Le "prince français du voguing" Kiddy Smile a offert un show haut en couleurs sur le Parvis de l'Hôtel de Ville.
France

FNAC Live Paris : on a vu Kiddy Smile, Columbine et Therapie TAXI

Le "prince français du voguing" Kiddy Smile a offert un show haut en couleurs sur le Parvis de l'Hôtel de Ville. © Jessica Rat / SFR Actus

La troisième et dernière journée du FNAC Live Paris 2019 a clairement été placée sous le signe du hip, sous le signe du hop, sous le signe du hip-hop.

Ce qui s’est ressenti dès le premier groupe, Glauque, qui a hérité de la lourde tâche de chauffer une foule un peu moins dense que les autres jours au même horaire. Il est 18 heures et la formation belge va parfaitement faire le job. C’est d’ailleurs plutôt classe de pouvoir dire : "On est Glauque et on vient de Belgique." Trois musiciens au fond de la scène, deux chanteurs qui se relaient — dont un plus mobile que l’autre pour venir motiver les premiers rangs. La formule fonctionne très bien. Glauque, c’est donc du hip-hop avec beaucoup d'electro, entre parties plus posées, slamées façon Grand Corps Malade et d'autres plus punchy qui font jumper un public toujours aussi chaud bouillant. Quelques bons passages, mais un set peut-être un peu répétitif. Très bonne énergie en tout cas.

Le show LGBT+ de Kiddy Smile

Place à l'artiste le plus haut en couleur du festival et de loin. Kiddy Smile débarque avec un décor de folie : grande bouche gonflable en fond de scène (à l’intérieur de laquelle se cache son DJ), deux choristes coiffées d’incroyables perruques (gonflables, elles aussi) qui font penser à des glaces à l'italienne géantes et une ribambelle de danseurs et danseuses, tout en strass et paillettes, portant bien haut le drapeau LGBT+. C'est forcément du grand délire dans le jeune public, ravi du spectacle proposé par le prince français du voguing. Il sait comment motiver son monde : des sons très house et de nombreuses chorégraphies assurées par la troupe, à base de grands écarts ou twerks qui font hurler les kids. De plaisir, évidemment…

Les danseurs et danseuses de Kiddy Smile ont assuré des chorégraphies aussi incandescentes que maîtrisées.
Les danseurs et danseuses de Kiddy Smile ont assuré des chorégraphies aussi incandescentes que maîtrisées. © Jessica Rat / SFR Actus

La (jeune) foule en délire avec Columbine

Peut-être le groupe le plus attendu de cette troisième journée, Columbine débarque et s'installe avec un décor scénique reprenant son logo : une kalachnikov mixée avec une colombe. Mais c'est plus la guerre que la paix dans la fosse, qui s'agite et pogote sur les tubes hip-hop du groupe comme C’est Pas Grave ou Cache-Cache. Et surtout, ça chante super, super fort. Au niveau des décibels, on est quasiment au niveau de Aya Nakamura et Eddy de Pretto les soirs précédents. Et ouais : rien ne chante plus fort que des milliers d'ados survoltés. Même pas Mariah Carey. Le duo, composé de Lujepika et Foda C, est en terrain conquis et enchaîne les morceaux avec beaucoup d'effets sur la voix, dont de l'auto-tune en direct. Les deux chanteurs de Columbine font aussi des titres solo (Âge d’Or, Borderline), chacun leur tour. Et pendant l'un d'eux, Foda C (celui qui n’a pas les cheveux longs) se pose sur les marches de l'escalier derrière la scène, seul, l'air absent, comme pour déconnecter avant de repartir foutre le feu sur scène avec Bart Simpson, Pierre, Feuille, Papier, Ciseaux, puis le hit Adieu Bientôt venu naturellement clore le set.

Hervé, un talent à suivre

La foule se disperse un peu après le passage de Columbine, mais réserve quand même un accueil bien chaleureux à Hervé. Un gars du coin, qui dit avoir fait toutes les éditions du festival en tant que spectateur et qui est donc super heureux de jouer ce soir. Dans un t-shirt blanc tout simple mais incroyablement bien repassé, il s'agite sur ses claviers, esquissant quelques pas de danse pour accompagner ses compos electro-pop en français, avec une reprise d'Alain Bashung en cadeau bonus. Il s'en va, heureux, sous des acclamations : "Hervé ! Hervé !" Chose que l'on n'aurait jamais cru possible à un festival de jeunes en 2019. Non parce que, comme prénom, Hervé, sans avoir connu la guerre, c'est compliqué quand même…

Le public a résisté à la chaleur pour découvrir le set de Hervé.
Le public a résisté à la chaleur pour découvrir le set de Hervé. © Jessica Rat / SFR Actus

Le phénomène Therapie TAXI

Dans une journée à la programmation clairement orientée “musique urbaine”, comme on dit aux Victoires de la Musique, Therapie TAXI pourrait presque passer pour un OMNI (Objet Musical Non Identifié). C’est quand même le seul groupe de la journée venu sur la Grande Scène avec de vrais instruments ! Reste que sa bonne réputation en live et les nombreux tubes présents sur son unique album (pour l’instant…) lui permettent de mettre une grosse ambiance d’entrée de jeu, en envoyant PVP, Hit Sale ou Avec Ta Zouz. Entre rock, pop, electro et rap, sonnant comme une rencontre entre Fauve et La Femme, Therapie TAXI fait chanter et danser tout le monde sur le Parvis de l’Hôtel de Ville de Paris. Les deux leaders se partagent la scène avec harmonie, entre danses survitaminées pour Adélaïde Chabannes de Balsac et interactions avec le public pour Raphaël Faget-Zaoui, qui tantôt demande aux gens de hurler à la mort sur Cri des Loups, tantôt partage sa gourde (d’eau ?) avec ses fans du premier rang.

"Adé" et "Raph", duo emblématique de Therapie TAXI.
"Adé" et "Raph", duo emblématique de Therapie TAXI. © Jessica Rat / SFR Actus

Alors qu’il s’amuse de reconnaître dans le public un élève du temps où il était pion, sa complice a un message bien plus cru pour les videurs de boîte de nuit, encourageant la foule à sauter sur le refrain de la catchy Superstar pour symboliser la haine de ceux qui décident qui rentre ou pas. Plus musclés que sur l’album, les titres de Therapie TAXI s’avèrent ainsi très fédérateurs. Et c’est une bien jolie fiesta qui se tient ce vendredi soir, avec comme bouquet final le tube Salop(e), sans doute co-écrit ave Gilles de la Tourette. Réclamé à blinde par la foule, le morceau offre d’abord un bien joli moment, avec un pré-refrain romantique et gentillet, hurlé par des milliers de personnes qui balancent leurs bras de droite à gauche… Avant l’avalanche de jurons destinés aux ex, jouissivement accueillie par le public en délire. Un sacré défouloir.

Prêts pour les 10 ans du FNAC Live ?

Clôturée comme dans une boîte de nuit, par un DJ set d’Agoria qui satisfait les irréductibles sans non plus faire trop de vagues, cette nouvelle édition du FNAC Live Paris a réuni près de 100 000 spectateurs sur trois jours. Sous un grand soleil et dans une très bonne ambiance générale, les concerts gratuits auront ainsi permis au public de voir, que l’on aime ou pas, de véritables phénomènes de la scène française que sont Aya Nakamura, Eddy de Pretto, Columbine, ou encore Therapie TAXI. Ajouté à cela de jolis live signés Parcels, Clara Luciani, Radio Elvis, Flavien Berger, Étienne de Crécy, ou encore Pépite, Suzane et Hervé parmi les talents en devenir... Le tout sans avoir à débourser un centime… C’est assez dingue quand on y pense. Et sachant que, l’année prochaine, le FNAC Live Paris fêtera sa dixième édition, on a bien hâte de découvrir la programmation anniversaire !

Par Sébastien Delecroix et Jessica Rat