Sur les 44 premiers matchs de la Coupe du monde de football féminine 2019, l'assistant vidéo à l'arbitrage a été utilisé 441 fois en cabine, 22 fois en bord de terrain, menant à 18 changements de décision arbitrale.
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La FIFA défend l'utilisation de la VAR

Sur les 44 premiers matchs de la Coupe du monde de football féminine 2019, l'assistant vidéo à l'arbitrage a été utilisé 441 fois en cabine, 22 fois en bord de terrain, menant à 18 changements de décision arbitrale. © FRANCK FIFE / AFP

C'est la première fois qu'elle est utilisée en Coupe du monde de football féminin et elle fait déjà débat. L'assistance vidéo à l'arbitrage, dite "VAR", a en effet suscité de vives réactions pendant le premier tour de la compétition. Souvent jugée trop sévère par le public et les joueuses, notamment lorsqu'il s'agit d'un penalty retiré pour un pied levé une fraction de seconde trop tôt, elle reste dans les petits papiers de la FIFA qui l'a longuement défendue en conférence de presse ce mercredi 26 juin 2019.

"Si la technologie nous permet de voir une erreur, on ne peut pas l'ignorer." Celui qui a prononcé ces mots sans équivoque, c'est Pierluigi Collina. Sachant donc que c'est le meilleur arbitre de tous les temps qui parle, difficle de discuter. Pourtant, des discussions, il y en a eu concernant la VAR sur ce Mondial féminin ! Pas plus tard que dimanche dernier, les Camerounaises, excédées, ont bien failli jeter l'éponge avant la fin de leur match (finalement perdu) contre les Anglaises en huitièmes de finale.

Buts discutables, penaltys retirés, rythme cassé... Les plaintes abondent presqu'autant que les recours à cette assistance vidéo. Les chiffres, rapportés par 20 minutes, parlent d'eux-mêmes : depuis le début de la compétition, il y a déjà eu pas moins de 22 déplacements en bord de terrain par l'arbitre (contre 20 sur toute la Coupe du monde de l'an dernier), dont 18 qui ont mené à un changement décisionnel. Et c'est sans compter les vérifications en cabine, qui s'élèvent à 441 en 44 matchs, alors qu'il n'y en aura eu "que" 335 durant les 48 premiers matchs du Mondial masculin

Preuve donc que la VAR se rend de plus en plus indispensable, au grand désespoir de nombreux amoureux du ballon rond. En conférence de presse sur l'arbitrage organisée ce mercredi, l'ancien maître du sifflet italien, devenu président de la Commission des arbitres de la FIFA, insiste non seulement sur son utilité mais aussi (surtout) sur l'importance d'appliquer les règles : "Si un but est marqué par un joueur en position de hors-jeu, peu importe qu’il le soit de 2 ou de 20cm, il est hors-jeu et il n’y a pas de petit ou de grand hors-jeu. Pour les penaltys, c’est la même chose."

Ah, les penaltys ! C'est sans doute l'aspect le plus polémique de l'utilisation de la VAR durant cette Coupe du monde féminine. Avec notamment un exemple tricolore qui a beaucoup fait parler, pendant le match de poule France-Nigéria le 17 juin dernier. Dans la 75e minute de jeu, Wendie Renard tire un penalty. Penalty raté, mais (ouf !) retiré par l'arbitre après vérification auprès de l'assistance vidéo – Chiamaka Nnadozie n'avait pas de pied sur sa ligne. Alors que la gardienne nigériane se prend au passage un jaune pour cette faute, la Numéro 3 des Bleues rejoue son penalty, marque et offre ainsi la victoire à son équipe.

Une règle sévère, déjà (partiellement) révisée

Après la rencontre, la sélectionneuse Corinne Diacre admet elle-même, selon des propos rapportés par Libération : "C’est un règlement très sévère, on a fait part de cette sévérité. Ça a été en notre faveur aujourd’hui." L'Équipe de France confirme néanmoins que ce réglement, aussi strict soit-il, avait été énoncé avant le début du Mondial. Et les règles sont les règles. Collina, de son côté, rappelle même qu'il est écrit, "depuis des années", que "les gardiens de but doivent avoir les deux pieds sur la ligne au momet de la frappe." Règle qui, autrement jamais respectée, a été revue avec l'arrivée de la VAR. "Nous avons réfléchi à rendre le travail du gardien plus facile en l’autorisant à bouger, à mettre un seul pied sur la ligne afin de pouvoir plonger d’un côté ou de l’autre", explique-t-il, avant de souligner, encore : "Nous avons donné quelque chose en plus aux gardiens. Mais si un outil technologique nous permet d’appliquer les règles, nous devons le faire."

Reste que la polémique a été telle, la Nigériane n’étant pas la seule goal à avoir subi cette double peine durant les phases de poules, que la FIFA a fini par lâcher du lest. En accord avec l'instance internationale en charge des règles du jeu, la Fédération a en effet obtenu la levée des sanctions dans ce cas controversé pour le reste de la compétition. "Il n’y aura plus d’avertissement pour un gardien qui ne reste pas sur la ligne au moment d’un penalty à la Coupe du monde de football féminine 2019", a ainsi indiqué l'IFAB sur Twitter le 21 juin dernier. Un pas en avant nécessaire face à l'absurdité de la situation... qui, au fond, ne remet toutefois aucunement en question le rôle de la VAR.

Vous l'aurez compris, il faudra s'y faire, l'assistance vidéo fait bel et bien partie de l'avenir du football. Paraît-il que c'est pour le mieux, puisqu'elle permettrait selon les chiffres rapportés par 20 minutes d'arriver à 98,12% de bonnes décisions, contre 92,51% sans l'image. On touche à l'irréprochable, donc, mais à quel prix ?

Sources : FIFA, 20 minutes, L'Équipe, Franceinfo, Libération, IFAB

Jessica Rat
https://twitter.com/rat_jessica Par Jessica Rat Rédacteur