Rohit Sharma lors d'un match entre la Nouvelle Zélande et l'Inde à Mount Maunganui le 28 janvier 2019.
Sports Extrêmes

Quels sont les sports incontournables à l’étranger mais méconnus en France ?

Rohit Sharma lors d'un match entre la Nouvelle Zélande et l'Inde à Mount Maunganui le 28 janvier 2019. © MICHAEL BRADLEY / AFP

Si en 2018, la France était la deuxième meilleure nation tous sports confondus, elle a encore du chemin à faire dans certaines disciplines, pourtant mondialement connues à l’étranger. En voici 5 à découvrir, qui donnent des frissons à nos voisins sans pour autant nous faire lever un sourcil.

Le cricket

En 2011, l’association française de cricket comptait 1 200 licenciés. Cette même année, la Coupe du Monde de cricket a été regardée par 400 millions de téléspectateurs. Rien que ça. En effet, en Inde et plus largement dans le Commonwealth, le cricket est le sport roi, voire une religion. Un peu comme le ballon rond en France ou en Espagne.
Le sport, introduit par les colons anglais au XVIIIe siècle est partout, "dans les pages sports, c'est 98% de cricket, 2% pour le reste", explique dans les colonnes de L'Express, le boxeur Jagdish Singh."Quand il est apparu en Inde, le cricket représentait surtout un moyen de défier la présence coloniale britannique. Aujourd'hui, c'est devenu un business" raconte Sharda Ugra, une spécialiste de renom.

Mais comment joue-t-on au cricket ? Comme le foot, il se joue à 11 contre 11, mais bien c’est le seul point commun avec le ballon rond ! Ce sport collectif, de battes et de balles, oppose deux équipes sur un terrain ovale. La rencontre est divisée en deux parties : les équipes alternent entre attaque et défense et c’est celle qui remporte le plus de manches qui remportent le match ! Généralement, une rencontre dure quatre manches – deux par équipe – qui peut s’éterniser jusqu’à cinq jours (maximum six heures dans la journée).

Pourquoi ce sport est-il si peu pratiqué ? Peut-être trop anglo-saxon pour les Français.

Le baseball

Perçu comme un sport très américain, le baseball comptait tout de même 200 clubs et 12 000 licenciés en 2015 en France. Pourtant, si la pratique est peu développée dans l’Hexagone, elle est très populaire à Cuba, en Corée du Sud ou au Japon.
Les règles, plutôt complexes, ne facilitent pas son intégration sur le territoire, comme l’explique sur FranceInfo Didier Seminet, président de la Fédération Française de Baseball et Softball : "Dans nos pays européens, nous avons une culture du sport gauche-droite, droite-gauche comme le tennis, le football ou le basket. Au baseball, nous jouons sur un terrain en volume, dans le sens horaire comme antihoraire." La non culture de ce sport en France est aussi historique. Par exemple, le baseball a pu se développer dans des pays européens dans lesquels il y avait des bases militaires américaines. Hors, elles ont fermé en France en 1966. "En Allemagne, les clubs ont pu bénéficier des installations américaines", explique Didier Seminet.

Le football américain

Un peu moins confidentiel que les sports précédents (merci les séries TV), le football américain manque tout de même d’exposition en France. Très loin des énormes audiences du Super Bowl et des millions de licenciés aux États-Unis, l’Hexagone comptait près de 22 000 licenciés répartis dans 225 clubs français.

"Le foot américain n'existe en France que depuis les années 1980 et en plus nous ne sommes pas un sport olympique. Or 75% de l'argent public dans les sports part dans les disciplines olympiques donc ce n'est pas facile pour nous" détaille dans les colonnes du Point, le directeur technique national de la Fédération Française de Football Américain (FFFA), Olivier Moret.

Ancré dans la culture du pays de l’oncle Sam, le football américain n’arrive pas à vraiment s’implanter. Malgré la concurrence du rugby, ce sport essaie de faire son trou et se structure petit à petit. Pour preuve, mais malheureusement dans l’anonymat le plus total, en 2018, l’équipe de France de football américain a remporté le championnat d’Europe en battant l’Autriche (28-14). Une première dans l’histoire de la compétition. Cocorico !

Le football gaélique

Avec un mélange de football, de rugby à XV et d’autres disciplines collectives, le football gaélique est le sport le populaire en Irlande, et est assez spectaculaire. Il se joue avec les mains et les pieds, on peut marquer un but et/ou marquer entre les poteaux. Par contre, il est moins violent que les sports dont il s’inspire, les tacles et plaquages étant interdits. Le football gaélique se joue avec un ballon rond, plus lourd que celui du football traditionnel. Avec 900 licenciés répartis en 25 clubs en 2018, ce sport amateur se développe à son rythme depuis une vingtaine d’années, d’abord en Bretagne puis maintenant dans le reste de la France.

La pratique est un peu à part de l’univers du sport business, "Il a des valeurs très fortes et différentes de celles du sport professionnel, car il est entièrement amateur, les joueurs jouent toute leur vie pour leur club ou leur comté, les transferts sont interdits", explique au Point Tony Bass, cadre de la Gaelic Athletic Association. À noter qu’en 2016, la France est devenue vice-championne du monde.

Le footy

Le football australien, surnommé le footy est LE sport numéro un dans le pays des Wallabies, mais en France, la pratique reste très confidentielle. En 2017, elle comptait 300 licenciés et 13 clubs, et seule l’Australie possède une ligue professionnelle. Mélange de plusieurs sports collectifs dont le football, le basket et le rugby, le footy se joue à 18 contre 18 avec un ballon ovale (comme son terrain) et principalement au pied.

"Même si certaines images sur Internet peuvent faire un peu peur, on est quand même beaucoup moins dans le contact qu’au rugby et plus dans l’évitement", raconte à 20minutes, le joueur français Mathieu Ostorero. Spectaculaire et physique, le footy, cousin du rugby, reste une discipline atypique qui a tout pour grandir sur le territoire.

Sources : 20 Minutes, Le Point, Franceinfo, L’Express, French Morning London

Emma Faury
https://twitter.com/Emma_Faury Par Emma Faury Rédacteur