Les applications d'espionnage : une pratique interdite.
Smartphones

Les applications d'espionnage : une tendance inquiétante

Les applications d'espionnage : une pratique interdite. © georgejmclittle / Adobe Stock

De plus en plus de personnes espionnent les smartphones de leurs proches, une tendance pour le moins inquiétante qui n'annonce rien de bon.

Non, nous ne sommes pas dans un épisode de Black Mirror, ni même dans une œuvre de science-fiction futuriste. Espionner le smartphone d'un proche est en passe de devenir de plus en plus courant. Ce qui est loin d'être une bonne nouvelle.

C'est du moins ce que nous annonce Kaspersky, société spécialisée dans la sécurité des systèmes d'information. Selon les données qu'elle transmet, près de 37 000 de ses utilisateurs auraient détecté un mouchard dans leur téléphone entre janvier et août 2019, soit une hausse de 35% par rapport à 2018.

Des applications espionnes de plus en plus facile d'accès

C'est en Russie, en Inde, au Brésil et aux États-Unis que l'on rencontre le plus d'utilisateurs victimes de ces intrusions domestiques indésirables. La France est loin derrière dans ce classement. Des chiffres probablement justifiés par l'assiette de clients de Kaspersky, très populaire en Europe de l'Est, un peu moins dans l'Hexagone.

Répartition géographique des victimes d'applications d'espionnage selon Kaspersky.
Répartition géographique des victimes d'applications d'espionnage selon Kaspersky. © Kaspersky

Ces fameuses applications, on les appelle des "stalkerware", soit des logiciels à traquer, à harceler, en français. Dans les plus populaires, on trouve Mobile Tracker, Cerberus ou encore TheTruthSpy. Elles permettent de contrôler l'emplacement de l'appareil espionné, d'accéder à l'historique navigateur, les SMS, les conversations sur les réseaux sociaux, mais aussi réaliser des enregistrements vidéo ou audio, à distance.

Ces stalkerware sont plus fréquents que les logiciels pirates. C'est à dire qu'il y a plus de chance que vous soyez victime d'un proche que d'un hacker qui ne vous connaît ni d'Eve, ni d'Adam. Une pratique qui est absolument illégale, à l'exception de certains cas très précis : le contrôle parental de vos enfants. En effet, espionner un conjoint, un ami, un membre de sa famille est interdit par la loi.

Stalkerware véritable outil d'oppression

Le stalkerware possède aussi un autre nom : spouseware. "Spouse", en anglais, signifiant époux ou épouse. Il va donc de soi que la principale utilisation de cette application malveillante est à l'encontre des conjoints. Un outil qui serait tout particulièrement employé dans les contextes de violences conjugales.

Selon les données analysées par le Centre Hubertine Auclert, centre francilien pour l'égalité femmes-hommes, "9 femmes victimes de violences conjugales sur 10 déclarent avoir subi des cyberviolences de la part de leur partenaire ou ex." Les stalkerware, ou spouseware, permettent alors aux conjoints violents de "surveiller, contrôler et humilier [leurs] victimes". Des chiffres tout particulièrement inquiétants, qui, dès lors qu'on les croise, indiquent une forte hausse de cette triste tendance.

Sources : 01net, Kaspersky, Centre Hubertine Auclert

Clément Capot
https://twitter.com/Clepotp Par Clément Capot Rédacteur