Paul Walter Hauser, Sam Rockwell et Kathy Bates à l'affiche (entre autres) du film "Le Cas Richard Jewell".
Cinéma

Clint Eastwood nous livre l'histoire passionnante du "Cas Richard Jewell"

Paul Walter Hauser, Sam Rockwell et Kathy Bates à l'affiche (entre autres) du film "Le Cas Richard Jewell". © Warner Bros. France

L'illustre cinéaste américain, véritable légende vivante d'Hollywood, revient dans les salles obscures ce mercredi 19 février avec une nouvelle réalisation : Le Cas Richard Jewell. Un grand film (encore), qui retrace une histoire incroyable mais vraie, porté par un casting cinq étoiles.

On pourrait finir par s’en lasser, des biopics de Clint Eastwood qui témoignent de l’héroïsme à l’américaine. C’est que le réalisateur semble ne vouloir parler plus que de cela, ou presque, lui qui nous a présenté coup sur coup les exploits du pilote qui avait amerri en urgence sur l'Hudson en 2009, Sully, puis ceux de ces trois Américains qui ont déjoué l’attentat du Thalys, le fameux 15h17 pour Paris, en 2015. Aujourd’hui, il remonte un peu plus loin dans le temps en nous rappelant l’acte terroriste des JO d’Atlanta, en 1996, qui aurait pu faire bien plus de victimes sans l’intervention d’un certain agent de sécurité... Ce Cas Richard Jewell est-il le film patriotique de trop dans la (grande) filmographie du cinéaste ? Eh bien non. 

Force est de constater en effet que Clint Eastwood excelle dans le genre, nous livrant une fois de plus une histoire incroyable mais vraie, qui a le mérite de nous tenir en haleine pendant un peu plus de deux heures. On vous rappelle le pitch, pour ceux qui l’auraient oublié — ou n’auraient tout simplement pas suivi l’affaire de près, de ce côté-ci de l’Atlantique...

Du héros américain à l'homme le plus détesté des États-Unis

Ayant le premier alerté de la présence d’une bombe au parc du Centenaire, qui accueillait des concerts dans le cadre de l’événement olympique, l’agent de sécurité Richard Jewell a vite été érigé au rang de héros. Dans les heures qui ont suivi l'acte terroriste, il était en effet aux yeux du monde l’homme qui a permis d’éviter un massacre. Mais c'était sans compter sur le FBI, qui dans la précipitation en a fait son principal suspect. Car Richard Jewell collait en même temps parfaitement au profil du loup solitaire. Aussi sa réputation a-t-elle tout d'un coup basculé lorsque l'information a fuité dans les médias : de véritable "American Hero", cet individu, par ailleurs naïf, est devenu l'homme le plus détesté des États-Unis.

Plus qu'une histoire d'héroïsme, c'est donc le récit d'une déchéance que Clint Eastwood nous raconte aujourd'hui — un peu à l'image d'ailleurs de celle de Sully. Un récit d'autant plus passionnant qu'il retrace le combat mené par l'accusé (à tort) pour blanchir son nom. Lui qui, vouant un profond respect pour l'insigne, se laisse outrageusement balader par les agents fédéraux… Et ce qui fait toute la force de ce nouveau long-métrage, outre la richesse donc du scénario et une réalisation toujours aussi fluide, c'est bien évidemment l'interprétation de ceux qui incarnent les protagonistes de l'affaire.

Un inconnu entouré de grands noms

Au premier plan, un acteur méconnu du grand public (quoique certains le reconnaîtront peut-être pour ses petits rôles dans BlacKkKlansman ou Moi, Tonya) : Paul Walter Hauser se glisse à la perfection dans la peau de ce candide Richard Jewell. À ses côtés, c'est en outre un casting cinq étoiles qui vient le soutenir puisque l'on retrouve l'excellente Kathy Bates dans le rôle touchant de sa mère, Bobi Jewell, ainsi que l'homme aux multiples visages qu'est Sam Rockwell dans celui de son avocat irrévérencieux mais emphatique, Watson Bryant. Et dans le camp adverse, c'est l'éternel "Mad Man" Jon Hamm qui incarne l'agent du FBI implacable Tom Shaw, alors qu'Olivia Wilde interprète jusqu'à l'agacement (c'est le but) la journaliste sans foi ni loi Kathy Scruggs.

Une distribution qui vaut donc à elle seule le détour, mais promis, ce n'est pas tout ce que vous retiendrez de ce long-métrage. Si l'on ne classera peut-être pas non plus ce Cas Richard Jewell parmi ses meilleures réalisations — il faut dire que ça se bouscule déjà en haut de la liste —, on ne peut néanmoins qu'admettre que Clint Eastwood signe encore là un grand film. Intrigant, émouvant, et tout simplement ahurissant.

Alors que Le Cas Richard Jewell est sorti en salle ce mercredi 19 février 2020, vous pouvez par ailleurs retrouver d'autres chefs d'œuvre de Clint Eastwood en VOD sur la box SFR.

Jessica Rat
https://twitter.com/rat_jessica Jessica Rat Rédacteur