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PSG - Galatasaray : un match classé à hauts risques

Les Parisiens face à Galatasaray lors du match aller en 2ème journée de Ligue des Champions, à Istanbul, le 1er octobre 2019. © OZAN KOSE / AFP

L'UEFA et le ministère de l'Intérieur s'inquiètent du bon déroulement de cette rencontre de Ligue des Champions, prévue au Parc des Princes ce mercredi 11 décembre.

La phase de poules du championnat européen s'achève, avec notamment un match PSG - Galatasaray sous haute tension. Non pas qu'il y ait un enjeu particulier à cette rencontre en 6ème journée de Ligue des Champions, Paris étant d'ores et déjà qualifié pour les huitièmes de finale et le club turc n'ayant au contraire plus aucune chance d'y parvenir, en tant que bon dernier du groupe A. Ce que les observateurs vont surtout scruter ce mercredi soir, que ce soit les autorités françaises ou l'UEFA, ce sont les tribunes. Car tout le monde garde un bien malheureux souvenir de la dernière fois que le Parc des Princes a accueilli les joueurs (et supporters) de Galatasaray…

C'était le 13 mars 2001, dans le cadre d'une deuxième phase de groupes en Ligue des Champions. Le match joué dans la capitale de l'Hexagone était lui aussi sans enjeu particulier, sauf que c'était alors le club parisien qui était déjà éliminé du championnat. S'il a pu sauver (un peu) l'honneur avec un 2-0, cette petite victoire a été largement éclipsée par les heurts qui ont émané des gradins. Les supporters présents au Parc ce soir-là s'en souviennent.

"Les gens se battaient à coups de ceinture, certains avaient arraché des sièges. On aurait dit que certains frappaient pour tuer", se rappelle ainsi Zeki Demir au micro de l'AFP. Même écho de la part d'un certain Homer, qui assistait au triste spectacle de la tribune Auteuil et racontait le 30 septembre dernier, la veille du match aller Galatasaray-PSG, au Parisien :

"On voyait des mecs se faire attraper par 3 ou 4 personnes, prendre des coups de poing, flirter avec la rambarde… Il y avait des gamins qui chialaient et se demandaient s'ils n'allaient pas mourir… C'était irréel, une des rares fois où j'ai vraiment eu peur au Parc."

"Un miracle qu'il n'y ait pas eu de mort"

Les joueurs, aussi, gardent en mémoire ces scènes hallucinantes de bagarre. "On sentait que ça chauffait, mais du terrain, on ne se rendait pas compte que ça partait vraiment en sucette", se remémore pour Le Parisien Pierre Ducrocq, ancien défenseur du PSG titulaire à ce moment-là, avant d'expliquer : "À l'époque, il y avait souvent de l'agitation dans les tribunes du Parc, du coup sur la pelouse on n'y prêtait plus beaucoup attention. Ce n'est qu'après qu'on a réalisé la gravité des choses." "Ça a dérapé à la mi-temps", précise Homer auprès du quotidien, rappelant le moment où tout a basculé :

"Les deux tribunes qui entouraient Auteuil s'excitaient, les grilles ont été secouées et puis ça a cédé. Dès que la porte s'est ouverte, 200 Parisiens ont débarqué dans la tribune G et les coups se sont mis à pleuvoir de partout. Et là, c'était le bordel."

Résultat des courses : le match a été interrompu pas moins de 20 minutes, 56 personnes ont été blessées, 17 même hospitalisées. "C'est un miracle qu'il n'y ait pas eu de mort", estime d'ailleurs l'ancien supporter d'Auteuil selon Le Parisien. Des incidents graves qui s'expliquent (en partie) par l'ardeur des deux camps à cette époque, comme le fait remarquer le sociologue de l'École centrale de Lyon, Nicolas Hourcade, à l'AFP :

"C'était la rencontre entre la spécificité du supportérisme turc avec une diaspora assez importante et une passion pour le foot, et la spécificité du hooliganisme parisien des années 1990."

Un dispositif de sécurité renforcé

Heureusement, aujourd'hui, les choses ont un peu changé. Le PSG s'est non seulement débarrassé de ses hooligans mais a aussi pris des mesures supplémentaires de sécurité, particulièrement pour la rencontre de ce mercredi soir, alors que le Parc des Princes s'apprête à accueillir au moins un millier de supporters turcs.

Les critères de vente et de revente des billets ont ainsi été restreints, de même qu'un espace de 500 places a été réservé pour pouvoir réorienter des supporters identifiés du Galatasaray, afin d'éviter que les deux camps soient (trop) mélangés dans le stade. Le dispositif de sécurité a en outre été alourdi, avec des contrôles à l'entrée renforcés ainsi que 1 300 agents de sécurité appelés dans l'enceinte du Parc, contre 1 100 actuellement. D'après l'AFP, les drapeaux et autres signes distinctifs de soutien au Galatasaray seront également interdits hors parcage.

Des mesures draconiennes, prises alors que l'UEFA a noté cette rencontre au Parc des Princes quatre sur cinq sur son échelle à risque, et que le ministère de l'Intérieur l'a carrément classée "à hauts risques". Certes, le mouvement social qui paralyse actuellement la capitale en termes de transports en commun, sans compter le faible enjeu du match pour le PSG, devraient limiter quelque peu les déplacements des supporters parisiens qui préféreront peut-être le suivre dans le confort de leur salon sur RMC Sport 1. Espérons que tout cela suffise à laisser place au jeu plutôt qu'à la haine…

Sources : AFP, Le Parisien

Jessica Rat
https://twitter.com/rat_jessica Jessica Rat Rédacteur