Liam Gallagher et son poncho sur la scène du Zénith de Paris, le 24 février 2020
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Liam Gallagher, british invasion au Zénith de Paris

Liam Gallagher et son poncho sur la scène du Zénith de Paris, le 24 février 2020 © Jessica Rat / SFR Actus

Vendredi 21 février, Paris avait un petit quelque chose de ville anglaise. Non pas parce qu'il pleuvait, mais parce que Liam Gallagher, chanteur mythique du groupe Oasis, était de passage dans un Zénith rempli de fans, dont beaucoup en provenance du pays où on roule à gauche...

La présence en nombre des sujets de sa Gracieuse Majesté se ressent quand la sono balance des tubes rock pour faire patienter un Zénith qui affiche complet. Les refrains sont repris en chœur, des pas de danse plus ou moins chaloupés sont esquissés aux quatre coins de la fosse, et les "Liam ! Liam !" retentissent régulièrement. En fait, on a l'impression que les fans anglais suivent Liam Gallagher en tournée comme des supporters pour une équipe de foot...

D'ailleurs, quand les lumières s'éteignent et qu'un chant à la gloire de Manchester City retentit, on comprend que les choses sérieuses vont commencer. Mais pas tout de suite. En guise de seconde intro, c'est une chanson d'Oasis qui résonne maintenant et vient faire hurler les premiers rangs. Fuckin' in the bushes est accompagné d'un clip à la gloire de Liam, qui arrive à la fin du morceau, accompagné de ses musiciens. Vêtu d'un poncho blanc, muni d'un tambourin, de maracas et d'une flûte qui ne sert à rien, le gaillard ressemble vraiment à un artiste que l'on peut croiser dans le métro, et à qui on ne donnerait jamais un euro. Mais là, c'est Liam Gallagher, une véritable rock star. Ce que l'on comprend dès que les premières notes de Rock'n'roll star sont lâchées. La foule saute sur place, les gobelets volent en l'air et la boisson houblonnée qu'ils contenaient vient arroser tout le monde. On se croirait vraiment dans un pub bondé un samedi soir, et tout le monde reprend en chœur le refrain, avec maintenant une certitude : c'est bien à un petit concert d'Oasis que l'on va assister ce soir, en 2020...

Car si Liam Gallagher enchaîne ensuite sur cinq titres de son répertoire personnel, dont les très bonnes Shockwave ou Be still de son excellent album Why me ? Why not, la suite ravit les fans du groupe au nom de jus d'orange. C'est bien simple, sur les 19 titres joués ce soir là, 12 sont signés Oasis. Autant dire que le Zénith se transforme vite fait bien fait en karaoké géant, alors que l'on entend les refrains de Morning glory, Colombia, Stand by me, Gas panic! ou Live forever. L'ambiance est vraiment à la fête, sauf pour une personne, qui doit clairement passer l'une des pires soirées de sa vie : l'ingé-son qui s'occupe des retours sur scène.

Quand Liam Gallagher dit qu'il va jouer des chansons d'Oasis en concert, c'est pas du pipeau
Quand Liam Gallagher dit qu'il va jouer des chansons d'Oasis en concert, c'est pas du pipeau © Jessica Rat / SFR Actus

Quand Liam Gallagher pourrit son ingé-son sur scène

Dès le début du concert, Liam Gallagher, dont le caractère n'est pas réputé comme le plus agréable possible, adresse de grands gestes au technicien, sur le côté de la scène. Et il le pourrit sur chaque chanson, allant même jusqu'à débrancher son micro pour le balancer par terre à la fin d'un titre. Pourtant en façade, le son est très correct, et Liam est entouré par cinq retours. Mais visiblement, cela ne convient pas à la rock star, qui "a peur de s'endormir". Étrangement, ou pas, c'est quand il a du mal à chanter sur des passages plus aigus, comme les refrains de For what it's worth, qu'il s'agace le plus. Les problèmes techniques, une bonne excuse, ou une façon de se montrer bien désagréable et entretenir sa légende d'enfant terrible du rock'n'roll ?

Liam Gallagher avait du mal à s'entendre, et ne s'entend visiblement pas avec son ingé-son...
Liam Gallagher avait du mal à s'entendre, et ne s'entend visiblement pas avec son ingé-son... © Jessica Rat / SFR Actus

Pendant que l'ingé-son doit passer le concert à se demander s'il ne va pas être viré dans les minutes qui suivront, la foule se régale, avec un premier rappel qui ne fait pas dans la dentelle : QUE des chansons d'Oasis, d'Acquiesce à une superbe version de Champagne Supernova, en passant par la redoutable Supersonic. Retour dans les loges, sans qu'Éric Cantona, présent dans la salle, ne soit monté sur scène pour Once (il apparaît dans le clip), ou que Grégoire ne vienne remplacer Noel Gallagher pour sa version très... personnelle, de Don't look back in anger :

Joyeux Noël

Mais revenons aux choses sérieuses, avec la présence de Bonehead, guitariste historique d'Oasis, dans la formation qui accompagne Liam Gallgher sur scène, assurant ainsi LE son qui a fait le succès du groupe. Pour le rappel, le chanteur demande au public de choisir entre deux titres : Wonderwall et Cigarettes & Alcohol. Le vote à l'applaudimètre est encore plus indécis qu'un avant-centre de Ligue 1 dans la surface de réparation, mais finalement Liam finit par trancher. "Puisque c'est bientôt Noël, on va jouer les deux". C'est donc parti pour une énorme séance de sing along sur le tube Wonderwall, qui fait retourner en enfance / adolescence / jeunesse tout le Zénith, avant une ultime séance de jumping général sur Cigarettes & Alcohol. Un geste de la main, un "Merry Christmas" lâché avec ce flegme qui le caractérise, et Liam Gallagher quitte la scène comme il est arrivé : en rock star.

On repart avec le sentiment d'avoir assisté à un concert d'Oasis en 2020, et ce n'était pas un mirage. Et on ne sait pas pourquoi, mais on mettrait bien une petite pièce sur la présence de Liam Gallagher à Rock en Seine cette année. Pour une revanche de 2009 ?

Sébastien Delecroix et Jessica Rat