Di Maria et Bernat en joie pendant la victoire 3-0 du PSG face au Real Madrid le 18 septembre 2019.
Football

PSG-Real : pas de stars, mais des paillettes !

Di Maria et Bernat en joie pendant la victoire 3-0 du PSG face au Real Madrid le 18 septembre 2019. © THOMAS SAMSON / AFP

Alors que tout le monde se demandait comment allait pouvoir faire le Paris Saint-Germain sans Neymar, Mbappé et Cavani, c'est le collectif qui a répondu présent pour une victoire convaincante.

"Un seul être vous manque est tout est dépeuplé." Alors quand trois êtres, de surcroît vos attaquants vedettes, manquent à l'appel, il y a de quoi s'inquiéter et se demander comment faire pour marquer face à l'équipe la plus titrée d'Europe. Sauf que le football est un sport collectif et que si les individualités peuvent faire de grosses différences, quand tout le monde est au niveau, c'est tout de suite plus facile.

Il ne fallait pas plus d'une victoire 3-0 face au Real Madrid en premier match de groupe de Ligue des Champions pour que les commentateurs, toujours avides de la culture de l'instant, s'enflamment et posent dans les minutes qui suivent deux drôles de questions : "est-ce que Paris est la meilleure équipe d'Europe et va gagner la Ligue des Champions ?" et "le PSG n'est-il pas meilleur sans ses stars ?" Heu... calmez-vous ?

Ne pas s'enflammer avant la saison des barbecues

Pour répondre à la première question, remettons déjà les choses dans leur contexte. Il est toujours extraordinaire et remarquable de parvenir à vaincre une équipe aussi mythique que le Real Madrid, qui plus est en la surclassant comme cela a été le cas hier. Surtout que les Merengues de Zidane n'étaient pas venus avec l'équipe B. Bale, Hazard, Benzéma, Varane, Kroos et compagnie étaient tous de la partie (si si, Hazard était sur le terrain d'après les feuilles de match). Mais il ne s'agissait que du premier match d'une phase de poule, face à un Real en très petite forme (2 victoires et deux nuls en Liga). Il y a de quoi s'enthousiasmer, mais pas s'enflammer. Rappelons-nous que le PSG avait déjà battu Barcelone 3-2 au même stade de la compétition en 2014, ou 3-0 le Bayern Munich en 2017. Sont-ils allés jusqu'au bout de la Ligue des Champions pour autant ? On sait bien que non. Les résultats de la rentrée ne sont pas des indicateurs de ce qui se passera au printemps suivant...

Idrissa Gueye, il pique comme une abeille

La performance du PSG, capable d'aller inscrire un troisième but dans les arrêts de jeu avec ses deux arrières latéraux en attaque (passe de Bernat pour Meunier), est tout de même un signe fort. Le recrutement de cet été, moins bling-bling et plus pragmatique, a permis de consituer un effectif plus solide et expérimenté. L'incroyable performance de Gueye au milieu de terrain est exactement ce qui a manqué à l'équipe au cours des dernières années. Avec son pressing incessant appris en Premier League à Everton, il permet au bloc de se projeter et de récupérer le ballon haut sur le terrain. La fameuse "bataille du milieu", si décisive dans les grands matches, a ainsi été facilement remportée par le PSG, comme le soulignait Zidane lui-même en conférence de presse après la rencontre :

Ils ont été meilleurs que nous dans tous les domaines. Dans le jeu, au milieu de terrain, tout. Mais ce qui me dérange le plus, c'est l'intensité de mon équipe. Et ça m'inquiète car c'est le plus important sur un terrain. On a le droit de jouer un peu moins bien, mais si on met l'intensité, si on met le pied, on est dans le match. Et ça n'a pas été le cas.

Il est donc bien trop tôt pour savoir si Paris peut gagner la Ligue des Champions. Personne ne peut dire le 19 septembre qui l'emportera le 30 mai 2020 à Istanbul. Autre faux débat : Paris est-il meilleur sans ses stars ? Bien sûr que non. Peut-être que ça joue plus collectif, qu'il y a moins de gestes superflus et que personne ne cherche à passer la balle tout de suite à Neymar ou Mbappé dès la récupération. Mais comment imaginer que cette équipe, en état de grâce hier soir, n'aurait pas pu gagner avec la MCN ? Icardi, aligné en pointe, manque encore d'automatismes avec ses coéquipiers et on n'imagine même pas l'enfer qu'aurait vécu Mendy avec Mbappé en face de lui plutôt qu'un Sarabia volontaire mais trop brouillon. Imaginerait-on pareil débat sur d'autres équipes ? "Le Barça est-il plus fort sans Messi et Suarez ?" "Liverpool est-il plus fort sans Salah, Firmino, Mané et van Dijk ?" Pour rappel, l'année dernière en Ligue 1, Mbappé, Cavani et Neymar ont inscrit à eux trois la bagatelle de 61 buts sur les 105 inscrits par le PSG. Soient 64,05% des buts du club. Difficle de s'en passer donc... Mais le match d'hier aura au moins pu faire passer un message aux attaquants vedettes : l'équipe peut gagner sans jouer pour eux, alors qu'ils n'oublient pas de jouer pour l'équipe.

Le parcours du PSG en Ligue des Champions se suit en intégralité et en exclusivité sur les chaînes RMC Sport.

Source : So Foot

Sébastien Delecroix
Par Sébastien Delecroix Rédacteur