Moïse Kouamé, l’enfant prodige qui fait trembler Roland-Garros
On ne lui parle pas d'âge. Pourtant, c'est bien parce qu'il a tout juste 17 ans, 2 mois et 21 jours, que Moïse Kouamé fait déjà parler de lui. Jugé trop arrogant sur les réseaux sociaux, il a su taire les critiques en s’imposant au premier tour de Roland-Garros, 3-0 face au Croate Marin Čilić. Mais qui est ce jeune homme au potentiel hors norme ?
Il avait rendez-vous avec l’histoire, il n’a pas tremblé. Mardi 26 mai, sur le court Simonne-Mathieu en feu, Moïse Kouamé a fait ce que peu de joueurs de son âge ont osé faire dans le tennis moderne : gagner un match en Grand Chelem. Et pas contre n’importe qui. Face à Marin Čilić, champion de l’US Open 2014, le gamin de 17 ans a sorti un tennis d’une maturité déconcertante pour s’imposer 7-6, 6-2, 6-1.
Bénéficiaire d’une wild card, Kouamé n’est pas venu en touriste à la porte d’Auteuil. Il est venu gagner.
Mais qui est Moïse Kouamé ?
L’histoire commence à Sarcelles, dans le Val-d’Oise. Né d’une mère d’origine camerounaise et d’un père d’origine ivoirienne, le petit Moïse chausse ses premières baskets de tennis à 5 ans sur les courts du coin. La Fédération française de tennis repère vite la perle rare et prend le relais.
Direction ensuite la Belgique, où il intègre l’académie de Justine Henin, ancienne numéro 1 mondiale, à Louvain-la-Neuve. L’ex-championne ne s’y trompe pas : "Il était très jeune, il avait déjà envie d’aller très vite. Il y a une forme d’urgence chez Moïse, c’est une force et quelque chose à canaliser", a-t-elle déclaré sur France TV.
Depuis février, le natif de Sarcelles s’entraîne dans l’académie de Patrick Mouratoglou, entouré d’un staff cinq étoiles : Daryl Monfils à l’agence, Laurent Raymond à l’entraînement, et Richard Gasquet comme conseiller principal. Du lourd, pour un gamin qui n’a pas encore son baccalauréat.
Une fusée dans les classements
Les chiffres donnent le vertige. Moïse Kouamé débutait l’année à la 876e place mondiale. Après sa première victoire à Roland-Garros, il sera au minimum aux alentours du 250e rang mondial. Plus de 600 places gagnées en moins de six mois. Une ascension presque indécente.
Avant la Porte d’Auteuil, il avait déjà signé trois titres sur le circuit ITF et, surtout, décroché une victoire en Masters 1000 à Miami en renversant l’Américain Zachary Svajda en trois sets. À 17 ans, il devenait ainsi le plus jeune joueur à s’imposer dans cette catégorie depuis un certain Rafael Nadal, 16 ans, à Monte-Carlo, en 2003. La comparaison fait rêver.
À Roland-Garros, les records ont continué de tomber. Kouamé est désormais le plus jeune joueur à gagner un match en Grand Chelem depuis l’Australien Bernard Tomic, 16 ans à l’Open d’Australie 2009. Il est également le deuxième plus jeune Français à s’imposer à Roland-Garros, derrière Thierry Tulasne en 1980.
Le successeur que la France attend ?
Le tennis français trépigne depuis 1983. Cette année-là, Yannick Noah soulevait la Coupe des Mousquetaires. Depuis, aucun Français n'a su s'imposer porte d'Auteuil. Tsonga, Monfils, Simon, Gasquet, la génération dorée a frappé fort sans jamais décrocher le Graal.
Kouamé, lui, arrive avec une génération différente et une insouciance assumée. Fan de Novak Djokovic, le Français n’a pas la langue dans sa poche, les critiques sur les réseaux sociaux qui lui reprochaient son arrogance ont reçu la meilleure des réponses : trois sets et au revoir.
Moïse Kouamé n’a pas de temps à perdre. Et visiblement, le tennis non plus.
Sources : ICI, RMC Sports