L'attaquant anglais Raheem Sterling a changé de dimension depuis l'arrivée de Pep Guardiola à Manchester City
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Raheem Sterling, l’incroyable progression

L'attaquant anglais Raheem Sterling a changé de dimension depuis l'arrivée de Pep Guardiola à Manchester City © Ben Stansall / AFP

Depuis deux saisons, le Manchester City de Pep Guardiola impressionne l’Europe du football, avec un jeu chatoyant et une attaque de feu. Parmi ses principaux artificiers, un joueur que personne n’attendait à ce niveau : Raheem Sterling !

L’ex futur nouveau Walcott

Né en Jamaïque, le petit Raheem a commencé à jouer au football à l’âge de sept ans, à Londres d’abord pour West Ham, puis les Queen Park Rangers. À 16 ans, Liverpool vient le chercher, moyennant environ 725 000 euros. Il y fera ses débuts professionnels deux ans plus tard, rentrant souvent en jeu comme un ailier dynamique, rapide et dribbleur, dont l’Angleterre raffole. Il a le profil type des éternels espoirs qui ont défilé en Premier League, de Theo Walcott à Aaron Lennon en passant par Jermaine Pennant.

Il devient titulaire durant la saison 2013-14, quand Liverpool échoue à la dernière journée dans la conquête d’un titre tant espéré, dans une équipe de rêve avec Suarez, Sturridge, Coutinho, Gerrard, et donc Sterling. Le jeune prodige stagne quelque peu, a du mal à convertir ses actions et va trop vite, se précipite trop, ne semble pas avoir ce que certains commentateurs appellent le “QI Foot”. Et surtout, il refuse de prolonger son contrat avec Liverpool. Une partie du public le prend en grippe, lui reprochant son manque de reconnaissance.

En 2015, il signe à Manchester City pour 63 millions d’euros. L’ailier de poche (1m70) continue d’enchaîner les dribbles, mais fait preuve d’une grande maladresse à la finition. Pour sa première saison, il reste sur des chiffres proches de ceux qu’il atteignait à Liverpool : 6 buts et deux passes décisives en 31 matches. Des stats de milieu défensif, quoi… Un rendu bien trop insuffisant par rapport aux attentes. Les craintes de voir un énième espoir déchu anglais semblent se concrétiser. Et puis arrive sur le banc de City un certain Pep Guardiola.

Sterling se livre enfin

L’arrivée de l’entraîneur catalan doit marquer une nouvelle ère pour les cityzens. Mais il lui faut une année d’adaptation, où après des débuts flamboyants, l’équipe ne parvient pas à maintenir son niveau de jeu. C’est qu’en Premier League, les équipes ne se contentent pas de regarder leurs adversaires faire des passes à dix pendant 20 minutes. Alors Guardiola s’adapte, et regarde comment faire progresser ses joueurs pour qu’ils intègrent ses principes de jeu et gagnent en efficacité. Notamment Sterling, qui reste toujours aussi incisif, mais brouillon.

City termine à la troisième place, sans trophée et le numéro 7 finit la saison avec 10 buts et 17 passés décisives en 53 matchs toutes compétions confondues. La révolution, elle est pour la saison prochaine : Guardiola a recruté des défenseurs au niveau souhaité, a compris les particularités du championnat anglais, que City survole en explosant tous les records, dont celui de points marqués : 100 ! Sterling est un acteur phare de cette réussite, avec 18 buts et 11 passes décisives en 33 matchs de Premier League.

Guardiola a su le calmer, le poser et surtout, lui faire lever la tête. Il se place désormais parfaitement et sent le jeu. Il faut dire qu’avec des joueurs comme De Bruyne ou David Silva à la passe, ne pas convertir les offrandes, ça serait comme trouver la lampe du Génie dans Aladdin, le faire apparaître et de répondre “non merci” quand il propose de réaliser ses vœux. Certains pensent justement que Sterling ne brille que parce qu’il est dans cette équipe, avec de tels joueurs autour de lui. La saison 2018-19 est pour lui l’occasion parfaite de confirmer son incroyable progression.

Joueur de l’année ?

S’il ne brille pas particulièrement pendant la Coupe du Monde, il participe néanmoins au bon parcours de la sélection anglaise, demi-finaliste. Mieux, durant la Ligue des Nations, les Three Lions délaissent leur 5-3-2 pour adopter un 4-3-3 plus proche de ce qui se fait à Man City et Sterling brille, avec notamment un doublé face à l’Espagne.

Même constat avec Manchester City, pourtant privé de son meilleur passeur Kevin De Bruyne. Sans le génie belge pour le servir, Raheem devrait pourtant être bien plus en difficulté, non ? Il n’en est rien. En 45 rencontres disputées, il en est à 25 buts et 14 passes décisives, soit son meilleur total jamais atteint, alors que la saison n’est pas encore finie ! Il se fend même de son premier triplé avec l’Angleterre.

D’ailleurs ses stats en sélection sont édifiantes. Alors qu’il n’avait inscrit que deux buts en 44 matchs, il en a inscrit 6 au cours des 5 derniers ! Un changement radical, qui s’explique par un travail acharné et sans doute aussi un peu plus de maturité. Alors qu’il n’a que 24 ans, Sterling est souvent pris pour cible par le public et la presse, particulièrement véhémente en Angleterre. On lui a reproché son attitude, jugée immature depuis ses… 18 ans, ou même ses tatouages. Il a également subi de nombreux cris racistes, comme récemment au Monténégro.

Suivant l’adage “ce qui ne me tue pas me rend plus fort”, Raheem semble avoir fait de l’adversité une source supplémentaire de motivation. Il s’implique désormais particulièrement dans la lutte contre le racisme dans le foot. Il sort également moins, se concentre plus sur les choses importantes de la vie. Lors de son triplé face à la République Tchèque, il a dévoilé un t-shirt rendant hommage à Damary Dawkins, un garçon de 13 ans emporté par une leucémie, que le joueur avait rencontré et à qui il lui arrivait de rendre visite. Un changement de comportement qui permet aujourd’hui à l’ailier virevoltant de passer du statut d’éternel espoir à celui de joueur porteur d’espoirs.

Sources : Daily Mail

Par Sébastien Delecroix