Remake, Reboot, Prequel, Crossovers... que signifient tous ces termes ?
Aujourd’hui, le cinéma c’est souvent pour le grand public une histoire d’affect, des licences que l'on a connues étant petit et que l’on jubile de retrouver en salle. Nombreuses sont en effet les suites ou encore les histoires racontant les débuts d’un personnage emblématique. Les concepts se multiplient, et les appellations aussi. Remake, reboot, sequel... Alors, ça veut dire quoi tout ça ?
Ça ne vous aura pas échappé, ces dernières années de nombreuses franchises font leur retour (Star Wars, Jurassic Park, Top Gun…) et permettent à l’industrie du cinéma de sécuriser une certaine audience. À mesure que ces films reviennent à la vie, ils s’accompagnent souvent de sobriquets : remake, reboot, prequel, spin-off ou encore crossover, et d’autres encore. Ces termes, souvent utilisés à tort et à travers, peuvent prêter à confusion. Pourtant, chacun désigne une manière bien précise de raconter - ou de recycler - une histoire. Voici un guide clair pour enfin s’y retrouver.
Le sequel et le prequel : une histoire de temps
Commençons par les bases. Un sequel (ou suite) est sans doute le terme le plus simple : il désigne une œuvre qui se déroule après les événements d’un premier film ou d’une première série. Par exemple, le récent Le Diable s’habille en Prada 2 est simplement la suite du premier du nom.
À l’inverse, un prequel raconte des événements antérieurs à l’histoire originale, même s’il est produit après. La saga Star Wars en est l’exemple le plus célèbre : la deuxième trilogie - appelée aussi prélogie -, sortie au cinéma au début des années 2000, explore les origines de personnages des films parus deux décennies plus tôt. Autre cas assez connu, Prometheus revient sur les événements qui précèdent ceux de Alien : le huitième passager. C’est un prequel, même si les deux films n’ont aucun personnage en commun.
Remake vs reboot : c’est quoi la différence ?
Souvent confondus, remake et reboot sont pourtant différents dans leur approche.
Un remake consiste à refaire un film déjà existant, en modernisant sa mise en scène ou en l’adaptant à un nouveau public. L’histoire reste globalement la même, avec quelques ajustements pour satisfaire les spectateurs contemporains. On peut prendre pour exemple le film Nosferatu de Robert Eggers, qui reprend le narratif de celui de 1922 de Friedrich Wilhelm Murnau (lui-même une adaptation de Dracula sans les droits).

Le reboot, lui, est plus radical. Il s’agit de repartir de zéro en conservant seulement les bases (personnages, univers), mais sans tenir compte des œuvres précédentes et en prenant une autre direction. La trilogie The Dark Knight de Christopher Nolan en est un bon exemple : elle propose une vision totalement différente de Batman par rapport aux films des années 1990. C’est ce que fera aussi The Batman avec Robert Pattinson quelques années après. Cependant, il faut noter que parfois un reboot n’efface pas complètement les faits des autres œuvres, mais les fait simplement coexister, comme par exemple avec les films Spider-Man.
De ce fait, il peut arriver que la nuance entre les deux soit difficile à discerner pour certaines œuvres. Par exemple, pour le cas de Evil Dead 2013, des fans débattent encore pour savoir si c’est un reboot ou un remake du premier film de Sam Raimi. Ici la confusion vient du fait que ce film présente quelques connexions avec les précédents, suggérant que c’est simplement une timeline différente, ce qui ne serait possible que dans un reboot et non dans un remake. Mais on s’attarde sur des détails techniques…
Revival ou requel : c’est quoi ça encore ?
Plus subtil, le revival consiste à faire revenir une œuvre longtemps après, en conservant sa continuité et souvent ses acteurs d’origine. Contrairement au reboot, il ne s’agit pas d’effacer le passé, mais de le prolonger. Le film Top Gun: Maverick en est un bon exemple : il retrouve le personnage incarné par Tom Cruise des décennies après le premier film, tout en introduisant une nouvelle génération.
Parfois on parle même de requel (oui, ça se complexifie), la contraction de sequel et reboot. La nuance se situe dans le narratif. Là où un revival prolonge l’histoire principale, le requel lui va plutôt se servir de l’histoire précédente comme passerelle pour la nouvelle. C’est le cas par exemple de Scream 5 : il introduit directement une nouvelle génération (ce qui s’apparente à un reboot), mais dans le même univers que les films précédents et en faisant apparaître les anciens personnages de façon plus anecdotique (en les faisant souvent mourir d'ailleurs). La postlogie (encore un autre terme ??) de Star Wars, soit les épisodes 7, 8 et 9, sont également des requels.

Ces deux concepts ont tous les deux pour avantage de pouvoir accrocher à la fois un ancien et un nouveau public. Tout le monde s’y retrouve.
Spin-off, caméo et crossover : étendre un univers
Dans les franchises à succès, il est fréquent de développer des histoires dérivées pour profiter au maximum d’une notoriété. C’est là qu’interviennent les spin-offs et crossovers.
Un spin-off est une œuvre centrée sur un personnage secondaire ou un élément d’un univers existant. Les films La Nonne ou Annabelle sont par exemple des spin-offs de la saga Conjuring : ils développent des personnages (ici des antagonistes), présents brièvement dans les films principaux. On peut aussi penser à Solo pour Star Wars ou Les Animaux Fantastiques pour Harry Potter.
Le crossover, lui, mise sur la rencontre. Il réunit des personnages issus de différentes œuvres dans une même histoire. Le film Alien vs. Predator est sûrement le plus connu et le plus parlant : c’est carrément dans le titre. Ce crossover s'est aussi répété plus subtilement dans le récent Predator : Badlands. En faisant se croiser deux créatures mythiques du cinéma de science-fiction de l’époque, il prolonge un univers en fusionnant les deux publics. Le potentiel est immense quand le film est réussi, mais c’est souvent bancal (Alien vs. Predator en est encore un bon exemple…) car trop artificiel. Ce concept est finalement assez rare au cinéma.

En effet, on trouve plus volontiers des caméos, bien plus faciles à réaliser. Il s’agit en quelque sorte d’un mini-crossover. C’est l'apparition d’un personnage d’un autre show, ou même d’une personnalité, dans un film. Les plus célèbres et sûrement les plus récurrents, ce sont les caméos de feu Stan Lee dans les films Marvel. L’auteur emblématique de nombreux comics se montrait dans chacun des longs-métrages du MCU, parfois juste en figurant ou alors avec un rôle ultra-mineur, comme un vendeur de hot dog. Ces apparitions n’ont aucune incidence sur le scénario et sont juste des clins d'œil pour le public.
Trilogie, dyptique, ennéalogie…
Il existe aussi de nombreux termes pour définir des ensembles d'œuvres. On en a cité quelques-uns plus haut, comme trilogie. C’est sûrement le plus courant et il en donne deux autres : prélogie et postlogie, qui sont simplement des trilogies (ou un autre ensemble d'œuvre) qui en précède ou en suit une autre. Evidemment, on peut regrouper d’autres nombres de films, voici les appellations :
- Diptyque ou dilogie : 2 oeuvres
- Trilogie : 3 oeuvres
- Tétralogie ou quadrilogie : 4 oeuvres
- Pentalogie ou pentologie : 5 oeuvres
- Hexalogie : 6 oeuvres
- Heptalogie : 7 oeuvres
- Octalogie : 8 oeuvres
- Ennéalogie : 9 oeuvres
- Décalogie : 10 oeuvres
Vous avez maintenant les principales clés en main pour décortiquer et employer ce vocabulaire de plus en plus présent dans le cinéma contemporain. Bien sûr, cette liste est non exhaustive, d’autres termes plus techniques existent mais sont moins répandus.