Niels Schneider en Philippe Leclerc dans "La Bataille de Gaulle - Partie 1".
Cinéma

La Bataille de Gaulle – Partie 1 arrive en VOD chez SFR : l'avis de la rédac

Niels Schneider en Philippe Leclerc dans "La Bataille de Gaulle - Partie 1". © Pathé Film

Sorti en salle le 3 juin dernier, le premier volet du film d'Antonin Baudry est désormais disponible en VOD chez SFR. Sous-titré "L'Âge de fer", il raconte les débuts laborieux de la Résistance et de la France libre. Critique.

Des films sur la Seconde Guerre mondiale, il en existe beaucoup. Rares sont ceux qui s'installent dans les semaines où tout semble déjà joué. Antonin Baudry, lui, part de là : juin 1940, l'armistice est signé, le pays vacille, et un général presque inconnu rejoint Londres, sans armée ni soutien. Sa conviction tient en une phrase : "la bataille de France n'est pas la guerre".

Tout est perdu, sauf pour lui

Le film met un point d'honneur à ne pas nous rassurer. Pendant de longues séquences, on a le sentiment que l'affaire est pliée : les Alliés hésitent, les appuis manquent, et le projet du général se résume à un hôtel modeste de Londres et à un unique téléphone. Le spectateur, qui connaît pourtant la suite, se surprend à douter avec les autres. C'est la grande réussite de cette première partie : nous faire éprouver l'isolement de départ, là où d'autres films racontent la Résistance comme si sa victoire était écrite.

Puis, lentement, des résistants de l'ombre, des lycéens révoltés et des soldats se rallient à lui, de l'Angleterre à l'Afrique en passant par la France. Le film ne prétend pas que cela s'est fait facilement, et c'est ce qui le rend touchant.

Un de Gaulle fier et drôle sans le vouloir

Le vrai visage du film est celui de Simon Abkarian. On savait le général fier de sa France ; on le savait moins comique. Sans chercher la ressemblance, l'acteur en fait un homme raide, sûr de lui jusqu'à l'excès, qui prête à sourire justement parce qu'il ne cherche jamais à faire rire. Son passage de théâtre se sent dans la diction et dans la façon de se mettre en scène. Une scène résume ce mélange : de Gaulle assure qu'il ne craint pas les moustiques, avant d'être rattrapé par la fièvre.

Ce n'est pas pour autant un portrait flatteur. Le film laisse aussi voir l'orgueil du personnage, ce qui donne corps aux réserves de Roosevelt, inquiet de voir émerger un sauveur autoproclamé. La formule "C'est moi la France" prend alors une saveur plus ambiguë.

Autour d'Abkarian, la distribution est solide : Simon Russell Beale (Churchill), Benoît Magimel (Koenig), Niels Schneider (Leclerc), Anamaria Vartolomei et Karim Leklou.

Deux histoires qui se rejoignent à peine

Le film est moins convaincant quand il quitte Londres pour le terrain. Baudry suit en parallèle Fernand Bonnier de la Chapelle (Florian Lesieur), lycéen dans un Paris qui tente malgré tout de manifester, puis meurtrier de l'amiral Darlan (Mathieu Kassovitz) en Algérie. L'idée est belle sur le papier : montrer que la Résistance s'est aussi construite par le bas. Mais à l'écran, ces deux fils narratifs ne se relient que très peu. Ces personnages servent davantage d'illustrations que de vrais protagonistes, et l'émotion retombe dès qu'on les suit.

Notre avis

Malgré ces deux récits menés en parallèle qui ne se rejoignent presque pas, cette première partie reste une réussite. Le jeu d'Abkarian révèle un autre visage du général de Gaulle, rarement montré dans les livres d'Histoire : celui d'un homme fier de sa France, mais aussi drôle sans le vouloir. Le film donne l'impression que tout est perdu et qu'il n'y a plus d'espoir, alors que lui y croit dur comme fer. Une belle entrée en matière, qui donne envie de découvrir la suite.

La Bataille de Gaulle - Partie 1 est disponible depuis ce 1er octobre à l'achat digital sur la plateforme VOD de SFR. Il y sera également proposé à la location à compter du 7 octobre prochain.

Source : Pathé Films

Lucas Chauviré
Lucas Chauviré Rédacteur