Au service de la recherche pharmaceutique, l'intelligence artificielle fait des miracles.
Innovations

Une intelligence artificielle crée son premier antibiotique

Au service de la recherche pharmaceutique, l'intelligence artificielle fait des miracles. © peshkova / Adobe Stock

Des chercheurs du Massachussetts Institute of Technology ont créé un algorithme capable de concevoir de nouveaux antibiotiques révolutionnaires.

Et si l'on s'en remettait aux intelligences artificielles pour sauver l'humanité des maladies qui la rongent ? C'est du moins ce qu'estiment des chercheurs du Massachussetts Institute of Technology (MIT). Ils ont ainsi réussi à découvrir un nouvel antibiotique capable de détruire la plupart des bactéries néfastes aux êtres humains, même celles qui étaient jusqu'ici résistantes aux antibiotiques plus classiques. Enfin, ce n'est pas vraiment eux qui ont accompli cette prouesse, mais plutôt une intelligence artificielle mise au point par leurs soins.

Un exploit qui devrait révolutionner l'industrie pharmaceutique et permettre de contrer l'évolution permanente des bactéries, de plus en plus résistantes à nos antibiotiques à cause de la surconsommation qui en est faite. Cette intelligence artificielle devrait également réduire le coût et la durée de la mise au point de nouveaux traitements.

Le deep learning au service des antibiotiques

Au premier abord, on pourrait penser qu'on est en train de nager en plein délire de science-fiction. Et pourtant, tout cela appartient bien à notre réalité. Pour réussir à créer son premier antibiotique révolutionnaire, l'intelligence artificielle se base sur la méthode de deep learning, appelée "apprentissage profond" dans la langue de Molière. Pour vulgariser, il s'agit d'une méthode algorithmique qui reprend les mécanismes du cerveau humain. La machine est dotée de nombreux neurones, sur plusieurs couches, qu'elle va mettre à contribution pour apprendre. On va alors lui donner un très grand nombre d'exemples qu'elle va analyser, jusqu'à ce qu'elle les comprenne. Elle pourra ensuite se servir de son savoir pour créer, à une vitesse bien plus rapide que celle du cerveau humain.

C'est le même procédé qui est utilisé dans la création de vidéos dites deepfake ou dans la surveillance par reconnaissance faciale. Dans ce deuxième exemple, après avoir analysé des milliers voire millions de postures et expressions faciales, l'intelligence artificielle sera capable de détecter en un clin d'œil, sur des images de vidéosurveillance, si une personne s'apprête à commettre un crime ou s'il s'agit d'un simple passant.

Une révolution pharmaceutique

Mais retournons à nos moutons et à nos antibiotiques. Pour créer ce remède inédit, les chercheurs ont donc développé un algorithme en mesure de déterminer si une molécule est capable, ou non, de tuer la bactérie intestinale E. Coli. L'IA a alors analysé près de 2 500 molécules, elle a fait des tests sur 6 000 représentations avant d'en sélectionner une. Jusqu'ici étudiée pour sa capacité à soigner le diabète, elle pourrait ainsi empêcher les bactéries de rester en vie sans que ces dernières ne soient capables de s'adapter pour lui résister.

Mais ce n'est pas la seule avancée que propose cette intelligence artificielle. Désormais confrontée à une base de données de près de 100 millions de molécules, elle pourrait désormais permettre aux chercheurs de créer des antibiotiques sur mesure à chaque patient. Nous voilà donc arrivés dans un futur où les machines ne veulent pas nous tuer, contrairement à ce que prédisent de nombreuses œuvres de science-fiction, mais où elles essayent plutôt de nous soigner !

Sources : MIT News, 01net

Clément Capot
https://twitter.com/Clepotp Clément Capot Rédacteur