Michael Schumacher lors du Grand Prix d'Aléaïde le 13 novembre 1994.
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Schumacher '94 - la naissance d'une légende : retour sur l'année où la légende s'est écrite

Michael Schumacher lors du Grand Prix d'Aléaïde le 13 novembre 1994. © Getty Images / Netflix

Netflix replonge dans l’univers de la Formule 1 et s’attarde cette fois-ci sur l’une des saisons les plus sombres, et pourtant les plus glorieuses de Michael Schumacher. Entre deuils, soupçons de triche et final explosif, retour sur un sacre aussi fondateur que contesté.

Plus de trois décennies après les faits, la plateforme consacre un nouveau documentaire à la conquête du premier titre mondial de l’Allemand, quelques années après un portrait du septuple champion sorti en 2021. Au casting des témoins de premier plan : Flavio Briatore, alors patron de Benetton à l’époque, Pat Symonds, ingénieur de course, ainsi que Willi Weber, ancien manager et artisan de la "Schumi Mania".

Une saison placée sous le signe du deuil

Avec la retraite d'Alain Prost à l’issue de la saison 1993, tout le paddock s’accorde à désigner Ayrton Senna comme grand favori de 1994. Face à lui, Schumacher, 3e puis 4e de ses deux premiers championnats, s’impose comme son rival le plus sérieux. Mais le duel annoncé tourne court : l'Allemand s’adjuge les deux premières manches, tandis que le Brésilien abandonne à chaque fois. Puis vient Imola. Lors du troisième Grand Prix de l’année, Senna y trouve la mort, quelques heures après celle de Roland Ratzenberger, dans un week-end qui plonge la F1 dans la stupeur.

Privé d'un adversaire de poids, Schumacher domine ensuite sans partage la première moitié de l'exercice. Mais les critiques montent : dans les stands, on murmure que Benetton utiliserait des aides électroniques pourtant bannies par le nouveau règlement. À Silverstone, l'Allemand double Damon Hill pendant le tour de chauffe, écope d'un "stop and go" qu'il ignore, puis d'un drapeau noir. Deuxième sur la piste, il est finalement disqualifié et suspendu deux courses (Italie et Portugal). En Belgique, sa victoire lui est retirée à cause d'un fond plat trop usé.

Un final explosif

Hill, lui, revient en force. Enchaînant victoires et podiums, il n'accuse plus qu'un point de retard avant la finale (92 contre 91 pour Schumacher). C’est donc lors du dernier Grand Prix de la saison à Adélaïde que tout se jouera. Au 36e tour, l'Allemand manque un freinage, heurte le mur et repart avec une Benetton endommagée. Hill plonge à l'intérieur, Schumacher ferme la porte et le contact est inévitable : le Britannique doit abandonner. Le titre revient à Schumacher, tandis que Nigel Mansell s'impose pour la dernière fois de sa carrière

Un geste qui le poursuivra

Cette manœuvre reste aujourd'hui l'une des plus débattues de l'histoire de la F1. Elle ressurgira en 1997, lorsque Schumacher tentera le même coup sur Jacques Villeneuve, avec cette fois un tout autre dénouement : son exclusion du championnat. Reste que 1994 a lancé une carrière à sept couronnes, qui hissera l'Allemand au panthéon de la discipline.

Mais le Baron Rouge ne s'est pas arrêté en si bon chemin. Sacré une seconde fois avec Benetton en 1995, Schumacher rejoint Ferrari en 1996 et reconstruit la Scuderia, alors à la dérive, avant de lui offrir cinq titres consécutifs entre 2000 et 2004.

Il prend sa retraite fin 2006 avec 91 victoires, avant un retour chez Mercedes de 2010 à 2012, sans retrouver sa superbe d'antan. Mais le 29 décembre 2013, tout bascule : lors d'une sortie de ski hors-piste à Méribel, il chute et subit un grave traumatisme crânien. Plongé dans un coma artificiel, il n'est plus apparu en public depuis. Sa famille, qui veille sur lui à l'abri des regards, a fait du secret une règle absolue, ne laissant filtrer que de rares informations sur son état. Son fils Mick a, lui aussi, tenté sa chance en Formule 1, portant un nom à l'héritage aussi lourd qu'admiré.

Schumacher 94 : la naissance d'une légende est disponible dès maintenant sur Netflix.

Source : Oscaro

Lucas Chauviré
Lucas Chauviré Rédacteur