On chante et on s'amuse au son de la cornemuse durant les Highland Games
Insolite

Zoom sur les Highland Games, les jeux écossais

On chante et on s'amuse au son de la cornemuse durant les Highland Games © Visit Scotland

Peut-on imaginer un événement sportif plus fun que voir des gens en kilt lancer des troncs d’arbre au son de la cornemuse ? Bienvenue en Écosse !

Qui sera le dernier Highlander ?

On vous voit venir et on vous rassure tout de suite : personne ne coupe la tête de personne. On n’est pas dans le film avec Christophe Lambert… Les Highlands, que l’on peut traduire par “hautes terres”, correspondent à la région nord-ouest montagneuse de l’Écosse, entrecoupée de lochs et îles magnifiques, comme celle de Skye. C’est là que se trouve le fameux Loch Ness, par exemple. Les Highland Games permettent de célébrer la culture écossaise et l’héritage culturel de la région, les membres des différents clans s’affrontant dans ces épreuves folkloriques, et revêtant leurs plus beaux kilts parés du tartan familial.

En plus des épreuves sportives, on peut assister à des expositions, des concerts de musique traditionnelle, des duels de cornemuse, concours de danse ou des dégustations de haggis. D’ailleurs, une épreuve baptisée “lancer de haggis” a été introduite comme une farce dans les années 1970, mais continue de se dérouler, avec même l’existence d’une association internationale de lancer de haggis ! Ah oui, le haggis, c’est de la panse de brebis farcie. Écrit comme ça, ça ne donne peut-être pas forcément envie, mais on vous garantit qu’en vrai, c’est délicieux. Accompagné de purée, on dirait un hachis parmentier plus relevé.

On comprend mieux pourquoi il a mis des collants sous son kilt...
On comprend mieux pourquoi il a mis des collants sous son kilt... © Visit Scotland

À l’origine

La légende dit que les Highland Games auraient été inventés au XIème siècle. Le roi Malcolm III voulait choisir le meilleur coureur de la région comme messager personnel et organisa une course à pieds jusqu’au sommet de Craig Choinnich. D’autres seigneurs l’ imitèrent par la suite, organisant des jeux pour désigner les champions. Mais après la bataille de Culloden, en 1746, les anglais interdisent le port du kilt, la cornemuse et les rassemblements. La tradition des Highlanders est mise à mal jusqu’à la suppression de cette loi, au XIXème siècle.

Les jeux sont donc relancés, dans la forme que l’on connaît actuellement. Au programme, du fun, certes, mais aussi beaucoup de force. Parce qu’en Écosse, ils aiment bien lancer des choses !

Kilts mains libres

En effet, la liste des épreuves met bien en évidence la puissance et le lancer d’objets divers et variés. Outre le fantaisiste haggis déjà abordé, on peut donc admirer des épreuves comme :

  • Le lancer de troncs d’arbres : en VO, “toss the caber”. Il faut projeter en l’air un arbre ou une poutre de plus de cinq mètres. Le but n’est pas de l’envoyer le plus loin possible, mais de lui faire faire un demi-tour complet. Pour un lancer parfait, il faut que l’extrémité initialement au sommet touche le sol avec un angle de 90°. Ah oui, petit détail toujours sympa : un arbre de cette taille pèse entre 40 et 60 kilos...
  • Le lancer de pierre : “stone put” en VO. Comme son nom l’indique, il faut lancer une pierre le plus loin possible. Et vous imaginez bien qu’il ne s’agit pas d’un simple galet comme quand on fait des ricochets au bord de l’eau hein…
  • Le lancer de marteau : le fameux “scottish hammer throw”. Là encore, assez simple à comprendre. Le marteau pèse entre sept et dix kilos. Une épreuve idéale pour enfoncer le clou…
L'épreuve préférée de Thor dans les Highland Games : le lancer de marteau
L'épreuve préférée de Thor dans les Highland Games : le lancer de marteau © Visit Scotland
  • Le lancer de poids : le “weight throw” est basé sur le même principe, avec une boule d’acier ou de plomb reliée à une chaîne qu’il faut projeter le plus loin possible.
  • Le lancer de poids en hauteur : ou le “weight throw over the bar”, comme ils disent là-bas. Comme pour le lancer de troncs, on prend de la hauteur ici, avec un poids de 25 kilos à lancer au-dessus d’une barre, que l’on lève après chaque réussite. Une des épreuves phares des Highland Games.
Le lancer de poids en hauteur, épreuve renversante des Highland Games
Le lancer de poids en hauteur, épreuve renversante des Highland Games © Visit Scotland
  • Le tir à la corde : répondant en anglais au doux nom de “tug of war”. On arrête de lancer des trucs en solo, pour un affrontement en équipe pour ce défi simple à comprendre, mais qui demande toujours de la force.
Simple, basique, mais toujours efficace pendant les Highland Games : un bon vieux tir à la corde
Simple, basique, mais toujours efficace pendant les Highland Games : un bon vieux tir à la corde © Visit Scotland
  • Les courses de vitesse et de demi-fond : retour aux origines des Highland Games pour une petite épreuve de course. En kilts, évidemment.
  • Lutte écossaise : back-hold en VO. Pour un bon duel de costauds comme il faut.

Demandez le programme

Au milieu de toutes ces épreuves de force, on trouve également quelques moments plus légers, comme la Danse de l’Épée (“sword dance”), où des danseurs et danseuses traditionnelles font des pas autour d’une épée.

Les pipebands, fanfares vêtues traditionnellement avec cornemuses et percussions, sont également présents pour mettre une grosse ambiance musicale toute la journée. Il y a aussi des duels de sonneurs, le nom que l’on donne aux joueurs de cornemuse. Et pour danser le soir, il y a aussi les ceilidh, bals de musique traditionnelle, histoire de parfaitement finir une journée riche en émotions.

Si vous rêvez d’assister à des Highland Games en Écosse, ils s’en déroulent de très nombreux de mai à septembre, avec une grosse activité en juillet-août. Vous pouvez retrouver toutes les dates et informations sur le site Visit Scotland. Et rappelez-vous, avec ces Highlanders, le seul risque de perdre la tête, c’est en y allant trop fort sur certaines dégustations de mets locaux !

Sources : Visit Scotland, Terres Celtes

Sébastien Delecroix
Par Sébastien Delecroix Rédacteur