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Didier Deschamps lors du match opposant la France au Maroc en quarts de finale de la Coupe du monde de la FIFA 2026.
Football

Merci DD ! Les 5 moments qui ont construit la longévité de Didier Deschamps à la tête des Bleus

Didier Deschamps lors du match opposant la France au Maroc en quarts de finale de la Coupe du monde de la FIFA 2026. © Zuma / Icon Sport

Après la Coupe du monde 2026 et sa dernière sur le banc tricolore, Didier Deschamps referme quatorze années d’un règne hors norme. Du Brésil à Miami, retour sur cinq moments qui ont façonné l’ère du sélectionneur le plus capé de l’histoire des Bleus.

"Merci DD !" Le message a résonné dans tout le pays au coup de sifflet final de France - Angleterre, match pour la troisième place de la Coupe du Monde 2026 et dernière danse de Didier Deschamps sur le banc de l’équipe de France. Un bilan qui donne le vertige : 122 victoires en 185 matchs, une Coupe du Monde, une Ligue des Nations, une finale d’Euro et deux finales mondiales. Chapeau bas.

Tout commence en juillet 2012. Deschamps débarque avec un contrat de deux ans, reconductible en cas de qualification pour le Mondial 2014. Dès sa première conférence de presse, le ton est donné : le sélectionneur veut faire le ménage. Le traumatisme de Knysna, aggravé par les polémiques de l’Euro 2012, a laissé des traces chez cet homme pour qui l’honneur du maillot ne se négocie pas. “Les joueurs n’ont plus le droit à l’erreur”, prévenait-il, mâchoires serrées, avant d’ajouter : “Si j’estime qu’un joueur peut mettre en péril ces valeurs, ma fonction sera de trancher.” La suite, on la connaît.

France - Ukraine, le match qui a tout changé

Avant d’écrire l’histoire, Deschamps a d’abord dû la sauver. Après treize matchs, il affiche le pire bilan d’un sélectionneur des Bleus (quatre victoires, quatre nuls, cinq défaites), et la campagne de qualification pour le Mondial 2014 tourne au vinaigre. Devancés par l’Espagne, les Bleus doivent passer par la case barrages. En octobre 2013, un sondage du Parisien révèle que 82% des Français ont une mauvaise image de leur équipe nationale.

Le tirage au sort désigne l’Ukraine, un adversaire jugé abordable. Sauf que rien ne se passe comme prévu : battus 2-0 à Kiev à l’aller, les Bleus flirtent avec l’impensable, une élimination qui n’était plus arrivée depuis vingt ans. Le tacticien fait donc le choix fort de rappeler Raphaël Varane, Karim Benzema, Mathieu Valbuena et Mamadou Sakho, ce dernier devenant le héros improbable du match retour avec un doublé. Victoire 3-0, et surtout un moment de communion retrouvée entre le public et l’équipe. Un déclic, que Deschamps reconnaît a posteriori : sans cette soirée, tout aurait peut-être basculé autrement pour lui.

Euro 2016 : Griezmann ravive la flamme

Trois ans plus tard, la France reçoit l’Euro à domicile et les attentes explosent. Sur le terrain, l’équipe doute encore, mais elle avance et un visage s’impose : Antoine Griezmann. Son doublé en demi-finale contre l’Allemagne (2-0) transporte le pays dans une ferveur collective, inédite depuis des années.

Le rêve d’un premier titre depuis l’Euro 2000 s’écroule pourtant en finale, au Stade de France, où le Portugal frappe en prolongation par l’intermédiaire d’Eder, attaquant du championnat français évoluant à Lille. Défaite douloureuse, mais paradoxalement fondatrice : le public pleure avec ses joueurs plutôt que de chercher un coupable. Les Bleus ont perdu un trophée, mais ont retrouvé un lien viscéral et nécessaire avec leurs supporters.

La deuxième étoile et l’avènement de Mbappé

Mais ils reviendront… Et la nouvelle génération débarqua. Deschamps renouvelle ses couloirs avec Benjamin Pavard et Lucas Hernandez, mais c’est un nom qui change tout : Kylian Mbappé. Le prodige monégasque, propulsé titulaire à 18 ans, apporte ce qui manquait jusque-là au collectif : la capacité à faire basculer un match seul, par la vitesse et l’insouciance.

Le Mondial 2018 en Russie démarre pourtant avec prudence puis un déclic survient en huitièmes contre l’Argentine : un choc à 4-3 remporté grâce à un Mbappé étincelant, qui lance la machine. L’Uruguay (2-0) puis la Belgique (1-0) tombent, avant une finale à 4-2 face à la Croatie. Pas le plus beau des matchs, mais la coupe est là.

2022 : la montée en puissance sans récompense

Critiqué pour ses choix et un jeu jugé trop pragmatique, Deschamps se réinvente une nouvelle fois. Il rappelle Karim Benzema après presque six ans d’absence, pour former un trio avec Griezmann et Mbappé aussi séduisant sur le papier que frustrant dans les faits. L’Euro 2021 tourne au fiasco dès les huitièmes, face à la Suisse (3-3, défaite aux tirs au but). La pire désillusion de l’ère DD dans un grand tournoi.

Un titre en Ligue des Nations plus tard, le trio explose avant même le coup d’envoi du Mondial 2022 : Benzema, blessé, prend sa retraite internationale dans des circonstances énigmatiques. Malgré une avalanche de blessés (Kanté, Pogba, Lucas Hernandez), les Bleus atteignent une nouvelle finale. Ils s’inclinent une nouvelle fois aux tirs au but, après un match fou et un triplé de Mbappé face à l’Argentine de Messi (3-3, 2-4 t.a.b.).

Les records d’une ère

Nommé le 9 juillet 2012 pour un contrat initial de deux ans, Didier Deschamps sera finalement resté quatorze ans à la tête des Bleus. Une longévité qui en fait le sélectionneur le plus capé de l’histoire de l’équipe de France, avec 185 matchs, très loin devant Raymond Domenech (79 matchs entre 2004 et 2010). Il termine également comme le technicien le plus victorieux de l’histoire de la Coupe du monde, avec 27 succès au compteur. Un règne qui pourrait bien trouver son héritier en la personne de Zinédine Zidane, probable futur sélectionneur de l’équipe de France.

En fin de compte, il serait impossible de résumer une carrière aussi dense en un seul article. Mais l’essentiel est là : Didier Deschamps a redonné l’envie à des supporters usés par les crises, reconstruit un groupe capable de gagner, et redoré le blason tricolore pendant quatorze ans.

Merci, Monsieur Deschamps.

Source : france info

Lucas Chauviré
Lucas Chauviré Rédacteur