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Bras de fer entre Apple et le gouvernement américain

L'Apple Store sur la 5e Avenue à New York, le 19 septembre 2019. © JOHANNES EISELE / AFP

La firme à la pomme refuse (encore) de débloquer deux iPhone utilisés dans le cadre d’un "acte terroriste", tel que l’a qualifié le Département de la Justice des États-Unis ce lundi 13 janvier, qui avait été perpétré contre la base militaire de Pensacola en Floride le 6 décembre dernier.

"Un acte terroriste motivé par l’idéologie djihadiste." C’est ainsi que Bill Barr a qualifié ce lundi la fusillade menée par un membre de l’armée de l’air saoudienne sur la base aéronavale de Pensacola, en Floride, qui avait fait trois morts (sans compter le suspect, neutralisé) le 6 décembre dernier.

Dans son discours, le Procureur général des États-Unis n’a pas manqué de regretter le manque d'"aide significative" d'Apple dans l’enquête. L’objet de la discorde : deux iPhone utilisés par le tireur, que le géant informatique refuse de débloquer.

Aussi est-ce le président des États-Unis himself qui s’est à son tour insurgé, ce mardi 15 janvier, du comportement de la firme à la pomme – sur Twitter, bien sûr :

"Nous aidons Apple constamment en matière de COMMERCE et tant d’autres sujets, et pourtant ils refusent de débloquer des téléphones utilisés par des tueurs, des dealers de drogue et d’autres violents criminels. Il va falloir qu’ils montent au créneau et qu’ils aident notre grand pays, MAINTENANT ! RENDONS SA GRANDEUR À L’AMÉRIQUE."

Face à la pression, Apple ne semble pas prêt à fléchir. D’abord car, comme l’entreprise a eu vite fait de souligner dans un communiqué transmis dans la foulée de la déclaration de Bill Barr, elle a déjà fourni tout un tas d’informations concernant les iPhone en question au FBI. Notamment l’accès au compte iCloud du tireur et des données de transactions provenant de divers autres comptes, selon le New York Times. "Nos réponses à leurs nombreuses demandes depuis l'attaque ont été opportunes, complètes et sont toujours en cours", a-t-elle ainsi affirmé dans son communiqué d’après l’AFP.

Comme une impression de déjà-vu

Puis il y a la question de la sécurité. Alors que le Département de la Justice se défend d’avoir besoin d’un accès aux dits iPhone afin d’analyser des messages d’applications comme Signal ou WhatsApp, et ainsi déterminer si le tireur avait agi seul ou non, Apple dit ne pas pouvoir (ou vouloir ?) créer une "backdoor". Il s'agit là d'une porte dérobée qui permet de récupérer les données d’un programme, "juste pour les gentils", comme le rapporte l’agence de presse. "Les backdoors peuvent être exploitées par ceux qui menacent notre sécurité nationale et la sécurité des données de nos utilisateurs", souligne ainsi la firme à la pomme, avant d’estimer dans son communiqué : "Les Américains n’ont pas à choisir entre un cryptage plus faible et la résolution d’enquêtes."

Rappelons que ce bras de fer entre Apple et le gouvernement américain n’est pas une première. En 2015, le géant de la Silicon Valley avait déjà refusé d’ouvrir au FBI l’accès au contenu crypté d’un iPhone appartenant à l’un des auteurs d’un attentat qui avait fait 14 morts à San Bernardino, en Californie. C’est finalement le gouvernement américain qui avait cédé, contraint de faire appel à une compagnie privée pour qu’elle contourne le cryptage de l’iPhone en question. Alors, devra-t-il encore s’y résoudre ?

Si c’est le cas, cette fois, "ce sera plus dur" fait remarquer à l’AFP James Lewis, expert en cybersécurité du Center for Strategic and International Studies. Eh oui, c’est que depuis San Bernardino, comme il le précise, "Apple a dû réparer la faille qui avait fonctionné dans cette affaire"…

Sources : AFP, New York Times

Jessica Rat
https://twitter.com/rat_jessica Jessica Rat Rédacteur