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Reconnaissance faciale et criminalité : un échec ?
Innovations

La reconnaissance faciale lutte-t-elle vraiment contre le crime ?

Reconnaissance faciale et criminalité : un échec ? © toondelamour / Adobe Stock

Depuis 2013, la reconnaissance faciale est testée par les forces de l'ordre de San Diego pour lutter contre la criminalité. Un dispositif qui ne semble pas réellement porter ses fruits...

Mais quel est l'intérêt de la reconnaissance faciale ? Il semblerait qu'il y en ait deux : déverrouiller votre iPhone et arrêter les criminels. Toutefois, il semblerait que la seconde ne soit pas si effective que ça. Du moins, pas d'après la police de San Diego. C'est ce que rapporte le site américain Fast Company ce 9 janvier 2020.

En 2013, la ville de la côte ouest des États-Unis testait cette nouvelle fonctionnalité plutôt innovante pour tenter d'arrêter les criminels de sévir. En près de sept ans, plus de 65 000 analyses faciales de suspects ont été récoltées, au travers de 1 300 smartphones et tablettes. Une belle collecte qui a été comparée aux visages des près de 2 millions de personnes recherchées dans la région. En quelques secondes, le logiciel était capable d'établir des liens entre les deux bases de données en fonction de la forme des oreilles, de la couleur de peau et des cheveux.

La reconnaissance faciale n'est pas vraiment utilisée

Le problème, c'est qu'en sept ans, ce dispositif de reconnaissance faciale n'a pas permis une seule arrestation. Même pas une, ni deux, zéro. Pour la simple et bonne raison que les policiers préfèrent utiliser la reconnaissance par empreinte digitale car elle est liée à une base de données nationale, et non régionale. "On ne peut pas la perfectionner si personne ne s'en sert", explique Shaun Rundle, de l'association pour les gardiens de la paix de Californie.

San Diego a donc cessé d'utiliser la reconnaissance faciale fin 2019. Non pas parce qu'elle ne fonctionne pas, mais parce que l'État de Californie a interdit l'utilisation de cette technologie pour une durée de trois ans. Une interdiction qui "ne devrait pas avoir d'impact" sur leur département, expliquent les forces de police.

Reste que ce premier essai de sept ans questionne énormément la volonté du gouvernement français d'implanter la reconnaissance faciale dans l'espace public. Si les autorités avancent des arguments sécuritaires, les risques pour les libertés individuelles des citoyens en valent-ils vraiment la chandelle ?

Source : Fast Company

Clément Capot
https://twitter.com/Clepotp Clément Capot Rédacteur