Un match de football gaélique, ce drôle de sport entre le football, le rugby et le volley
Insolite

Le football gaélique, qu’est-ce que c’est ?

Un match de football gaélique, ce drôle de sport entre le football, le rugby et le volley © Matt Browne / SPORTSFILE

Prenez beaucoup de football, autant de rugby, un peu de basket, un peu de volley et vous obtenez un sport spectaculaire ultra populaire en Irlande. On vous explique tout sur le football gaélique.

Faire des pieds et des mains

Autrefois appelé Caid, ce sport traditionnel irlandais apparaît officiellement en 1537, bien que certains témoignages l’évoqueraient dès le XIVe siècle. Ses règles actuelles ont été instaurées en 1887, au moment où le football et le rugby prenaient de plus en plus d’importance. Pourtant, le football gaélique reste le sport le plus populaire en Irlande, bien qu’il soit encore amateur. C’est qu’il s’agit surtout d’une affaire de famille : un joueur ne peut jouer que pour une seule équipe au cours de sa vie. Celle du comté (région d’Irlande) dont il est originaire. La tradition est donc fortement ancrée et le sentiment d’appartenance très développé. Ici, on ne parle donc absolument pas de transferts et autres valeurs marchandes des joueurs. Le jeu avant tout. Et justement, pour jouer, il faut beaucoup de qualités.

Deux équipes de 15 s’affrontent, comme au rugby, durant deux mi-temps de 30 minutes. Pour marquer, il faut imaginer des poteaux de rugby, dont la partie basse a été transformée en but, comme au football. D’ailleurs, il y a un gardien de but. Si un joueur propulse le ballon (au pied) dans le but, il marque trois points. Si c’est entre les poteaux de rugby, un seul point. Pour se déplacer avec le ballon, les joueurs utilisent leurs mains, mais n’ont pas le droit de faire plus de quatre pas balle en main. Il faut alors faire ce qu’on appelle un “toe-tap” ou “solo”. Aucun rapport avec Han de “Star Wars”, il s’agit ici de faire rebondir la balle sur son pied, pour repartir pour quatre pas possibles. Mais ce n’est pas tout…

Sunday Bloody Sunday

On peut aussi faire rebondir le ballon au sol, comme au basket. Mais on n’a pas le droit de le faire deux fois d’affilée. Pour se passer la balle, il n’y a pas d’”en avant”, comme au rugby. On s’envoie la balle à la main, et parfois même avec le poing, un peu comme au volley. D’ailleurs, le ballon ressemble énormément à un ballon de volley. Et surtout, on n’a pas le droit de prendre le ballon au sol avec les mains. Il faut d’abord le soulever avec le pied. ce geste technique s’appelle le “pick-up” et il est indispensable de le maîtriser avant tout.

Contrairement à ce que les apparences pourraient laisser croire, le football gaélique est bien moins violent que le football et le rugby, car ni tacle ni plaquage n’y sont autorisés. Les contacts virils mais corrects tolérés sont de petits tampons de l’épaule. En même temps, au rythme où ça joue, il vaut clairement mieux éviter les charges physiques…

Malheureusement, le football gaélique reste tout de même historiquement associé à la violence, suite à un drame survenu le 21 novembre 1920 à Dublin. Pour répondre à l’assassinat de 14 agents britanniques, l’armée anglaise ouvre le feu dans la foule durant un match à Croke Park, faisant 14 morts et 65 blessés. Mais ce n’est pas de ce “bloody sunday” que parle la chanson de U2. Celle-ci fait référence à celui de 1972, qui pour le coup, n’a rien à voir avec le football gaélique.

Le royaume de la reprise de volée

On l’a vu, cette discipline est très importante en Irlande. Au moins autant que le pub crawl, autre sport national consistant à aller de pub en pub, et auquel les touristes de Temple Bar adorent s’adonner. Mais le football gaélique, malgré son caractère hors du commun, a su se développer ailleurs, comme en Écosse, mais aussi en France.

C’est bien entendu en Bretagne que l’on retrouve la plus grande concentration de clubs, même si le plus ancien, le Paris Gaels GAA, date de 1995 et a été fondé par des irlandais. Il y a d’ailleurs un véritable engouement qui s’observe dans les années 2010, avec la création de nombreux clubs en France et d’autres encore en projet. Alors si jamais vous et/ou vos enfants ne parvenez pas à vous décider au moment de choisir un sport entre le football, le rugby, le basket et le volley, pourquoi ne pas en choisir un original et combinant les vertus de chacun ?

Sébastien Delecroix
Par Sébastien Delecroix Rédacteur