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Comment Huawei prépare son avenir sans Google ?

Huawei au Mobile World Congress 2018. © Huawei

Sous embargo américain, Huawei doit se passer de tous les services et applications Google. Petit à petit, la firme chinoise se reconstruit sans le géant mondial.

Depuis mai 2019, Huawei, constructeur chinois de smartphones est dans la panade. Après une guerre commerciale déclarée à la Chine, Donald Trump lui a appliqué un embargo empêchant de commercer avec les entreprises américaines. Conséquence de cela, Huawei doit désormais se passer de Google. Facile ? Pas tant que ça. Non-seulement la star de la Silicon Valley est derrière Google Play, sur lequel fonctionnent les applications très utilisées comme Gmail, Google Maps ou encore Youtube, mais le store permet surtout d'obtenir des applications pour l'immense majorité des smartphones qui ne sont pas des iPhone.

Si jusqu'ici, Huawei avait réussi à conserver sa licence pour ses derniers mobiles, comme le Huawei P30 Pro par exemple, pour ses prochains, c'est le grand saut dans le vide. Une seule solution : commencer à boucher les trous avant que le navire coule. Ce que la marque chinoise semble pour le moment réussir à faire avec brio.

Comment Huawei remplace Google Play ?

Sur le papier, il semble plutôt simple de garantir l'intégrité des diverses applications aux utilisateurs des smartphones Huawei. Il n'y a qu'à ouvrir une nouvelle plateforme pour remplacer Google Play. En pratique, c'est beaucoup plus compliqué.

Pour résumer les choses simplement et ne pas se lancer dans une thèse en trois volumes : lorsqu'il est question de créer une application, les développeurs ne partent pas toujours de zéro. Ils se servent de GMS Core, un ensemble de données intégrées consultées par l'ensemble des applications installées par votre téléphone. Cela peut être un système d'authentification, de paiement ou de simplement une carte. Des éléments indispensables au bon fonctionnement de nombreuses applications. Sans cela, des applications comme Netflix, Snapchat, Tinder, ou même des jeux comme Mario Kart Tour ou Pokémon GO ne peuvent pas fonctionner. D'autres, ne fonctionneront que partiellement.

Pour pallier cela, Huawei a déboursé près de 3 milliards de dollars pour créer son propre ensemble de données intégrées, appelé le HMS Core. Une initiative qui demande aux développeurs des différentes applications de retravailler leurs produits pour y intégrer ces fameuses données. Ce qui ne semble pas impossible dans la mesure où Huawei est le deuxième plus gros vendeur de smartphones dans le monde, derrière Samsung et devant Apple. James Zou, directeur marketing international de la marque, a assuré qu'il s'agirait d'une opération simple et fluide : "Grâce à nos ingénieurs en Chine, l’objectif est qu’une application puisse migrer des GMS Core vers les HMS Core en moins de 24 heures."

Huawei remplace progressivement les applications Google

Se substituer à toutes les applications Google n'est pas chose aisée. Mais Huawei semble y arriver progressivement. Ce vendredi 17 janvier 2020, la marque chinoise a trouvé une alternative à la plus difficile de toutes : Google Maps. Pour y arriver, elle a redoublé d'inventivité et s'est associée à une marque de cartographie hollandaise, TomTom, ancienne grosse pointure en matière de GPS. Un accord qui devrait facilement faire oublier l'application de géolocalisation du géant américain.

Reste, pour l'heure, une application de Google qui ne semble pas pouvoirs être remplacée : YouTube. Car même si Huawei réussit à lancer son propre service d'hébergement de vidéos, rien ne pourra venir supplanter l'immense popularité du réseau social.

Malgré l'embargo américain, Huawei ne semble pas perdre de sa splendeur et propose toujours des smartphones viables, même sans l'éventail des applications Google. Une question subsiste : combien de temps Donald Trump continuera-t-il à faire la guerre au constructeur chinois ?

Sources : 01net, Frandroid, Phonandroid

Clément Capot
https://twitter.com/Clepotp Clément Capot Rédacteur