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Saint-Étienne - PSG : Alex et Aloísio, le duo brésilien passé par les deux clubs

Alex et Aloíso célèbrent un but face à Marseille au stade Geoffroy-Guichard, le 4 août 2000 © GERARD MALIE / AFP

Alex et Aloísio, Aloísio et Alex. Les noms des deux attaquants brésiliens sentent bon la ligue 1 du début des années 2000, celle où tout pouvait se passer. Inséparables, ils ont fait les beaux jours de l'AS Saint-Étienne, avant de se retrouver au PSG, aux côtés d'un autre compatriote. Un certain Ronaldinho...

Personne ne les connaissait quand ils ont débarqué dans le Forez, mais eux se connaissaient déjà par cœur. Alex Dias et Aloísio José da Silva se rencontrent en 1997, dans le club de Goiás EC, au Brésil. Pendant deux ans, le svelte Alex et le, disons, plus imposant, Aloísio, surnommé "le taureau de Goiás", martyrisent les défenses qu'ils rencontrent.

La panthère et le taureau

Suffisamment bons pour taper dans l'œil du recruteur de Saint-Étienne, Gérard Soler, ce dernier fait signer les deux phénomènes dès le lendemain du match pour lequel il était venu les observer, après que l'entraîneur Robert Nouzaret les ait vus jouer sur... une VHS de mauvaise qualité ! Et s'il faut souvent un certain temps d'acclimatation pour les joueurs brésiliens aux championnats européens (jurisprudence Raï au PSG), ces deux-là n'ont pas de temps à perdre, et se mettent à enchaîner les buts. Dès le 20 août 1999, alors que Saint-Étienne est mené 1-0 à Nancy, la rentrée d'Alex à la 56e minute de jeu va tout changer. Il égalise sur une passe de son complice, avant de lui rendre la pareille quelques minutes après. Le duo est lancé, la France ne va pas tarder à succomber !

Car là où les deux brésiliens passent, les défenseurs trépassent ! Notamment ceux de l'Olympique de Marseille, lors d'une défaite historique à Saint-Étienne, 5-1, avec un quadruplé signé Alex. Celui-ci terminera meilleur buteur du club pour la saison 1999-2000, avec 15 buts en 29 rencontres, quand son complice Aloísio en aura signé 8. Mais la seconde saison des deux amis va s'avérer bien plus compliquée...

Vos papiers, s'il-vous-plait

C'est l'un des épisodes les plus sombres de l'histoire de l'AS Saint-Étienne. Celle dite des "faux passeports", qui mériterait bien un numéro spécial de Faites entrer l'accusé. Le 2 décembre 2000, Saint-Étienne affronte Toulouse, et gagne difficilement 1-0. Mais à la fin du match, les dirigeants toulousains portent réclamation, et pour cause : au match aller, Alex et Aloísio avaient des passeports brésiliens, donc extra-communautaires, alors que leurs passeports sont maintenant... portugais ! Même chose pour le gardien ukrainien, Maxim Levytsky, qui possède désormais un passeport grec. Énorme scandale, grosse enquête, suspensions de deux mois pour les joueurs, condamnations des dirigeants et agents impliqués, démission du président du club Alain Bompard, et... relégation de l'AS Saint-Étienne à la fin de la saison. Mais les deux joueurs avaient déjà fait leurs preuves (Alex aura inscrit cette saison-là 13 buts en 25 matches), et rebondissent très vite : ils sont enrôlés dès l'été suivant au Paris Saint-Germain.

Ronaldinho sur le banc

Et pas dans n'importe quel effectif du PSG : celui qui voulait tout gagner, et s'était donné les moyens de ses ambitions. À Paris, Alex et Aloísio retrouvent des joueurs comme Nicolas Anelka, Jay-Jay Okocha, Gabriel Heinze, Mauricio Pochettino, Mikel Arteta, et surtout un autre Brésilien dont on dit le plus grand bien : Ronaldinho. Sur le papier, l'équipe entraînée par Luis Fernandez devrait pouvoir gagner la Ligue des Champions. Sur le terrain, c'est bien plus compliqué. L'équipe se fait sortir lors des seizièmes de finale de la Coupe UEFA (aujourd'hui Ligue Europa) par les Écossais des Glasgow Rangers, et finit quatrième du championnat. Confrontés à la concurrence, Alex et Aloísio ne brillent pas vraiment, avec seulement trois buts en 28 recontres pour le premier, contre huit pour son complice. Du coup Alex s'en va, et retourne au Brésil, où il va jouer pour énormément de clubs avant de mettre un terme à sa carrière en 2011, à l'âge de 39 ans.

Aloísio reste lui une saison supplémentaire à Paris, et inscrit à nouveau huit buts dans une nouvelle saison galère : encore une élimination en seizièmes de finale de la Coupe UEFA, cette fois face aux Portugais de Boavista, et une indigne onzième place au classement à la fin du championnat. En même temps, Ronaldinho était souvent sur le banc... Aloísio partira se mettre au frais en Russie, du côté du Rubin Kazan, avant de retourner lui aussi jouer au Brésil. Où il a même frôlé la mort pendant un match en 2009. La cause ? Il s'était étouffé avec... son chewing-gum. Mais depuis, il a arrêté. Une très bonne idée.

Le duo aura sans doute laissé plus de souvenirs, bons comme mauvais, aux supporters stéphanois, qui ne manqueront pas de donner de la voix pour aider leur équipe à faire un bon résultat face au Paris Saint-Germain, ce dimanche 15 décembre en direct à 21h00 sur Canal+, disponible depus votre box SFR.

Sources : Transfermarkt, Planète PSG

Sébastien Delecroix
Sébastien Delecroix Rédacteur