurs ont brillé, et pourraient vite rebondir ailleurs. On pense à l'excellent arrière droit de Norwich, Max Aarons, 20 ans (le Bayern Munich serait déjà sur le dossier), ou son partenaire offensif Todd Cantwell, 22 ans et un physique de surfeur. Aaron Connolly, avant-centre irlandais de 20 ans, s'est montré particulièrement remuant avec Brighton, pendant que Dean Henderson a brillé en tant que dernier rempart de Sheffield United. À 23 ans, le portier, prêté par Manchester United, pourrait venir sérieusement taquiner David De Gea la saison prochaine. Et puis enfin, il y a Jack Grealish. Plus une confirmation qu'une révélation, le meneur de jeu de 24 ans, capitaine d'Aston Villa et qui porte ses chaussettes au niveau des chevilles, a fait forte impression toute la saison. Manchester United en rêve d'ailleurs la nuit. Et le jour aussi. Mais il va falloir casser la tirelire...

Comme chaque année en Premier League, décidément le plus spectaculaire des championnats, cette saison a été riche en événements et rebondissements. Et la bonne nouvelle, c'est que la compétition sera de retour dès le 12 septembre sur RMC Sport, disponible depuis votre box SFR !

Sources : Transfermarkt, ESPN

Sébastien Delecroix
Sébastien Delecroix Rédacteur