Alicia Fox et Sasha Banks s'affontent durant le show WWE à Lille en 2017
Insolite

Lexique pour comprendre les termes du catch

Alicia Fox et Sasha Banks s'affontent durant le show WWE à Lille en 2017 © Philippe Huguen / AFP

Sport spectaculaire parmi les sports spectaculaires, le catch brille par sa mise en scène tout autant que par les coups incroyables que se portent ses combattants. Aujourd’hui on vous explique le jargon de cette discipline, pour bien comprendre tout ce qui se passe sur le ring !

Angle : ou storyline. Comme son nom l’indique, il s’agit du scénario qui est écrit pour développer les rivalités entre les catcheurs. Attendez, vous ne croyiez tout de même pas que toutes les horreurs et insanités qu’ils se lancent avant les combats étaient réelles ? Dans ce cas, bienvenue dans la vrai monde du catch ! Cette pratique vise à attirer l’attention du public et faire monter la sauce. Surtout, cela ne date pas d’hier : cette mise en scène a été inventée dès le début du catch, quand il se déroulait dans des foires.

Blade job : toujours dans le but de rendre les combats plus spectaculaires, il s’agit d’une technique pour se faire saigner volontairement à l’aide d’une petite lame dissimulée.

Booker : c’est le nom donné à la personne qui écrit les angles. Et aussi… Les résultats à l’avance.

Botch : mouvement involontairement raté, qui démontre que les combats sont chorégraphiés et les coups pas vraiment portés…

Bump : terme employé quand un catcheur se retrouve au tapis.

Bury : comme le verbe anglais voulant dire “enterrer”. C’est quand un catcheur populaire va être mis sur la pente descendante. Souvent dû à des conflits avec un promoteur ou sa fédération. Le catcheur se retrouve alors à perdre des matchs de façons horribles, ou participe à des angles qui ne passionnent personne. Bref, il est tourné au ridicule pour faire baisser sa popularité.

Carte : il s’agit de l’ensemble des combats disputés lors d’une rencontre de catch. Les matchs les plus populaires sont joués en Haut de Carte, c’est-à-dire le plus tard dans la soirée. En têtes d’affiche quoi.

Catchphrase : la phrase catchy la plus souvent dite par les catcheurs. Elle devient leur signature, leur marque de fabrique. Dwayne Johnson, alias The Rock, était notamment connu pour en avoir plusieurs, dont “Est-ce que vous sentez ce que le Rock mijote ?” Cyrano de Bergerac aurait fait un si bon catcheur…

Cheap heat : c’est quand un catcheur cherche à exciter la foule de façon négative, genre en faisant des doigts d’honneur, insulter l’équipe de sport locale…

Cheap pop : c’est l’inverse. Quand un catcheur cherche à exciter la foule de façon positive. En mettant un maillot de l’équipe sportive locale par exemple.

Clean : désigne une victoire à la loyale, sans rebondissement de dernière minute. Parce qu’il y en a aussi, quand même. Mais on ne va pas se mentir : c’est très rare.

Clean house : si vous n’avez pas trop séché les cours d’anglais, vous aurez compris que cela veut dire “nettoyer la maison”. Alors cela ne veut pas dire qu’un catcheur a fait le ménage chez lui, mais plutôt qu’il est passé en mode Mr.Propre sur le ring. Il a éliminé tous ses adversaires, soit lors d’une battle royale, soit en sauvant un autre catcheur.

Dark match : match non télévisé. Sert à repérer les nouveaux talents et à motiver la foule venue assister aux rencontres télévisées enregistrées juste derrière.

Diva : ancien nom donné aux catcheuses. Depuis 2016, on les appelle Superstars, comme leurs homologues masculins.

Extreme Wrestling : style hardcore incluant des techniques aériennes et même l’usage d’armes.

Face (ou babyface) : en français, on dit le “Beau”. Il s’agit du catcheur qui va interpréter le gentil, celui que le public va aimer et soutenir.

Feud : signifie “rivalité. Très importantes, ces histoires imaginaires permettent de faire monter la tension entre -au moins- deux lutteurs, pour que le public soit encore plus impliqué derrière son champion préféré. Cela donne souvent des dialogues particulièrement savoureux.

Finish : désigne le terme d’un match, normalement scénarisé à l’avance et ayant souvent comme résolution l’un des cas suivants : disqualification, interruption par d’autres catcheurs débarqués sur le ring, renversement de décision, double décompte…

Finisher : la prise ultime d’un catcheur. Souvent la plus spectaculaire qu’il maîtrise, et qui lui permet de mettre fin à ses matchs avec style et panache.

Gimmick : personnage incarné par le catcheur. Par exemple, The Undertaker joue un mort-vivant, ou Finn Bàlor peut devenir son double maléfique, “The Demon King”.

Heat : réaction négative du public envers un heel. Et si vous vous demandez ce qu’est un heel, ça tombe bien, c’est le mot d’après !

Heel : en vieil anglais, cela voulait dire “salaud”. Vous l’aurez donc compris, le heel est l’antagoniste, le méchant que le public va aimer détester, siffler, huer. En France, on l’appelle également “Toc”, et c’est donc tout l’opposé du fameux “Face” (“beau” en VF) abordé plus haut.

Jobber : terme désignant un catcheur sans importance, placé là uniquement pour perdre et mettre en valeur ses adversaires.

Kayfabe : également appelé “vinak” en français. Il s’agit du fait de tout faire pour donner l’illusion que les matchs ne sont pas arrangés à l’avance et les coups vraiment portés.

Low-blow : un coup bas qui vaut une disqualification immédiate. Et quand on parle de ça, on parle bien de roubignoles. À priori, taper sur son adversaire avec une chaise est autorisé.

No Holds Barred : se traduit par “aucune prise interdite”. C’est un match où toutes les prises sont autorisées. On a bien dit “toutes”. Oui, même celle-là…

No-sell : désigne un coup ou une prise qui n’a pas été vendue au préalable entre les deux catcheurs. C’est un acte visant à ruiner la crédibilité de son adversaire en public, et peut constituer un motif de renvoi pour le contrevenant.

Over : un catcheur est “over” si le public réagit à sa simple présence. En sifflets ou en cris, peu importe.

Over-sell : traduisible par “survendu”. C’est quand un catcheur en rajoute trois caisses après avoir reçu un coup en apparence banal. Vous voyez Neymar qui fait 15 roulades après un petit contact ? C’est l’idée.

Pinfall : immobilisation des épaules de son adversaire pendant trois secondes. C’est souvent comme cela que se terminent les matchs.

Plant : un catcheur dissimulé dans le public, qui interagit avec un autre présent sur le ring. Ainsi le public pense qu’un catcheur est en train d’affronter un simple spectateur.

Pop : l’inverse du “heat” évoqué plus haut. C’est la réaction positive du public pour un catcheur. Un face doit la rechercher, mais un heel l’éviter. Si jamais le public commence à applaudir un heel, il faut absolument que celui-ci renverse la tendance et devienne plus méchant encore, pour à nouveau se faire siffler et que les encouragements de la foule soient reportés sur le face.

Psychologie de combat : très importante. Elle détermine en quelque sorte les règles élémentaires à respecter dans un show de catch. Il faut par exemple ne pas porter de coups dès le début, pour éviter de faire mal en cas d’incident et réserver ses plus belles prises pour la fin du combat. Vous vous souvenez de ce qu’est la Carte ? Il faut également s’assurer que deux catcheurs présents sur celle-ci n’utilisent pas le même finisher durant la même soirée.

Push : c’est l’opposé du Bury évoqué plus haut. Ici, c’est quand un catcheur est poussé par les promoteurs et passe du Bas de la Carte au Haut de la Carte, en se mettant à affronter des têtes d’affiche.

Roll-up : faire perdre l’équilibre à un adversaire.

Rope break : un catcheur en train de subir une prise de soumission peut se libérer en touchant une corde du ring.

Safe : quand un catcheur cherche à éviter de toucher son adversaire, histoire d’éviter la blessure qui ruinerait tout le spectacle.

Sandbag : un catcheur peut refuser d’aider son adversaire à réaliser une prise spectaculaire. Car il peut exister de vrais rivalités entre catcheurs et pas seulement celles scénarisées…

Screwjob : un “boulot foiré” désigne une fin de match tendue, souvent à cause de l’intervention de quelqu’un d’autre, ou d’une erreur d’arbitrage.

Sell : où l’on retrouve la notion du Kayfabe. C’est la façon dont un catcheur réagit aux coups portés, il rend tout cela le plus crédible possible, en réagissant de manière proportionnée.

Shoot : désigne les moments où les catcheurs sortent du scénario établi par les bookers, par exemple en se moquant de leur gimmick, ou en modifiant le cours du combat.

Shoot match : une rencontre où les coups sont réellement portés.

Sneak Attack : l’attaque sournoise. Quand des catcheurs viennent éclater des chaises sur la tête d’autres catcheurs en plein match, c’est ce qu’on appelle une sneak attack.

Spot : c’est la suite de mouvements préparés entre deux catcheurs pour le combat. Leur chorégraphie, quoi. Les meilleurs lutteurs laissent eux la place à l’improvisation sur le ring. Le Spot Fest est l’accumulation de séquences de spot, et un Spot Monkey un lutteur l’utilisant trop et / ou manquant de Psychologie de combat.

Stable : un clan de catcheurs de minimum trois.

Stiff : quand un catcheur utilise toute sa force pour porter un -vrai- coup à son adversaire.

Tag : c’est un mouvement par lequel un catcheur donne le relais à un coéquipier dans un match de catch par équipe, appelée du coup Tag Team.

Turn : c’est le retournement d’un personnage. Il peut devenir un face ou un heel selon ce qu’il était avant. Ce changement radical peut s’opérer en plein match, ou bien d’un coup, avec un changement de gimmick.

X-Sign : le signe de croix, utilisé par l’arbitre pour signifier la blessure d’un catcheur et interrompre le match. La blessure peut être scénarisée. Ou pas...

Sébastien Delecroix
Par Sébastien Delecroix Rédacteur